Depuis quelques années maintenant, nous suivons avec une impatience non dissimulée le feuilleton Indiana Jones 4 et ses nombreux rebondissements. Après un premier script écrit par Frank Darabont (
La Ligne Verte,
Les Evadés) mais refusé par le producteur George Lucas en 2004, au grand dam de Steven Spielberg qui ne trouva de réconfort que dans les malheurs de Tom Cruise (
Mission Impossible 3 étant au même moment repoussé d'un an) pour lui proposer de tourner un an plus tôt
La Guerre des Mondes, le projet était donc repoussé aux calendes grecques, soit pour l'été 2007 dans les salles au plus tôt. Après le casting de la Indy-Girl il y a quelques semaines, c'est la top modèle Laura Butta qui s'y colle, il est temps de passer aux annonces sérieuses.
Steven Spielberg a donc enfin mis un point final aux rumeurs persistantes outre-atlantique affirmant qu'Harrison Ford était trop vieux et ne serait finalement pas du casting pour ces dernières aventures d'Indy… L'acteur américain reprendra donc officiellement son fouet et les talents des maquilleurs feront le reste (sûrement même ceux du département SFX). Le script est enfin finalisé, notre "cher" George Lucas l'ayant enfin approuvé du haut de son fauteuil de producteur. Et si nous pensions qu'il s'arrêterait ici de mettre des bâtons dans les roues du projet, nous nous trompions sur toute la ligne.
Indiana Jones en 3D !En effet, Lucas en a profité de son côté pour évoquer son désir "en tant que producteur" de sortir le film simultanément dans les salles classiques
et sur support 3D dans les cinémas spécialisés. Une étrange décision qui illustre une nouvelle fois la certitude de certains à Hollywood que l'avenir du cinéma se situe en dehors du cadre de l'écran. Steven Spielberg qui a eu l'occasion de voir
Casablanca de Michael Curtiz dans sa version 3D, s'est dit très déçu du résultat, utilisant même le terme "horrible" pour qualifier son aperçu de ce transfert. Il faut dire que le cinéma classique et le cinéma 3D, utilisent des codes de mise en scène sensiblement différents. La 3D ne semble fonctionner que lorsque l'interaction entre l'objet/personnage et le public est directe, c'est-à-dire quand l'action regarde le spectateur dans les yeux (un coup de poing face caméra, un requin qui saute sur l'objectif…). Alors que le cinéma classique peut utiliser un panel de points de vue plus complexe pour évoquer et narrer une histoire.
Indiana Jones 4 en 3D obligerait Steven Spielberg, à la manière de Robert Rodriguez pour Spy Kids 3D (sauf que cette idée stupide était de lui), à restreindre sa mise en scène dans l'unique but de visuellement surprendre le spectateur virtuellement "immergé" dans les trois fausses dimensions. Une voie artistique que le metteur en scène ne semble pas (heureusement d'ailleurs) vouloir prendre, conscient des faibles capacités actuelles du procédé.
"Je ne veux pas voir mes rides en 3D !"Quant à George Lucas... mais que dire ?! Les mots nous manquent. On en vient à se demander si cet humoriste né (et légèrement déprimant) a bel et bien vu la bande-annonce de
Munich sortie la semaine dernière, preuve magnifique que Steven Spielberg avec son prochain film continue à faire du Cinéma avec un grand "C". Le réalisateur a ici réussi l'exploit d'émerveiller tous ses spectateurs avec une simple bande-annonce, avec seulement quelques images, qui prouvent qu'il met sa caméra plus que jamais au service de l'histoire de son film, alors que bon nombre de ses détracteurs radotent qu'il ne peut plus surprendre depuis des années (même s'il est vrai qu'il a ses hauts et ses bas).