Medium des plus inquiétantes dans le film non moins inquiétant de Juan Antonio Bayona, l'actrice Géraldine Chaplin, fille de qui vous savez, revient pour Excessif sur son expérience au sein de cet
Orphelinat...
Qu’est-ce qui vous a captivée lorsque vous avez découvert le scénario ?Au départ, c’était clairement l’histoire. Elle est délicieusement racontée. Et après on m’a dit que c’était un premier film et là j’avais énormément envie de le faire, et cette envie a encore augmenté suite à ma rencontre avec le réalisateur. Jouer un médium m’intéressait beaucoup aussi, ça me rappelait un autre tournage en Irlande auquel j’avais participé.
Vous étiez vous déjà intéressée au spiritisme ?Oui. Pour un précédent rôle, j’avais dû parler avec un médium. Je m’étais beaucoup documentée et ça m’avait fasciné… Cette médium n’était pas du tout comme on pourrait l’imaginer. Elle faisait un peu maîtresse d’école, je m’en inspire pour le film. J’aime cette histoire parce qu’on voit que l’espoir sait être tellement cruel. Il peut tuer ou bien vous emmener vers la folie.
Avez-vous d’ailleurs contribué à trouver le look de votre personnage ?Bayona savait exactement ce qu’il souhaitait. A ce sujet, il m’a avoué qu’il m’avait vue dans un programme de télévision « merdique », très people, et c’est à ce moment qu’il savait qu’il tenait sa médium. Le scénario initial ne prévoyait pas du tout quelqu’un comme moi.
Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle ?Tout le talent en revient au metteur en scène. En plus toute la séquence autour du spiritisme dans le film a été tournée dans le noir. Seul le spectateur voit à l’écran grâce aux caméras infrarouges. Ca c’était terrible car on ne voyait rien, il fallait retenir où était les meubles. A la fin j’avais comme des yeux de fauve.
Et justement, sur cette séquence de spiritisme, quelles furent les indications de Juan Antonio Bayona ?Je crois que même lui ne savait pas trop comment l’appréhender. Ils avaient fait des essais sans plus. Et on a donc un petit peu improvisé au niveau des lieux. Nous tournions dans le noir, et après avoir regardé sur les moniteurs de contrôle Bayona était toujours plus excité. C’était comme si nous voyions des fantômes durant le tournage.
Avez-vous été sensible à tout ce qui touche à la maternité dans ce récit ?C’est l’horreur ! Ici tout pourrait être bien réel, tout pourrait se justifier, c’est ce que j’aimais aussi. Mais en même temps il est aussi question de la folie s’abattant sur cette pauvre femme. C’est une princesse mélancolique qui devient progressivement cette amazone forte. Une phrase du film est très belle « Si vous croyez, vous verrez … ». J’adore cette phrase.
Il y a des choix esthétiques très forts au sein du film, est-ce que cela s’est ressenti durant le tournage ?Oui, je savais que l’esthétique serait importante. J’avais vu de superbes photos de production et donc je savais que l’univers graphique serait puissant.
Justement avec votre carrière, est-ce particulièrement excitant de tourner avec de nouveaux réalisateurs ?Oh oui, j’ai d’ailleurs fait pas mal de premiers films. Et c’est terriblement gratifiant de dire dans dix ans, j’ai fait son premier film.
Bayona avait aussi autour de lui une équipe très jeune, quelle énergie ça procure ?C’est énorme de voir tous ces jeunes avec autant de talent. Ils étaient déjà très fatigués lorsque je suis arrivée (vers la fin du tournage), mais ils avaient toujours cette envie de bien faire…
Connaissiez-vous Guillermo Del Toro avant ce film ?Je le connais aujourd’hui (
rires).
Etes-vous fan de film de genre espagnol (comme le cinéma de Jaume Balaguero…) ?Oui. Pas à la folie (
rire) mais le mouvement m’intéresse. Des films comme
Les Innocents de Jack Clayton, que j’aime énormément, ont une forte influence sur
L’orphelinat.
Le Village des Damnés avec ces diaboliques enfants blonds est aussi une œuvre que j’aime beaucoup. En fait, en tant que spectatrice, je n’aime pas les monstres, je quitte directement un film quand j’en vois un.
Avez-vous senti de la timidité sur le tournage de L’orphelinat par rapport à votre aura naturelle ?Une partie de l’équipe était très enthousiaste pour manger avec moi, on me faisait des petites attentions, c’était très charmant… C’est d’abord de la politesse, puis c’est de l’ordre de l’intime, un tournage peut vous abaisser des barrières.