A l’affiche dans
Anatomie de l’enfer de Catherine Breillat, Rocco Siffredi refait une incursion dans le cinéma dit tradionnel, sachant que ce terme convient mal à l’oeuvre déroutante de la réalisatrice féministe. Le
Roi du cinéma porno, omni-présent à la télévision ces derniers temps, termine une promo éprouvante. Il ne peut plus marcher dans la rue sans provoquer des réactions, et se réjouit à l’idée de se réfugier à Milan. L’homme aux 3000 femmes serait-il donc de nature discrète ? On aura tout vu !
Une interview tout de même réservée à un public averti !Votre carrière a-t-elle pris un tournant avec Romance ?Oui, sûrement. On a toujours l’image de l’acteur con dans la pornographie, mais il y en a qui ont un cerveau en plus d’un sexe ! Grâce à
Romance, j’ai eu l’occasion de montrer que je savais faire autre chose que du X, et j’ai pu en parler.
Est-ce pour cette raison que vous avez choisi de tourner dans un film intello ? (rire) Pas pour montrer que je suis intelligent, non ! En réalité, Catherine Breillat a été la première à me proposer un rôle, et il se trouve qu’elle fait du cinéma intellectuel !
De quel cinéma êtes-vous spectateur ? Il ne faut pas que ce soit trop commercial, ni trop intellectuel ! Je regarde des séries B du style
King of New-York de Ferrara. Dans le cinéma français, j’aime bien Gaspard Noé, et le Kassovitz de
La Haine, pas celui de
Gothika. Il me faut des émotions fortes, qui me remuent. Pasolini m’a marqué.
Vous ne regardez pas de films pornos ? Non. Si je veux en regarder un, c’est pour me branler et je ne peux le faire que devant des films amateurs. Devant un porno professionnel, je connais les actrices, je connais d’avance les situations et les positions, ce n’est pas excitant…
Combien de temps allez-vous encore tourner des films X ? J’arrêterai à la fin de l’année. J’avais décidé il y a 4 ou 5 ans que j’arrêterai de tourner dans des films pornos à l’âge de 40 ans. Pour des raisons familiales également, j’ai un fils qui grandit.
Vous allez continuer à en produire ? Oui.
Recevez-vous d’autres propositions du cinéma traditionnel ? Non, pas pour l’instant.
Vous bénéficiez en tout cas d’une popularité énorme, vous avez été sur tous les plateaux de télé ! Le film de Catherine Breillat est une excuse pour m’inviter et parler de cul en fin de compte. Je décoince l’ambiance. Ils se souviennent quand même que le deal est de parler du film donc ils en parlent un minimum. Fogiel, je ne sais pas s’il baise, mais ce qui le fait jouir, c’est de se montrer à la caméra. Entre lui, Ardisson, Arthur et Cauet, c’est le moins pire. Je suis conscient du fait que je suis invité pour l’audimat et qu’ils en ont rien à foutre de moi. Si j’accepte de faire autant d’émissions de télé, c’est aussi parce que je ne vis pas en France. En Italie, je ne fais pas de télé, donc les gens dans la rue ne viennent pas m’emmerder, parce qu’ils ne savent pas comment je réagirais. En France, ce n’est plus possible. J’ai été au Club Med il n’y a pas si longtemps, ce fut un cauchemar !
Quel était le votre plus grand challenge sur Anatomie de l’enfer ? D’interpréter un homosexuel. Non pas que je sois homophobe, au contraire, j’ai des amis gays, mais j’étais très gêné à l’idée d’embrasser un homme. Ceci-dit, je suis heureux à l’idée de provoquer le désir aussi bien chez les femmes que chez les hommes, c’est très flatteur. J’étais touché de faire la couverture de
Têtu !
Vous représentez le désir sexuel féminin chez Catherine Breillat. Chez la femme ou la réalisatrice ? Les deux. Quand je la regarde dans les yeux, je vois qu’entre deux scènes, elle ne dirait pas non à ce que je la prenne contre le mur comme je sais si bien le faire…