Le sympathique
Une belle journée s’intéresse au défi d’un père qui décide de traverser la Manche avec l’aide de ses amis. Comme une victoire sur soi-même et pour vaincre ses démons intérieurs et peurs enfouies. Le film doit beaucoup à son casting nec plus ultra dont l’acteur Billy Boyd, le Pippin de Peter Jackson dans la trilogie du Seigneur des Anneaux. Il est présent à Dinard avec la réalisatrice Gaby Dellal pour promouvoir le film.
Excessif : Gaby, vous avez été actrice avant d’être cinéaste. Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer à la réalisation ? Gaby Dellal : Tout simplement parce que je me sentais plus à l’aise derrière une caméra que devant. J’ai trois enfants et c’était très difficile pour moi de me donner à fond dans une carrière de comédienne, donc j’ai commencé à écrire moi-même et mettre en scène les essais que j’écrivais. Je préfère mettre des gens en scène qu’être mise en scène.
Et vous Billy, la réalisation, c’est pour quand ? Billy Boyd :
(rires) C’est amusant que vous me posiez la question parce que juste avant l’interview, j’aurais avoué que je n’étais pas intéressé et puis…
Gaby : Tu veux dire que ça t’est venu maintenant là ? (rires)
Billy : Je pense que je ferais un bon film bien barge. Sérieusement, cela fait quelques mois que j’y pense, je m’y intéresse de plus près pour des raisons plus ou moins étranges. Mais je pense que je n’en ai réaliserais pas un avant que l’histoire ne me plaise vraiment. Pour l’instant, c’est au point mort.
Gaby, où avez-vous tourné le film, en combien de temps ? Nous avons tourné la plupart des scènes à la fois à Glasgow et dans la mer en Irlande, pas dans la Manche. Le tournage nous a pris sept semaines.
Ça n’a pas été trop dur pour Peter Mullan ? Gaby : Vous savez, il s’est entraîné dur pendant six mois. En fait, il s’est entraîné dans une piscine réchauffée et quand il a dû affronter l’eau froide, très froide, je pense qu’il a dû regretter sa piscine.
Billy : Tu m’étonnes, t’as vu comment il faisait froid. C’est une tortionnaire !
Le personnage surpasse et vainc ses propres démons. Dans quelle situation de la vie de tous les jours avez-vous été amenés à surmonter vos peurs ? (long silence, ils réfléchissent de concert)Faire un film ? Gaby : Non, je n’ai jamais peur de faire un film, je suis toujours très enthousiaste à cette idée. Je ne conçois pas ma vie sans faire autre chose que du cinéma. Je dirais que… j’ai escaladé le Kilimandjaro. J’ai vraiment détesté ça
(rires). Attendez, mais bien sûr que j’ai fait quelque chose où j’ai dû surmonter une peur, j’ai donné naissance à mon enfant dans l’eau.
Billy : Vraiment ?
Gaby : Oui. J’ai donné naissance à trois beaux enfants dans une piscine. Pourquoi dois-je me vanter d’avoir escaladé le Kilimandjaro ?
Billy : Personnellement, je ne sais pas ce que ça fait de donner naissance dans une piscine, je n’ai jamais eu l’occasion.
Alors, Billy, n’essayez pas d’éluder ma question ! Billy :
(rires) Disons que j’ai fait du surf tout en ayant peur des requins. Et j’ai fait du surf parmi les requins.
Gaby : Ah oui ?
Billy : Oui, parce que j’ai fait du surf en Afrique du sud pendant un tournage et il y avait des requins partout.
Ou être dirigé par Peter Jackson peut être terrifiant aussi, non ? (éclat de rire général) Billy : Non, lui, ce n’est pas terrifiant, c’est juste génial. Tu sais que je devais faire un cameo dans son prochain
King Kong. Mais faute de temps, ça n’a pas pu se faire. J’ai hâte de découvrir cette bombe.
Quelles ont été les scènes les plus dures à tourner ? Tous les passages qui se passaient dans la mer étaient techniquement durs à tourner. La chose la plus dure que j’ai eu à faire sur le film a été de me battre avec les producteurs pour avoir l’équipement adéquat. J’avais besoin d’un stabilisateur pour que la caméra ne tangue pas dans tous les sens. Et jeter les acteurs à la mer fut quelque chose de délicat parce que elle était glaciale. Bien plus froide que dans la Manche. Et quand les acteurs ont fait la grève (elle rigole) parce qu’ils disaient que l’eau n’était pas testé, elle pouvait être polluée. Dans un sens ils avaient raison mais le département d’environnement a dû venir et testé l’eau pour définir si oui ou non où on pouvait s’y baigner sans souci. Quand vous perdez un jour de tournage, vous êtes inquiets. Et quand vous prétendez que tout va bien, c’est encore pire. Par ailleurs, mettre en scène un drame qui ne tombe pas dans le sentimentalisme n’est pas aisé.
Surtout qu’on ne s’attend pas à ce qu’une femme s’intéresse à un univers aussi masculin. Billy, est-ce qu’on peut dire qu’il s’agit de la nouvelle Kathryn Bigelow ? Billy :
(sourire) Exactement. Mais c’est cela qui est passionnant. C’est d’avoir un point de vue féminin sur un univers masculin et ainsi d’apporter une part de féminité et d’émotion. Je ne pense pas qu’un réalisateur bourrin aurait su retranscrire ce sentiment de culpabilité sur le même genre de sujet.
Gaby : C’est aussi difficile pour une fille de raconter une histoire d’hommes que pour un homme de mettre en scène une histoire de filles. Cela prend un angle différent. Je me rappelle en particulier d’une scène dans laquelle Peter s’adresse à Brenda et qu’il lui dit qu’il est venu pour elle, ça m’a intéressé de mettre un dialogue sentimental dans la bouche d’un homme qui a du mal à exprimer ses propres sentiments. Peter est excellent dans cette scène parce qu’on capte toujours la vérité dans son regard.
Quelle question aimeriez-vous poser à l’autre ? Billy : question suivante ! (rires) Non, je demanderais à Gaby quel est son prochain projet ?
Gaby : Oui, j’ai déjà un nouveau projet avec le même scénariste Alex Rose. Ça vient juste de se faire à l’instant.
Billy : Félicitations. Dans quelques années, on est donc sûrs de voir le nouveau film de Gaby.
Peut-être l’année prochaine à Dinard ? Gaby : Peut-être, peut-être.
Et vous, Billy ? Billy : Je viens juste de terminer un nouveau film qui s’appelle
The Flying Scotman sur Graeme Obree, un cycliste champion. Ça promet d’être assez sympa.