Le jury de cette nouvelle édition du festival de Deauville Asie a rendu son verdict. And the winner is...

Par - publié le 13 mars 2011 à 23h33 ,
MAJ le 13 mars 2011 à 23h51 - 0 commentaire(s)

Le jury Longs Métrages présidé par Amos Gitaï, entouré de Jacques Fieschi, Mia Hansen-Love, Reda Kateb, Pavel Lounguine, Noémie Lvovsky, Catherine Mouchet, Anne Parillaud et Marc Weitzmann a décerné Le lotus du meilleur film à Eternity de Sivaroj Kongsakul (Thaïlande). A raison, car ce premier film est souvent beau, simple et apaisant : il reflète la courbe des histoires d'amour et célèbre l'élégie du mouvement comme porteur d'espoir. Dans un petit village à la campagne, un fantôme revient hanter les lieux de sa jeunesse. Il s'appelle Wit et il est mort trois jours auparavant. il se souvient des jours où il était tombé amoureux de Koi, sa future épouse. Sivaroj Kongsakul sculpte hors du temps (de tout temps autre que le sien), enregistre les pulsations et les crispations dans un regard, les gestes maladroits, les silences et laisse l'émotion poindre. Eternity possède finalement ce qui manque un peu à La ballade de l'impossible : l'incarnation. L'impression qu'effectivement le souvenir du personnage principal, fantôme qui ne peut plus pleurer, se délite sous nos yeux. Ce qui n'est pas le cas du film : plus on y pense, plus il prend de la valeur.

 

 

Le prix du jury a été attribué ex aequo à Sketches of Kaitan City, de Kazuyochi Kumakiri (Japon), une adaptation des nouvelles de l'écrivain Yasushi Sato un peu trop diluée pour son propre bien mais assez émouvante. Un film-choral assez classique qui tend à définir l'identité Japonaise à travers des destins liés par le même mal-être (la solitude, le manque de communication comme d'amour, la soif d'ailleurs). Et également à The Journals of Musan, de Park Jungbum (Corée du Sud), le premier film de l'assistant du cinéaste Lee Chang-Dong qui opère à la fois comme comédien et réalisateur et raconte la descente aux enfers d'un nord-Coréen. En évacuant rapidement la dimension politique, il préfère jouer sur un registre plus affectif (la relation entre l'homme et le chien), plus émotionnel et aussi plus facile en renvoyant au néoréalisme des années 50 et en chargeant la barque de pathos et de misérabilisme.

 

Le jury composé de journalistes internationaux a décerné le prix du Lotus Air France (le prix de la critique internationale) au formidable Cold Fish, de Sion Sono (Japon). L'un des meilleurs films du réalisateur Japonais de Suicide Club qui s'inspire d'un fait-divers atroce considéré comme le crime le plus terrible et le plus sanglant de l'histoire du Japon. Pour les fans, on retrouve toutes ses obsessions : le romantisme trash, l'être et le paraître, la manière dont la société et le regard des autres conditionnent, les atavismes familiaux, le patriarcat japonais, les bonnes moeurs passées au hachoir, les décalages absurdes. A l'arrivée, le film possède une fureur évoquant les meilleurs Fukasaku, une identité visuelle proche de Nobuhiko Ôbayashi (House, 1977) et recèle toutes les qualités pour devenir au moins aussi culte que Suicide Club. Les vingt dernières minutes sont tellement gores qu'on peut affirmer sans trop se hasarder qu'il ne devrait pas bénéficier d'une distribution en salles.

 

Le Jury Action Asia présidé par Pierre Morel, entouré de Yannick Dahan, Lola Doillon, Lika Minamoto, Yves Montmayeur et Jules Pélissier a décerné le Grand Prix Action Asia à True Legend, de YuenWoo-Ping (Chine)

 

Pour plus d'informations sur le festival et les autres films en compétition, allez sur notre compte-rendu du festival.


Vos réactions


logAudience