Un succès inattendu pour cette comédie sautillante, version féminine de
La vérité si je mens, signée par une réalisatrice énergique qui, après avoir participé à l’écriture de différents scénarios, 15 août notamment de Patrick Alessandrin, vient de passer derrière la caméra. La sortie du DVD était donc l’occasion de revenir sur cette aventure avec Lisa Azuelos baignant encore dans la nostalgie d’un tournage épanouissant.
Que représente pour vous ce premier film ?J’ai fait mon premier court en 1990. La suite logique était de faire un long. J’ai co-réalisé avec mon ex-mari, Patrick Alessandrin, le film « Ainsi soient-elles ». Puis, je me suis plus tournée vers l’écriture, j’ai travaillé sur plusieurs scénarios, dont celui de Tanguy, qui a bien marché. Du coup, je suis arrivée tranquillement à ce film, qui n’est donc pas mon premier scénario, mais le premier que j’ai pu monter toute seule.
Etait-ce un sujet que vous portiez depuis longtemps en vous?J’ai l’impression que je le porte toujours ! C’est étrange parce que je suis actuellement plongé dans un nouvel univers, je planche sur un nouveau projet et c’est la première fois que je ressens une vraie nostalgie par rapport à une précédente aventure, l’ambiance de Comme t’y es belle me manque. C’est comme si ce film n’était pas encore sorti, je n’ai pas envie de le laisser derrière moi.
Un projet pour lequel vous avez dû vous battre ?Je l’ai monté assez facilement, mais il m’a juste fallu attendre un certain temps avant de pouvoir me lancer dans cette aventure, trois ans exactement. Au final, le film ne ressemble pas à un premier film fait à l’arrache par un jeune réalisateur, j’ai eu la chance d’avoir les moyens de le monter correctement. Donc, pendant les négociations, je continuais à écrire et finalement c’est plus une chance pour moi que le film ait mis un certain temps à démarrer. Je pense que le ton général aurait été beaucoup moins léger si j’avais tourné le film quelques années plus tôt. J’avais beaucoup plus de recul et le tournage n’en a été que plus cool.
L’idée d’assumer l’intégralité d’un projet, de passer derrière la caméra ne vous a jamais angoissé?En fait je n’ai jamais eu l’impression de travailler, c’était un rêve, et, étrangement, je n’ai ressenti ni angoisse, ni douleur. Le tournage s’est merveilleusement bien passé, sincèrement, il y avait une très bonne ambiance, je ne pense pas, d’ailleurs, pouvoir travailler dans la douleur. J’étais plus émue qu’autre chose et je suis beaucoup plus angoissée, aujourd’hui, par l’idée d’aborder mon deuxième film. C’est peut-être une comparaison idiote, mais c’est comme quand on a des enfants. On se demande toujours, quand on en a déjà un, qu’on en attend un deuxième si on va aimer le nouveau comme on a aimé le premier, si on sera de nouveau être à la hauteur, si on ne refera pas les mêmes erreurs. C’est un peu le même sentiment. La transition est dure.
Est-ce que c’est un film qui vous ressemble ? Pas plus que Ainsi soient-elles qui, à l’époque, me ressemblait déjà beaucoup. C’était l’histoire de femmes de 25 ans ! « Comme t’y es belle » est plus proche de la femme que je suis aujourd’hui, mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de moi dans ce film.
Vous vous sentez proche de ces femmes ?Oui et visiblement pas que moi, car beaucoup de femmes s’y sont retrouvées. Je pars du principe que nous sommes toutes uniques, mais pas si exceptionnelles que ça non plus. Il y a un tronc commun entre toutes les femmes, j’ai essayé de le retranscrire. « Mariage à la Grecque » de Joël Zwick m’a poussé à m’aventurer dans cet univers, c’est un film très communautaire, ce qui m’avait beaucoup plu. J’avais envie de parler de ma propre communauté, celle des juifs Sépharades. C’est aussi pour ça que j’ai fait appel à Marthe Villalonga. Je ne pouvais pas enlever la dimension religieuse de l’histoire car pour moi tout est relié et je trouve que ces liens sont très forts. Donc le film contient beaucoup de clins d’œil, même si je sais que j’en ai oublié.
Le petit côté conte de fée du film, était-ce, de votre part, une volonté d’échapper au quotidien ?Mon seul but sur ce film était qu’en sortant de la salle les spectateurs soient plus heureux qu’en y entrant, que ce soit, comme le disent les Américains, un « feel-good movie ». J’ai appris ça récemment ! Je me sens très proche des comédies anglaises, dont la base est en général assez glauques, comme Full Monty par exemple, et qui pourtant arrivent à nous tirer de fougueux éclats de rire. J’adore pouvoir rire de la réalité, même si elle n’est pas joyeuse, et passer d’une scène très drôle à une scène plus triste.
Que représente pour vous le DVD ?J’adore ! Je suis toujours derrière mon ordinateur à regarder des films. En ce moment par exemple, je prépare un film sur les adolescents, donc j’emporte avec moi en voyages les Larry Clark et je les regarde régulièrement sur mon portable. On peut regarder les scènes à l’infini, c’est tout simplement magique, un réel outil à part entière.
« Comme t’y es belle » la suite, vous y songez?Il en a été question quand on a vu que le film marchait bien. Je le ferais peut-être, j’adorerai, il faudrait juste trouver une histoire qui tienne vraiment la route!