Par La Rédaction - publié le 26 juin 2006 à 12h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h01 - 6 commentaire(s)
Durant un obscur festival de cinéma (la récompense serait une palme ?), nous avons rencontré les responsables du Pink, petit morceau de paradis terrestre ayant quitté la capitale pour venir séduire la Croisette.

Pourquoi le Pink à Cannes ?
Pour la promo exclusivement. Nous avions vraiment envie de le faire en dehors de Paris. Dans un premier temps, nous avions envisagé St-Tropez, mais Cannes est vraiment parfait. Cela nous permet de voir comment notre produit se met en place en dehors de notre décor. Cela nous permet de voir si l’on peut s’exporter.



Et cela fonctionne ?
C’est un peu plus délicat qu’à Paris car il y a beaucoup de promo. Il y a des stars, des people en permanence. A Paris, nous sommes un peu en huis clos avec beaucoup moins de presse – ce qui nous permet de protéger les gens qui viennent et qui n’ont pas envie qu’on les embête. En tout cas, ici le public réagit bien.

Comment évolue le Pink ?
Il n’y a pas un nouveau Pink et un ancien Pink. Il évolue avec le temps comme un enfant qui grandit. Nous étions au balbutiement du Strip-tease il y a 4-5 ans. J’ai rejoint l’équipe de David et Cathy (ndr : Guetta) il y a trois ans et demi, avant de racheter l’établissement. Le métier évolue et les moeurs également. Avant les gens étaient beaucoup plus réservés.

Comment vous situez-vous par rapport au Hustler ?
Je ne sais pas, je n’y ai jamais mis les pieds. C’est une grosse machine américaine. Nous possédons plus une approche artisanale, plus française. Chaque exploitant a sa vision. Nous sommes plusieurs à le faire en France. Nous évoluons avec la demande. Par exemple, depuis un an et demi, le gens peuvent danser au Pink après une certaine heure. Une autre nouveauté également : le dimanche soir, les femmes peuvent prendre des cours de strip-tease.



Le lap dance, c’est quand même une invention de WASP, de protestants Anglo-saxons ?…
Quand nous avons commencé le job, il y avait des gogo danseuses françaises. En trois ans nous avons formé et fait travailler 67 strip-teaseuses françaises. Elles travaillent par monts et par vaux. Elles sont très appréciées aux Etats-unis car elles sont assez rares.


Avez-vous remarqué une évolution des mœurs ?
Avant, le Lap Dance était un tabou en France. Aux USA ou au Canada, les filles voient cela comme un vrai job, elles le font pour payer leurs études. En France, cela a évolué récemment. Depuis qu’il y a des établissements un peu plus classieux qui ont pignon sur rue et qui possèdent toute sorte de clientèle et pas uniquement une clientèle glauque, elles font maintenant le premier pas et en font leur métier.


Le public a-t-il lui aussi changé ?
Il y a 3 ans, nous faisions beaucoup d’enterrements de vies de garçons. Aujourd’hui les choses ont bougé et nous faisons énormément d’enterrements de vies de jeunes filles. Elles viennent en bande pour s’éclater. Nous avons d’ailleurs des soirées spéciales le dimanche : Girls in the City qui sont complètement réservées à cela. Un véritable hymne à la femme, avec des salons de maquillage, de coiffure, des cours de strip-tease... Au début, elles sont toutes timides, après elles jouent vraiment le jeu.

Quelles sont les principales différences avec l'étranger ?
Nous avons 30% de clientèle féminine au Pink à Paris. Chez nos concurrents anglo-saxons, il faut plutôt compter 2%. Nous ouvrons à 22h30 et fermons à l’aube. Dans d’autres pays c’est 24/24. Nous n’avons pas encore la même approche que dans d’autres pays où les clients viennent boire un verre après le boulot ou juste pour dix minutes en attendant quelqu’un. Nous avions essayé d’ouvrir en fin d’après-midi pour voir comment les gens réagiraient et c’était très calme... trop calme. Ce qui marche à Londres ou en Irlande ne fonctionne pas forcément à Paris. C’est une question de culture.

Parlez-nous des filles du Pink…
Il y a environ 60 artistes pour le Pink de Paris, de 25 nationalités différentes. Il n’y a pas de critères de sélection très précis. Une fille a priori banale peut devenir la plus belle des artistes par son charme ou son charisme. Le tout est d’accrocher les clients par le regard. Le client ‘’moyen’’ va plus vers une fille qu’il estime abordable. Il y a une barrière psychologique et ce ne sont pas les plus belles filles qui travaillent le plus. En revanche, un client jeune beau et riche va prendre la plus belle des filles car il s’imagine déjà dans sa voiture l’emmenant à Deauville.



Y’a t’il des films qui sont tournés au Pink à Paris ?
Au niveau des tournages, beaucoup de clips et pas mal de télés ont été réalisés ici - mais pas énormément de films. Ils se servent en général de la déco mais pas du Pink en tant que tel.


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