Par Alexandre Jumel - publié le 14 novembre 2007 à 04h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h21 - 0 commentaire(s)
Cinéaste belge il étudie la photographie avant de se lancer dans la réalisation. Après quelques courts métrages il réalise son premier film Les Fourmis rouges. Alex a 16 ans et vit seule avec son père Frank dans une petite bourgade isolée de la forêt ardennaise. Obligée de le soutenir depuis la mort accidentelle de sa mère, Alex se retrouve contrainte de grandir trop vite. Alors que Frank tente lentement de sortir de l'apathie dans laquelle il se trouve depuis la mort de sa femme, Alex ravive involontairement la douleur de son père, les plongeant tous les deux dans un monde ambigu où la frontière entre tendresse et désir devient fragile. Un film profond sur le deuil, la souffrance générée par l’absence. L’histoire d’une enfant qui a grandi beaucoup trop vite, ancrée dans ses blessures, ayant du mal à dépasser sa détresse.


Ce qu’il y a de très frappant dans votre film c’est la photographie !
J’ai toujours été passionné par la photo, ce fut mon orientation universitaire, mais très vite je me suis senti frustré, ce qui m’intéressait c’était de raconter des histoires. J’ai alors commencé par la bande dessinée mais comme je ne dessinais pas très bien ça na pas été très loin, je suis donc arrivé logiquement ensuite au cinéma. Le cinéma c’est des comédiens, des histoires, mais c’est aussi de l’image et du son, c’est un ensemble. Je m’intéresse à tout et effectivement beaucoup à l’image. Pour moi le film doit s’ouvrir sur une réelle ambiance et le paysage, les décors font partie intégrante de l’histoire, ils s’inscrivent dans le récit.

Vous animez des ateliers d’acteurs, votre façon de travailler dans ces ateliers est t’elle la même sur un tournage ?
Non, parce que dans les ateliers il n’y a pas d’enjeu. En fait l’idée qui émane de ces ateliers, c’est qu’il est difficile de monter un film financièrement et de le préparer avec les acteurs. J’ai donc monté ces ateliers dans le but de m’exercer, d’apprendre à diriger des comédiens. Je travaille avec des gens qui viennent soit du théâtre ou des personnes qui ne tournent pas tout le temps, eux ça leur donne de la matière à travailler et moi ça me permet de mieux les cerner.


Cet atelier, est ce une manière pour vous de recruter vos futurs comédiens ?
Il y en a un qui joue un petit rôle, les autres ne correspondaient pas à ce que je cherchais, mais ça pourrait devenir en effet une manière de recruter des comédiens. On pourrait former une troupe et faire un film avec eux.


Arthur Jugnot est particulièrement surprenant, vous l’avez croisé par hasard ?
Je l’avais vu au théâtre et j’ai été étonné par sa capacité de jeu. C’est un personnage comique, qui ne cesse d’amuser la galerie et derrière ce masque se cache une sensibilité profonde que je n’avais jamais vue ni au théâtre ni au cinéma. J’ai voulu le forcer à la déployer ici. C’est un film qui lui a du coup permis de montrer une autre facette de lui-même et j’en suis ravi.


Pourquoi Deborah François, qu’est-ce qui vous inspire en elle ?
Je l’avais vue comme beaucoup de gens dans le film des frères Dardenne L’enfant et j’avais été impressionné par sa présence. Je cherchais des comédiennes de son âge, j’ai voulu faire un essai avec elle et lorsqu’elle a passé le casting j’ai été bluffé. Elle était parfaite pour ce rôle car elle est encore une enfant tout en étant déjà une femme.

Qu’est-ce qui vous a poussé à poser cette voix off, à vous centrer sur cette histoire de fourmis rouges que scande le film ?
La voix of, c’est la présence de la mère, ce qu’il en reste. Alex n’a plus de repères féminins, elle grandit sans elle. La seule chose qui lui reste c’est une histoire qu’elle lui racontait quand elle était petite. Dans la nature lorsque les fourmis rouges ont une mission, rien ne peut les arrêter, Alex leur ressemble, elle s’est donnée ici pour mission de remplacer sa mère.


Propos recueillis par Alexandre Jumel
Vos réactions


logAudience