Partez à la découverte du sanglant
Hostel, d’Eli Roth, à travers quatre extraits du film, sélectionnés par la rédaction d’
Excessif. Commençons par la jouissive apparition du grand Takashi Miike qui témoigne de la fascination du réalisateur (et de son acolyte Tarantino) pour cette vague horrifique asiatique.
Cet extrait se focalise sur l’apparition, brève mais intense, voire surréaliste, de Takashi Miike, cinéaste nippon connu pour ses célèbres délires trash (
Ichi the Killer, Gozu) qui, par ce qu’il incarne, détermine le changement d’atmosphère d’
Hostel. En réalité, le choix n’est pas innocent. C’est un écho à ce que le réalisateur mettait en scène dans
Audition, son meilleur film : il partait d’un postulat de comédie romantique fleur bleue pour musarder très rapidement vers l’horreur organique et la violence froide. Roth réussit la même gageure en démontrant que celui qui est manipulé n’est pas nécessairement celui qu’on pense. Ce film est, avec
The Wicker Man, l’une des références avouées du cinéaste.
Trois parties délimitées fractionnent l’opus. Alors que toute la première partie d’
Hostel ressemble à un
teenage movie avec une foultitude de plaisirs coupables (hédonisme touristique, myriade de nanas nues, saphisme, blagues potaches, connotations salaces, bande son obsolète et très
eighties), la seconde négocie un virage aussi radical que noir, annoncé par de discrètes bifurcations fantastiques (le
Bubble Gum Gang, clan de gamins quasi-démoniaques, regards torves de personnages aux louches intentions, demoiselles possédées comme dans
Les femmes de Stepford…).
Le dernier tiers verse littéralement dans les délices du gore et du Grand Guignol au point de créer la saturation même chez les aficionados du genre. Combinaison somme toute efficace.
"Avec
Cabin Fever, j’ai commencé à fréquenter des festivals comme Sitges et Bruxelles. Et là-bas, j’ai pu découvrir des films remarquables comme
Sympathy for Mister Vengeance,
Ichi The Killer et
Audition. En voyant cette déferlante, je me suis dit "bon sang, ces cinéastes sont en train de créer un nouveau cinéma et le poussent vers une direction qui me branche". Ce ne sont pas des films qui font peur mais des films qui rient de choses horribles. J’ai essayé d’emprunter cette même démarche avec
Hostel. J’avais envie de faire un film dans la lignée de ceux de Takashi Miike. Après
Cabin Fever, on m’a passé tant de scénarios de studios et à chaque fois que je voulais ajouter une touche personnelle, on me disait qu’on ne pouvait pas tuer des enfants, ni des animaux etc. Cette bande de cinéastes proposait des choses qu’on ne voit pas dans les films de studio et donc des choses vraiment dérangeantes. Non seulement dans la violence graphique mais également dans l’histoire en elle-même qui reste éprouvante. Personnellement, j’avais envie de montrer des mecs sympas se faire tuer ou montrer des gens tristes qui ne sont pas bien dans leurs baskets".
Confirmation des rumeurs : esprit potache, plaisir coupable et violence inouïe. Cette fiction futée et énergique, particulièrement sanguinolente (une sorte d'exploit ?), a de quoi remplir les estomacs les plus (a)vides et sortira sur les écrans hexagonaux le 1er Mars prochain.
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