Par Alexandre Jumel - publié le 28 novembre 2007 à 07h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h38 - 0 commentaire(s)
Disney renaît littéralement de ses cendres avec son Il était une fois...Kevin Lima, réalisateur de Tarzan, s’occupe de mettre en scène tout ce petit monde virtuel et réel. Travaillant depuis les années 80 chez Disney, il revient au genre musical délaissé depuis quelques temps par la compagnie de Mickey. Nous avons rencontré les deux artisans majeurs de ce retour salvateur aux sources, le réalisateur Kevin Lima et le compositeur Alan Menken.

KEVIN LIMA le réalisateur


Vous avez travaillé sur Olivers et compagnies, La petite sirène, Bernard et Bianca, La belle et la bête, Aladdin, vous êtes ensuite passez à la réalisation avec Dingo et Max et Tarzan. Vous êtes un produit Disney finalement ! Avec Il était une fois vous combinez l’animation et la prise de vue réelle. Comment avez-vous travaillé ?
C’est un film parfait pour moi car il mélange l’animation et le live. J’ai toujours rêvé de travailler à Disney depuis l’âge de 5 ans. J’ai voulu travailler dans l’animation, ensuite devenir réalisateur de film d’animation et enfin réalisateur de prises de vues réelle, je suis un éternel insatisfait (il rigole). Il y a deux films en un. Le challenge pour moi c’est de faire en sorte que les personnages animés devenus humains ne soient pas trop ridicules dans notre monde.

On sent dans ce Disney énormément d’autodérision. Disney se moque de lui-même et remet en cause ses principes comme l’amour éternel ! Le Disney du XXI siècle est il obligatoirement inscrit dans la réalité immédiate, technique au risque de perdre ce qui fit sa gloire ?
Je ne crois pas. Le film parle de ça mais je ne pense pas que le futur de Disney soit de s’inscrire dans l’ironie. Ce film se devait de regarder le passé de Disney. Ce n’est pas un adieu à la technique de la 2D, d’ailleurs Disney fait en ce moment un film 2D, le conte de fée La princesse et le crapaud. Ce n’est pas un adieu mais un come back.


Il existe une légende urbaine sur Disney qui consiste à dire qu’il y a toujours une référence visuelle au sexe (le roi lion, la petite sirène…) Vous pouvez me dire si c’est vrai ? Est-ce un petit jeu entre dessinateurs ?
Vous m’embarrassez (il sourit). Si je ne confirme pas je ne dis pas non. Honnêtement dans Il était une fois il n’y a rien de caché. Dans le passé oui ça a existé, c’était devenu une sorte de hobby. Lorsque Disney s’en est rendu compte il a très vite supprimé ces dessins en les gommant dans les versions DVD.

Quels sont vos projets ?
J’aimerais faire un film qui mélange la 2D et l’animation numérique.


ALAN MENKEN le compositeur

La petite sirène, Aladin, Pocahontas, La Belle et la Bête, Hercule… On vous présente souvent comme l’une des personnes qui a contribué à la renaissance de Disney dans les années 90 !
(il rougit) Merci.

Ce n’était plus la chanson au service de l’histoire mais l’histoire au service de la chanson, vous retrouvez un peu de cette magie dans Il était une fois ?
Je ne suis pas d’accord, c’est toujours la chanson au service de l’histoire. Mon grand maître était Howard Ashman et lorsqu’il a disparu il a laissé un grand vide que j’ai comblé en travaillant avec d’autres grands paroliers. Je pense que cette magie est en réalité la façon… le vocabulaire qu’on utilise pour raconter une histoire. Ce vocabulaire c’est la musique.


Comment abordez-vous la composition musicale ?
Une fois l’histoire fixée je prends des sons différents. Ensuite on se réunit avec les collaborateurs et on cherche le son juste. Je cherche la bonne chanson et où il faut l’incruster.

Existe-t-il une forme de censure lors d’une création musicale ?
Non, pas de censure, vous savez c’est une œuvre très collaborative le réalisateur, le producteur, les scénaristes… Quelqu’un va à un moment donné donner son avis. Ma force c’est de créer des chansons accessibles et fortes émotionnellement. C'est-à-dire créer un pouvoir de conviction. J’aime ce moment magique lorsque je présente mon travail au réalisateur et que je le vois conquis, complètement désarmé. Mes muscles de modestie sont usés (il rigole).


Pensez-vous que les Disney musicaux puissent renaître de leurs cendres ?
Disney n’est pas vraiment mort, je pense qu’avec Il était une fois, c’est une grande occasion de créer une nouvelle forme de comédie musicale. Il y a des grandes têtes pensantes à Disney et de grands soutiens à la musique. Disney est formidable.

Propos recueillis par Alexandre Jumel
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