Tai, un jeune délinquant sort de prison par la grâce d’un bienfaiteur avisé. A peine revenu dans son quartier, il apprend que son frère jumeau est dans le coma depuis plusieurs mois suite à une lésion cérébrale. Lorsque la petite amie au chevet de celui-ci lui apprend qu’il revenait chaque soir le corps recouvert de bleus, Tai comprend vite que son frère s’était inscrit au fameux fireball, un sport ultra-violent qui mélange le principe du basket ball avec les règles de la boxe thaïlandaise où tous les coups sont permis, y compris les plus fallacieux. Tai est par ailleurs vite approché par son bienfaiteur, le propriétaire d’une équipe de fireball justement. Géré par la mafia, le jeu rapporte gros mais chaque participant joue avec sa vie. Tai n’a pas le choix, la récompense promise à la clef du tournoi lui permettrait d’envoyer son frère dans un hôpital étranger où il serait opéré. Très vite Tai sera une épine dans le pied des plus gros parieurs, qui aiment connaître l’issue des matchs à l’avance…
FIREBALL Un film de Thanakorn Pongsuwan
Avec Preeti Barameeanant, 9 Million Sam, Khanutra Chuchuaysuwan, Phutharit Prombundarn, Arucha Tosawat, kumpanat Oungsoongnern, Anuwat Saejao, Kannut Samerjai
Durée: 1h30
Seul film thaïlandais présenté cette année lors du Festival du Film Asiatique de Deauville,
Fireball joue la carte de l’efficacité à fond sans détour vers une quelconque dramaturgie complexe. C’est simple, les matchs de boxe-basket gagnent à chaque fournée en intensité et en violence, depuis le petit terrain grillagé du quartier jusqu’aux cales sèches transformées en arènes pour le combat final, véritable ode à la puissance et à l’instinct de mort. La culture du
street basket (genre attitude cool, maîtrise complète du ballon et orgueil d’offrir à la foule ce qu’elle est en droit d’attendre) rejoint celle de la boxe thaïlandaise sans règle et sans honneur. Dans le fireball ça frappe vite et fort, seul but de la manœuvre : être le premier à faire passer le ballon dans le filet.
Alors forcément les scènes d’exposition et de mélodrame (la petite amie qui pleure sur le corps inanimé de son copain) sont vite expédiées pour ne pas impatienter le chaland. D’ailleurs Thanakorn Pongsuwan, réalisateur de
Fireball déjà présent au Festival Asiatique de Deauville l’an passé avec
Opapatika, n’est pas réputé pour ça. Là où son précédent film avait déçu à cause d’un montage brouillon ultra-rapide, le Thaïlandais semble avoir réfréné ses ardeurs pour nous présenter un film d’action un peu plus sage pour être aussi plus compréhensible. On ne peut pas dire que le chef d’œuvre soit au rendez-vos, loin de là, mais la facture de ce nouveau long-métrage demeure plus qu’honnête, provoquant même quelques doses d’adrénalines dans les séquences aériennes où chaque combattant tente de s’emparer du ballon, si possible en écrasant le visage de l’adversaire en même temps.

L’efficacité des scènes d’action ne cache pas cependant quelques défauts de chorégraphies, parfois un peu trop sommaires et pas assez osées. On imagine fort aisément ce qu’un tel potentiel de figures et de coups aurait pu provoquer dans l’imagination d’un Sammo Hung ou d’un Ching Siu-tung. Certes ces deux-là sont moins versés dans la violence pure que nous dépeint le film, mais leurs folles idées de chorégraphies auraient insufflé une véritable dose d’épique qui manque ici quelque peu. Mais que l’on se rassure, si les Thaïlandais n’ont pas inventé le cinéma, ils connaissent déjà les vertus pécuniaires d’une franchise qui s’installe. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que si l’intrigue est très mince, le concept du film s’avère lui extrêmement fort et déclinable à l’infini. Merci les scénaristes.