A l'occasion de la sortie de
Jean-Philippe en DVD "rockollector", son réalisateur Laurent Tuel a attrapé son clavier pour répondre à nos questions par mail.... Il revient ainsi sur son film, son accueil, le phénomène des fans, le DVD... et bien entendu Johnny !
Comment avez-vous ressenti l'accueil du public suite à la sortie ciné ?Très bon au près des fans et une partie du grand public. Juste un peu déçu que certaines personnes gardent une méfiance auprès de Johnny acteur, et à cause de cela ne soit pas curieux de voir le film.
Avez-vous eu des retombées, des remerciements ou des critiques, de la part de fans de Johnny ? Lorsque nous avons tourné la scène finale du "Stade de France" nous avons, pour la figuration fait appel aux fans club de Johnny. Ces quelques nuits de tournage restent un moment fort. Les fans pour les besoins de l'histoire devaient huer leur idole, ce qui était assez surréaliste. Les sites de fans s'interrogeaient beaucoup sur le résultat final, mais lorsque nous les avons conviés aux premières "Avant-première" les réactions ont été très bonnes. Ils ont compris que le film jouait avec humour et ironie avec l'image de Johnny tout en respectant l'artiste unique qu'il est.
Que pensez-vous des fans en général ? Trouvez-vous cela malsain, respectable, bizarre, normal... ? Parfois - mais c'est rare - ce fanatisme sert plus à combler quelques névroses, mais je trouve que Johnny apporte plutôt du bonheur et du réconfort à ses fans car il est là, solide, présent. Depuis plus de quarante ans il accompagne son public dans sa vie, ces joies et ces peines.
Doit-on forcément apprécier les chansons de Johnny pour réaliser un bon film sur lui ? Johnny est un phénoménal interprète de Rock'n'roll et de Blues. J'aime ces deux genres musicaux. Quand il chante dans ce registre, j'aime vraiment. Maintenant je pense que pour réussir un film, il est préférable d'aimer les gens qu'on filme.
Pourquoi avoir choisi de traiter l'aspect "fantastique" du film de manière aussi légère ? Mon film précédent "Un jeu d'enfant" était un film fantastique plutôt sombre, j'avais envie d'aller vers la comédie, ne pas me répéter. Je voulais aussi rendre hommage aux comédies que j'avais aimé plus jeune :
Retour vers le futur,
Un jour sans fin...
Comment dirige-t-on Fabrice Luchini sur un plateau ? Sa tendance à l'improvisation est-elle simple à gérer ? On le laisse faire, on l'observe, à l'intérieur des différentes prises on additionne de la matière, beaucoup de choses sortent... le résultat est singulier, souvent brillant, il faut le laisser faire tout en conservant à l'esprit qu'il y a au bout du compte une histoire à raconter.
Ce film arrive cinq ans après Un Jeu d'enfants. Qu'avez-vous fait pendant ce temps ? Pas mal d'écriture de scénario, quelques voyages...
Quel fût votre degré d'implication dans l'élaboration du DVD ? Très important. L'image et le son ont été retravaillés avec beaucoup d'attention pour ce format. Le contenu des bonus, les menus, le visuel doivent former un tout avec le film.
Etes-vous un consommateur régulier de DVD ? Vous intéressez-vous aux suppléments ?
Oui, je revois énormément de film pour le travaille ou le plaisir. Les suppléments, lorsqu'ils ne sont pas fait de manière trop standardisés, sont riches de détails techniques qui me permettent de réfléchir, de concevoir des scènes pour les films à venir.
Quel est votre dernier achat, et/ou votre dernier coup de cour DVD?
Le coffret Rome !
Quel est votre DVD préféré ?
Eraserhead, de David Lynch.
Vos projets au cinéma à court terme ?
Je ne veux pas faire de mystère, mais je le garde secret pour le moment...
Dans un monde parallèle où Laurent Tuel n'est pas cinéaste, quel métier exerce-t-il ?
Mon précédent : veilleur de nuit...