Prendre un petit-déjeuner avec Kélif & Deutsch n’est pas le moyen le plus déprimant de commencer une journée. Comédiens touche-à-tout, ils savent allier plaisir et travail en répondant aux questions de manière très décontractée. L’ancien Deschiens et le lauréat 2004 du Prix Jean Gabin ont de quoi être fiers de leur DVD,
Kélif & Deutsch à la recherche d'un emploi tout juste sorti dans les bacs.
Combien de sketches avez-vous tourné ?Kélif : En comptant les pilotes, une centaine.
Deutsch : Nous en avons évincé quelques-uns qui nous paraissaient faibles, seulement 5 ou 6. Mais dans l’ensemble, nous sommes très satisfaits, c’était un gros pari, physiquement éprouvant. La reconnaissance est aujourd’hui nous fait plaisr. Peu de gens nous ont dit ne pas avoir aimé, et en tout cas, remarquaient le boulot fourni.
Atmen, vous aviez connu ce rythme avec les Deschiens ? K : C’était différent car avec les Deschiens nous étions en pleine improvisation, en plan fixe de trois minutes. Cela m’avait d’ailleurs été utile par la suite pour des plans-séquences au cinéma.
De bons souvenirs d’ A la recherche d’un emploi, quand même ?! D : Ce n’était pas le bagne, nous nous sommes heureusement bien amusés, mais on était sur les rotules après une journée de tournage.
K : L’intérêt aussi était de faire un délire impossible à faire au cinéma. Un véritable exutoire.
Avez-vous été touchés par la censure ? K : Non…Un seul sketch n’a pas été accepté, c’est celui où notre pote Julien Courbey se roule un joint. Le CSA n’a pas toléré. Mais il est dans le DVD.
D : Quand les producteurs n’appréciaient pas un gag, j’étais dur, je disais que je ne tournerais le sketch s’il y avait un changement. Personne n’avait droit de toucher à notre liberté, qui nous inspirait tant. Sinon, on se serait retrouvé avec un produit complètement édulcoré sponsorisé par Le Chat Machine !
Vous avez eu une belle brochette de guest stars ! K : Ils sont nos amis, nous n’avons eu qu’à décrocher notre téléphone. Ca sert d’avoir un des meilleurs carnets d’adresses de Paris.
D : Et après la diffusion, d’autres amis m’appelaient pour me reprocher de ne pas leur avoir proposé ! Thierry Lhermitte, par exemple. Je n’avais pas voulu le saoûler, c’était l’unique raison, donc je lui ai alors demandé s’il voulait faire partie de ceux de Noël, et il a accepté.
K : Kristin Scott Thomas et Benoit Magimel m’ont proposé leurs services…Chaque invité a apporté une touche très personnelle. La plupart, sur place, avait le trac devant l’énergie que nous dégagions, nous les intimidions, mais ils se décoinçaient très vite.
Où se trouve la laverie ? K : Au 67 rue Fondary à Paris. Allez-y en pélerinage !
Lorànt, vous tournez beaucoup…D : On croit ça à cause d’Allo-ciné, ils mettent les projets dans les filmographies, même s’ils ne se font pas ! J’ai tourné dans huit films en trois ans, ce qui n’est pas non plus exceptionnel. Il ne faut pas croire que les comédiens sont des feignants ! Il se trouve que mes films sont populaires, et d’autres n’ont pas cette chance.
Revenons aux DVD…D : J’adore, avec mon rétro-projecteur. Je dois avouer que je préfère regarder un DVD chez moi plutôt que d’aller au ciné, j’ai un écran de 4 mètres sur 4. En plus de la liberté que ce support offre, notamment pour aller pisser, je trouve que l’essentiel est de pouvoir choisir la langue. Pour les films que j’aimais quand j’étais petit, je préfère un VF pour retrouver des sensations. Et puis il y a des voix mythiques. Bruce Willis, pour moi, c’est Patrick Poivet !
K : Je regarde surtout de vieux films, comme les De Funès, ou des films d’Art et essai. Et puis la deuxième chance offerte peut s’avérer efficace. J’ai connu cette expérience avec
Les parasites.
D : Ah oui, il n’avait pas marché en salle celui-là, dis donc !
K : C’était à cause du
Ciel, les oiseaux et…Ta mère ! Le DVD laisse une belle trace, et pas de frein. En plus, pour des sketches, comme
A la recherche d’un emploi, c’est l’idéal, car il ne faut pas tout regarder d’un coup.
D : C’est un bel objet en plus.
Mathieu Kassovitz nous déclarait, il y a peu, préférer le laserdisc comme objet. K : Normal, il en a un milliard, il ne va pas les renier !
Votre dernier DVD acheté ? K : De Nuremberg à Nuremberg, acheté hier. En film de fiction,
Little Big Man, en zone 2. Le dernier que j’ai adoré, je l’ai offert à Lorànt d’ailleurs :
City of God. C’est une Ferrari qui donne envie de faire des films.
D : Des gens de Pathé m’ont offert l’intégrale de Berri. La grande classe. J’ai découvert
Uranus que je n’avais jamais vu. Prévost et Depardieu sont exceptionnels.
K : Pialat, jaloux de Berri, s’était plaint à l’époque : « Je ne comprends pas que Depardieu lui ait donné cette belle mort ! ».
Prochain film à sortir au cinéma pour vous deux, "Nos amis les flics" ! K : Daniel Auteuil y joue un petit rôle de méchant.
D : Il y a aussi Diefenthal, Edouard Montoute, Armelle Deutsch…
Armelle n’est pas votre sœur ? D : Non, et cette petite pute a pris mon nom ! Qui n’est pas mon vrai nom…
K : Tu montes à Paris, tu veux réussir, faut que tu t’appelles Deutsch !
Michaël Youn, qui donne une interview à quelques mètres, gueule à travers le bar. « Ca déconne pas mal j’ai l’impression ?! »K : C’est assez calme ici ! Si ça peut rester courtois, tu serais gentil ! Tu vois les fauteuils, c’est du double velours tapissé, ça serait bien que cela reste dans cet esprit-là ! Viens pas dégueuler…
Une discussion s’engage, avec imitation de Pierre Mondy d’un Lorànt Deutsch inspiré. Au bout de quelques minutes, Michaël, qui s’est joint à notre table, réalise : « Vous êtes en train de faire une interview là ? J’vais me barrer alors… »D : S’il te plaît, oui !
Mais quelques instants plus tard, Lorànt intervient dans l’interview filmée de Michaël, en criant « Achetez notre DVD, y a rien à voir de toute manière au ciné ! » Dernière question alors en rapport avec leur DVD, avant que tout parte en live…Votre premier emploi ?K : Comédien, à 14 ans dans un téléfilm. Je jouais un enfant de chœur ! Quand je suis arrivé à Paris, j’ai fait plusieurs petits boulots avant de décrocher des contrats. J’ai travaillé dans une usine de blinis, j’ai balancé des journeaux, j’ai pressé des oranges…
D : Comédien aussi.
Vous touchez combien par DVD vendu ? D : 8 francs. Donc si vous ne le voulez pas, envoyez-nous 8 francs et nous ferons en sorte que vous ne l’aurez pas.