Par - publié le 15 février 2006 à 03h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h47 - 33 commentaire(s)
Le troisième extrait d'Hostel, d'Eli Roth, annonce une séquence de torture des plus tordues. Merci de regarder l'extrait pendant votre déjeuner.

ELI ROTH : DU RIRE A L'HORREUR

Pensez-vous que l’horreur soit automatiquement liée à l’humour ?
Pas nécessairement. En revanche, je reste persuadé qu’il est possible de rire et de pleurer en même temps. Quand on assiste à un enterrement, on voit beaucoup de gens pleurer qui petit à petit tendent vers le rire nerveux. En un sens, je pense que l’humour est un bon moyen de détendre l’atmosphère. Il est clair que si le film est trop tendu, il y a des chances pour que vous ayez dans le meilleur des cas un sérieux mal de tête. L’humour des phrases dans certains films permet de déceler le trait de caractère d’un personnage. Mais dans un film d’horreur, il importe de ne pas tout prendre au sérieux. Hostel est un film qui se focalise sur le voyage de trois gars qui débarquent dans ce qu’ils pensent être le paradis et se rendent compte qu’ils ont mis les pieds en enfer. J’ai voulu commencer dans une ambiance très détendue et finir dans une usine où on aime torturer les gens. Je ne voulais pas faire un film uniquement sur ces tortures mais désirais au contraire qu’il y ait une idée de progression.


Vous procédez comme Tarantino qui isole ce qui lui a plu dans des films parfois différents pour les mélanger ensemble.
Il y a une vraie jubilation dans cette idée. J’ai découvert Alien quand j’avais 9 ans et c’est en voyant ce film que j’ai su ce que je voulais faire. J’ai toujours désiré faire des films d’horreur avec du cul. Je me souviens que très jeune, je voulais déjà être un producteur pour mes futurs films et pourquoi pas ceux de Ridley Scott (il rit). J’ai grandi à Boston, loin d’Hollywood et j’ai commencé en faisant plein de films amateurs avec mes potes. C’était ma seule ambition dans la vie. Je devais être le seul gamin de 9 ans à connaître par cœur les noms des réalisateurs. Je connaissais déjà Tobe Hooper, Kubrick, Spielberg. A l’époque, tout le monde se foutait royalement de savoir qui avait réalisé quoi. C’était un film, point barre. Chez moi, cette déification des réalisateurs tournait à la folie. Ma plus grande influence reste Sam Raimi avec Evil Dead. Je me souviens avoir lu qu’il avait 21 ans quand il l’avait réalisé. J’étais jaloux à l’époque et je voulais relever le même défi. C’était la même idée avec Cabin Fever : mettre des amis dans la forêt et faire un film à petit budget. Mais à 22 ans, je me suis rendu compte que c’était très dur de trouver des gens qui acceptent d’investir de l’argent dans votre projet. Cela m’a pris six ans pour réunir l’argent nécessaire pour Cabin Fever. Quentin Tarantino, Robert Rodriguez et Peter Jackson sont également des cinéastes qui me parlent. J’ai été ravi d’avoir travaillé avec David Lynch sur mon premier long métrage.

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