Par Laurent Tity - publié le 19 octobre 2005 à 12h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h37 - 4 commentaire(s)
A l'occasion de la sortie de Il était une fois dans l'Oued, Djamel Bensalah revient sur son film, ses motivations de cinéaste, et lance un cri du cœur vers sa deuxième terre, l'Algérie…

Après Le Ciel, les oiseaux et… ta mère !, Le Raid, et maintenant Il était une fois dans l'Oued, ne craignez-vous pas de vous enfermer dans un univers plus ou moins proche de la banlieue ?
L'étiquette ne me dérange pas. Je ne réalise pas des films en fonction de ce que les gens risquent de penser de moi. Ce qui m'importe avant tout, c'est de retranscrire à l'écran ce que je ressens, ce qui me touche, ce que j'ai envie de montrer.

Vous considérez-vous comme un cinéaste engagé ?
Oui. Mais je crois que le simple fait d'exercer ce métier, c'est forcément agir politiquement. Un cinéaste donne obligatoirement sa vision de la société, donc son opinion politique. C'est naturel. Personnellement, j'assume mes idées, j'ai mes convictions et je les défends dans mes films. Maintenant, cela n'empêche pas que le cinéma doit aussi être un divertissement.



Le titre du film s'inspire de toute évidence du western de Sergio Leone, et curieusement il n'y a qu'une scène y faisant référence. Pourquoi ?
Lorsque j'ai choisi ce titre en effet, tout le monde a pensé et continue de penser que c'est un clin d'œil à Il était une fois dans l'ouest. En fait, il s'agissait bien plus dans mon esprit d'un hommage aux légendaires contes orientaux, du style Les mille et une nuits, qui commencent toujours par ‘‘il était une fois…'' Mais quand j'ai réalisé que la plupart des gens, et c'est logique dans un contexte occidental, pensaient effectivement beaucoup plus au film de Leone, je me suis senti obligé d'insérer cette scène du duel à laquelle vous faites référence. Mais ce n'était absolument pas mon idée de départ.

N'est-ce pas se voiler la face et un peu facile que de situer l'action du film en 1988, c'est-à-dire avant les évènements tragiques qui plongèrent l'Algérie dans l'état dans lequel elle se trouve encore actuellement ?
Absolument pas. Je ne voulais justement pas montrer cette image dégradante que les médias déversent trop souvent sur l'Algérie. Il ne s'agit pas de masquer la réalité, puisque les gens sont au courant de ce qui passe là-bas. On le leur rappelle tous les jours. Je voulais m'inscrire dans une démarche plus optimiste et originale. Et pour une fois, présenter les bons côtés de l'Algérie, et délivrer un message d'espoir, une fois n'est pas coutume.



Après Le Raid, qui fut une déception, comment avez-vous abordé ce nouveau projet ?
Tout d'abord, je pense que Le Raid n'était pas un film assez personnel. Je n'y ai pas mis assez de moi-même, et ça se voit à l'écran, ce qui explique en partie son mauvais accueil. J'ai donc rectifié le tir avec Il était une fois dans l'Oued, en réalisant exactement ce que moi je voulais.

En comparaison avec Le ciel, les oiseaux et… ta mère !, vous racontez plus un conte de fées qu'une histoire tirant sa force de son réalisme…
Mais je considère que Le ciel… est également un conte de fées. Simplement, dans Il était une fois… il n'y a pas cet aspect documentaire. Mon désir était vraiment de conter une histoire.

Existe-t-il beaucoup de Johnny dans les banlieues françaises ?
Enormément. Et c'est tout à fait logique ! Imaginez, ils côtoient en permanence une population issue de l'immigration, avec tout ce que cela implique en matière d'acculturation. Dans les banlieues, les minorités sont inversées.
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