Il y a trois ans sortait
L'Immeuble Yacoubian. Adapté d'un best-seller égyptien publié en 2002, le film décrivait les péripéties, les amours et les déchirements d'une galerie de personnages habitant un immeuble mythique du Caire. Avec en filigrane, l'évolution politique de la société égyptienne de ces cinquante dernières années. Son réalisateur, Marwan Hamed, revient avec
Ibrahim Labyad, un ambitieux long-métrage définissant un autre visage de la capitale égyptienne.
Pourriez-vous résumer l'histoire d'Ibrahim Labyad ?C'est une histoire à propos du Caire, mais surtout l'univers underground de la ville. Le Caire que l'on ne voit pas, que l'on n'entend pas, dont on ne sait rien et que l'équipe du film a découvert. Avec tous ses secrets, toute sa brutalité, toute sa violence, tous ses non-dits.
Ibrahim Labyad se base sur une histoire d'amour impossible prise dans ce contexte.
Contre quelles difficultés de production avez-vous lutté pour faire ce long-métrage ?Ce projet date de huit ans. A cause de la dose de violence du film et du décalage représenté par le sujet par rapport à l'ensemble de la production égyptienne, personne ne voulait mettre d'argent. Jusqu'à l'arrivée de Good News qui a adoré le projet (
Good News est le producteur de son précédent projet, L'Immeuble Yacoubian).
Quel est votre point de vue sur la production du cinéma égyptien actuel ?Le cinéma égyptien va de mieux en mieux en tant qu'industrie et nous arrivons à fabriquer de meilleurs films chaque année. Ceci nous permet d'exporter nos talents et de pérenniser notre marché. Je pense que nous sommes sur la bonne voie.
En voyant le trailer, on a du mal à percevoir le genre du film...En quelque sorte, c'est un film noir. Il a des saveurs classiques que l'on retrouve chez Shakespeare et dans l'opéra. Il y a un côté grandiloquent.
Avez-vous opéré des changements par rapport au scénario écrit par Abbas Abo El Hassan ? Non. C'est le même script depuis le premier jour où je l'ai lu. Bien sûr, en tant que réalisateur, j'en ai parlé avec lui. Pour moi, le scénario d'
Ibrahim Labyad avait quelque chose qui m'était inconnu. Je me suis énormément questionné sur la part de vérité. Est-ce que ces personnages étaient réels ou pas ? Abbas Abo El Hassan m'a beaucoup appris car je ne connaissais pas cet univers. C'était une découverte qui m'a fait dire : si je ne connais pas cette partie du Caire, où est-ce que je vis ?
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre travail musical avec Hisham Nazih ?Nous avons moins parlé de la musique que du film en lui-même. Et nous en avons beaucoup parlé ! Avant que je commence le tournage, il est arrivé avec un thème principal. Je l'ai adoré à la première écoute. On peut donc dire que nous avons eu la musique avant le film !
L'Immeuble Yacoubian a été un énorme succès. Qu'est-ce qui a changé pour vous depuis 2006 ?Ce film m'a donné plusieurs opportunités. Le succès vous donne surtout un nom et un accès à des budget plus importants.
Qu'est ce que le festival de Cannes représente pour vous ?Je suis ici pour dire à tout le monde que nous avons fini le film et pour faire en sorte qu'on en parle. La chose la plus importante pour un réalisateur est de faire en sorte que les gens voient son œuvre. Qu'ils l'apprécient ou pas, c'est une autre histoire. Mais j'espère que
Ibrahim Labyad sera vu partout à travers le monde.
Propos recueillis à Cannes par Nicolas Schiavi.CLIQUEZ SUR L'IMAGE CI-DESSOUS POUR ACCÉDER AU TEASER :