Par - publié le 02 juillet 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h59 - 0 commentaire(s)
Viva il Cinéma : le festival de la Rochelle souffle ses 35 bougies du vendredi 29 juin au lundi 9 Juillet 2007. Pour le cinéphile, une occasion rêvée de découvrir tous les genres, d’Ulrich Seidl à Hayao Takahata en passant par Jean-Paul Rappeneau ou la fine fleur du cinéma iranien.

AVANT-PROPOS/INTERVIEW : PRUNE ENGLER

Depuis plus de vingt ans, Prune Engler, déléguée générale du festival International du Film de La Rochelle, compose avec Sylvie Pras la programmation d’un festival riche qui d’années en années a donné la possibilité à des cinéastes comme Béla Tarr, Alejandro Jodorowsky, Abderrahmane Sissako ou Peter Watkins de s’exprimer au gré d’hommages et de rétrospectives. Une cinéphile qui aime le cinéma dans sa diversité : «Je n’ai jamais eu de prédilection pour les cinéastes qui caressent dans le sens du poil. Le fait par exemple d’inviter à La Rochelle des cinéastes intransigeants comme Roy Andersson et Ulrich Seidl alors qu’ils viennent de présenter leurs derniers films au festival de Cannes est indispensable. Cette année, nous avons par exemple préféré rendre hommage à Takataha plutôt qu’à Miyazaki, que tout le monde connaît et qui n’a pas besoin de soutien. Takahata est un cinéaste tout aussi passionnant même si ces travaux sont moins connus. Le voyage des lucioles reste un film culte mais tout le monde ne connaît pas l’intégralité de son travail.» A noter également un bel hommage à Delphine Seyrig, icône du surréalisme à la voix inoubliable: «cette actrice française n’a pas eu le succès qu’elle méritait de son vivant pour des motifs éminemment politiques alors qu’elle est formidable


Isao Takataha
Choisir Ulrich Seidl ne témoigne pas d’une envie de créer la polémique : «c’est un cinéaste que nous avons toujours soutenu dans son festival, en présentant tout d’abord ses documentaires, puis sa première fiction Dog Days et enfin le nouveau Import/Export que je n’ai hélas pas vu. Comme le dernier Béla Tarr qui d’après ce que j’en ai lu s’est fait accueillir par des sifflets. Je pense que cet accueil vaut plus pour des raisons obscures par rapport à Balzan qu’à l’œuvre en elle-même. Nous avons toujours soutenu ce cinéaste au même titre que d’autres cinéastes hongrois peu connus mais très brillants. Quant à la possibilité que Seidl dérange, je ne l’exclue pas, mais c’est tant mieux : le cinéma vit dans ses conditions et ne ressemble pas à un objet de consommation. Les spectateurs sont souvent stimulés par ce genre de découvertes. Je me rappellerai toujours de l’hommage rendu à Sokorov où le cinéaste s’est excusé devant le public en se mettant à genoux et en fondant en larmes. Tout le public a fait de même. C’était impressionnant (…) Généralement, les retours que nous avons de la programmation sont excellents. Dans mes souvenirs, le seul film qui ait posé problème, c’est Goodbye Dragon Inn. de Tsai Ming-Liang où les spectateurs n’ont pas compris le sens du propos. Ça n’en reste pas moins un film que j’adore


Ulrich Seidl
Au-delà du contexte festivalier, les spectateurs ont l’occasion de découvrir des cinéastes de territoires méconnus et surtout de profiter des joies de la proximité : «Nous avons prévu nos événements réguliers comme le ciné-concert autour du cinéma érotique mais au sens auquel on pourrait croire. Ce sont des vieux films sur le désir. Ils ne comportent aucune image choquante et en cela, le contenu est presque accessible à tout le monde.» En fin de festival, une nouvelle surprise : «les festivaliers sont conviés à un petit déjeuner avec les cinéastes, sur le port pour clore la manifestation avec une projection de 'La Rivière sans retour' en espérant que Marylin Monroe intéressera tout ce monde». Le festival a toujours refusé la compétition et la remise des prix obligatoire pour que les artistes soient au meilleur d’eux-mêmes dans un contexte décontracté : «Ils font déjà ça à Venise, à Cannes, à Berlin. Pourquoi faire la même chose ?». Et donc pourquoi faire comme tout le monde ? Ce à quoi le festival se refuse. C’est le signe de son intégrité et de sa singularité. Si vous passez dans les environs et que vous aimez ce cinéma, n’hésitez pas : Prune et son équipe seront ravi(e)s de vous accueillir.

Site officiel

PROGRAMME

HOMMAGES en leur présence
A. LAPSUI et M. LEHMUSKALLIO (Finlande)
Jean-Paul RAPPENEAU (France)
Ulrich SEIDL (Autriche)
Isao TAKAHATA (Japon)

DECOUVERTES en leur présence
Les CINEASTES IRANIENNES en 16 films
RETROSPECTIVES

John FORD en 20 films
Delphine SEYRIG actrice et réalisatrice, en 16 films

Cinéma MUET et EROTISME 15 ciné-concerts

ICI ET AILLEURS
25 films du monde entier, inédits ou en avant-première

D'HIER A AUJOURD'HUI
Films restaurés, réédités ou inédits
Alain CAVALIER présente ses autoportraits
La trilogie de Jacques NOLOT
Nicolas PHILIBERT
"Buffet Froid" en ciné-concert par Olivier MELLANO
"Arménie mon amie" en 4 films
Retour de flamme de films en relief avec Serge
BROMBERG
"Western revisited" avec Braquage
Exposition des peintures de Maurice PIALAT

TAPIS, COUSSINS ET VIDEO
Georges Barber (GB) • Joseph Beuys (Allemagne) • Laëtitia Bourget (France) Régine Chopinot (France) • Christoph Girardet et Matthias Müller (Allemagne) Jeroen Kooijmans (Pays-Bas) • Andrew Kötting (GB) • Miranda Pennell (GB) Semiconductor (GB) • Guido van der Werve (Pays-Bas) SEANCES ENFANTS 2 films par jour que l'on peut voir à tout âge…

NUIT BLANCHE avec Robert MITCHUM
du dimanche 8 au lundi 9 juillet
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