Par - publié le 16 juin 2006 à 11h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h00 - 4 commentaire(s)
Dans Dikkenek, comédie grivoise et attachante 100% belge, la comédienne Florence Foresti, connue pour ses prestations dans l’émission On a tout essayé incarne son premier rôle au cinéma. Et même lorsque son personnage est au second plan, on ne voit qu’elle. Elle révèle une faculté à dérider les zygomatiques avec des intonations précises, un bagout drolatique et des gimmicks tordants.



Excessif : Peut-on rire de tout ?
Florence Foresti : En Belgique, ils ont un humour très différent du nôtre. Quand on se vanne entre nous, on ne se comprend pas. On est à quelques centaines de kilomètres et pourtant on ne fonctionne pas sur le même humour. Ils sont plus cyniques et noirs et tout ce qui est glauque les fait marrer alors qu’en France, on enjolive beaucoup, on aime les choses légères.

Pensez-vous que la scène où le personnage montre les cd au commissariat serait possible dans une comédie made in France?
Si ce n’était pas le cas, alors ce serait grave. Je ne trouve pas cette scène scandaleuse. Un film est un divertissement. Et des flics racistes, ça existe. Mais c’est scandaleux ce qui se passe en ce moment en France. Nous, on le sent, les humoristes. On le sent à la télé, on le sent sur scène. On sent une gêne. Je faisais un sketch où j’avais l’accent pied-noir, on m’a traité d’antisémite, ce qui est quand même gravissime. Je fais juste comme ça (elle prend sa voix nasillarde) "Comment tu t’appelles, hein, Foresti-amou, Foresti-Bensoussan ?" Et on me traite d’antisémite dans L’écho des savanes. C’est grave, très grave, parce que je pense être dans les artistes les moins engagées, je ne suis pas sulfureuse, je reste très consensuelle, conformiste, respectueuse de chaque religion. J’ai fait un sketch chez Ruquier où je faisais Marie-Madeleine qui redescend du ciel et parle de Jésus, il a été coupé au montage.

Quelle a été votre réaction à la lecture du script ?
Je n’ai pas tout compris à la première lecture à cause des expressions belges. Dans le scénario, c’était encore plus flagrant. J’avais entre les mains un bel ovni. Le script était plus riche au début parce que plus long.

Vous travaillez régulièrement dans l’émission de Laurent Ruquier. Quelles sont les contraintes quand on passe du petit au grand écran ?
La télévision est, malgré ce que les gens pensent, très rapide et spontanée. Très peu travaillée. Les émissions de télé sont toujours faites dans l’urgence alors que quand je suis arrivée à la télé, je pensais que les gens bossaient des mois sur leur concept. En fait, pas du tout. Le cinéma, c’est l’inverse. Pour Dikkenek, ce sont des années de travail. Sur le tournage, le sens du détail impose la patience et la précision.



On a l’impression que le personnage a été écrit pour vous…
C’est largement inspiré de ce que je fais à la télé à la fois dans les mimiques et les intonations peut-être parce que je ne sais faire que ça. Mais Olivier, le réal, voulait qu’il y ait de l’improvisation. Il ne disait pas de couper pour une dernière prise, on finissait la scène comme on voulait. Après il en a fait ce qu’il a voulu.


Est-ce que vous aimeriez davantage vous diriger vers le cinéma, la scène ou la télévision ?
Le cinéma m’intéresse pour peu que je retrouve les mêmes conditions de tournage. Cela me botte si le scénario est bien. Là-dessus, ce qui m’a botté, c’est que le réalisateur soit venu me chercher pour que je fasse partie de l’aventure. En ce qui concerne la scène, je fais des tournées en province et prochainement l’Olympia.



Comment le réalisateur vous-a-t-il découvert ?
Sur Canal+ quand je faisais la Bern’academy.

Quel genre de scénario recevez-vous ?
On me propose souvent les mêmes personnages comme des rôles de lesbiennes ; sous prétexte que je suis une nana à caractère donc je suis lesbienne, ça les arrange; ou de nymphomanes. Il y a un manque d’imagination des scénaristes et des réalisateurs qui n’écrivent pas de rôles variés pour les femmes. Très souvent dans les comédies, ce sont des faire-valoir, des hystériques ou des lesbiennes. Mais je suis toujours ravie quand je reçois un scénario. Je n’ai pas envie de jouer un rôle juste pour être au cinéma.

Quels sont les univers filmiques qui vous intéressent ?
Celui de Bacri-Jaoui mais également Dupontel et Depleschin.



Comment travaillez-vous vos personnages chez Ruquier ?
En fait, ce sont six personnages différents qui tournent et que l’on choisit en fonction de l’actualité. En terme d’inspiration, il faut voir autour de soi et de scruter les gens. Des personnes comme Brigitte existent. En réalité, je mélange plusieurs choses différentes de gens que je connais. Je rêverais de faire un personnage avec un accent allemand. Je me cantonne à ce que j’ai déjà essayé de faire sur scène.

Vous continuez à la rentrée ?
Je ne sais pas encore. J’ai rendez-vous pour en parler avec lui dans deux jours.


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