Assistant réalisateur sur la trilogie
Matrix,
L'Attaque des Clones et
Dark City entre autres, James McTeigue passe à la réalisation avec V pour Vendetta. En pleine promo pour la sortie américaine du DVD, il a accepté de revenir avec nous sur son expérience sur ce film, et sur le DVD en lui-même...
Comment êtes vous passé de réalisateur de seconde équipe à réalisateur tout court ?J'ai travaillé sur de nombreux films, notamment Matrix où sur la fin du tournage avec les Frères Wachovski nous avons commencé à parler de ce que nous ferions ensuite. Ils voulaient prendre une pause dans leurs réalisations, et voulaient produire en attendant de reprendre. J'avais lu leur script de
V pour Vendetta, et nous sommes arrivés à la conclusion que ce serait un bon premier film pour moi.

Vous attaquer à l'adaptation d'un comic-book aussi complexe n'était pas intimidant pour un premier film ?Tous les réalisateurs sont intimidés par leur premier film ! J'avais été assistant-réalisateur sur d'autres films assez complexes, et celui-ci bénéficiait déjà d'un scénario solide et bien adapté. Donc oui, j'étais un peu effrayé comme tout réalisateur débutant, mais rien de particulier...
Vous connaissiez le comic book avant ?Oui, je l'avais lu. C'est un comic assez complexe. La difficulté d'un récit graphique comme celui-ci, est qu'il ne fonctionnerait pas s'il était transposé directement à l'image. J'ai donc essayé de travailler au maximum l'adaptation visuelle en amont.
Vous étiez en contact avec David Lloyd durant la préparation du film ?Oui, et il avait une idée de comment adapter V pour Vendetta en film. Nous avons travaillé ensemble : son unique but était de faire un bon film. Il m'a beaucoup aidé.
Il y a une différence énorme entre le comics et le film : le troisième tiers, abstrait et poétique dans la BD.La fin de la BD a un côté très naïf, surtout sur le plan politique ou le personnage de Finch qui prenait du LSD, finissait à poil dans la nature et avait des visions. On a dû changer tout ça pour rendre le résultat plus dynamique, plus cohérent avec le reste.
Avez vous été impliqué dans le DVD ?Celui qui a réalisé avec les bonus est un ami à moi, et ne cessait de venir me demander ce que je pensais de ses documentaires. J'ai eu un oeil dessus durant toute la production.
Il n'y a aucune scènes coupées sur le DVD : vous n'avez vraiment rien coupé du film, ou on peut s'attendre à les voir sur une future édition ?Et non, il n'y a pas de scène coupée ! Ce que nous avons tourné se retrouve pratiquement dans le film, à part quelques plans ou angles de vue différents. IL n'y avait vraiment pas matière à proposer une section "scènes coupées".

Non, nous avions toujours à l'esprit de réaliser un film "Rated R" (interdit aux moins de 16 ans, ndlr). J'ai travaillé avec cette obligation en tête, mais aussi cette liberté. Lorsque nous l'avons présenté à la commission, ils l'ont accueilli en tant que tel et nous n'avons rien eu à couper. Le film que vous avez vu est ma "director's cut" : Warner nous a fait énormément confiance à partir du moment où ils ont lu le script. En gros on a eu carte blanche !
J'en ai beaucoup mais je ne suis pas un obsessionnel du DVD... J'ai une pièce chez moi où je suis encerclé de piles de DVD... Mais je dois avouer que j'en loue surtout. J'aime beaucoup l'aspect définitif qu'a un DVD, la trace historique qu'il représente au niveau des suppléments.
Le Parrain 2 ! J'aime beaucoup dans le cinéma qu'un film traite des morales ambiguës de personnages. C'est d'ailleurs ce qui m'a amené à m'intéresser au scénario de V pour Vendetta...