Par - publié le 14 février 2006 à 03h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h47 - 7 commentaire(s)
Après le cameo de Takashi Miike, voici un nouvel extrait d'Hostel, comédie horrifique d'Eli Roth, où le protagoniste est emmené au royaume des tortures.



N'ayez point peurs des possibles révélations : les extraits que nous vous proposons chaque jour ne révèlent pas le film, ou des détails précis et importants, mais servent seulement à faire monter la sauce horrifique. Pour cause, cette séquence, primordiale dans le film, donne à voir l'arrivée violente du personnage principal dans les souterrains ténébreux et mortifères d'Hostel. Elle conditionne le spectateur avec une séance de torture avec un allemand du genre mal luné et le place dans une situation assez douloureuse.

Trois parties délimitées fractionnent l’opus. Alors que toute la première partie d’Hostel ressemble à un teenage movie avec une foultitude de plaisirs coupables (hédonisme touristique, myriade de nanas nues, saphisme, blagues potaches, connotations salaces, bande son obsolète et très eighties), la seconde négocie un virage aussi radical que noir, annoncé par de discrètes bifurcations fantastiques (le Bubble Gum Gang, clan de gamins quasi-démoniaques, regards torves de personnages aux louches intentions, demoiselles possédées comme dans Les femmes de Stepford…). Le dernier tiers verse littéralement dans les délices du gore et du Grand Guignol au point de créer la saturation même chez les aficionados du genre. Combinaison somme toute efficace.

ELI ROTH SUR LA VIOLENCE DU FILM :

Vous avez eu des contraintes en termes de gore ? J’ai lu qu’à l’origine, vous vouliez finir le film de la pire façon qui soit, notamment avec le meurtre d’une petite fille.
C’était dans le script d’origine. En fait, ce sont des idées macabres qui sortent quand vous écrivez sans avoir de recul. Les premières personnes qui ont lu le script étaient complètement dévastées au sens propre mais pensaient toutes que ma simple ambition était de choquer le bourgeois. Je me suis dit que ce n’était pas la peine et que je n’avais pas besoin de ça. Mon but n’était pas de mettre en scène le nouveau Cannibal Holocaust.


Vous aimez Cannibal Holocaust ?
C’est mon film préféré au monde. Je suis intimement convaincu que c’est un chef-d’œuvre. Ce n’était pas la peine de refaire un Cannibal Holocaust parce que le film existe déjà et que c’est très bien ainsi. Pour être franc, je préfère la vraie fin d’Hostel parce qu’elle est plus cohérente. Hostel n’est pas un film d’exploitation. Je ne veux pas que le public ait eu l’impression de s’être fait violer pendant mon film. Je veux qu’il passe du bon temps et se marre un bon coup.



Dans Murder Set Pieces, de Nick Palumbro, le film s’achève sur la mort d’une gamine en live. Vous l’avez vu ?
Non, mais j’ai entendu comme quoi ce film serait très choquant. Choquer pour choquer ne m’intéresse pas. Vous savez le film qui m’a le plus énervé récemment ? C’est Funny Games, de Michael Haneke que je hais à un point que vous n’imaginez pas. Pendant tout le film, je me suis demandé ce que je foutais là. A quoi sert ce film ? Pourquoi ces mecs vont dans la maison, buttent le chien, l’enfant, les parents ? Si c’est pour voir un film avec une vraie réflexion sur le serial-killer, autant voir Henry, portrait d’un tueur en série que je trouve bien supérieur. Funny Games n’a pas les couilles de Henry, portrait d’un tueur en série parce que ça, c’est un film qui te secoue et te dérange. On a l’impression qu’Haneke essaye de déranger le spectateur et ça n’a eu strictement aucun effet sur moi. Pour revenir sur Hostel, je ne voulais pas en rajouter dans le gore et l’horreur parce que je trouve le film suffisamment sanglant comme ça. Et puis je n’ai pas eu à souffrir de la censure, notamment lors des passages les plus abominables. La scène de l’œil par exemple, on ne m’a fait aucune remarque.



Pour l'heure, nous nous devons de vous le dire : esprit potache, plaisir coupable et violence inouïe. Cette fiction futée et énergique, particulièrement sanguinolente, a de quoi remplir les estomacs les plus (a)vides et sortira sur les écrans hexagonaux le 1er Mars prochain.

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