A Series of Unfortunate Events, l’une des productions les plus attendues de l’année 2005, propose une bande-annonce énergique qui laisse transparaître un univers extrêmement sombre. Ce qui peut être considéré comme un paradoxe pour un film destiné avant tout aux enfants, mais qui n’est pas sans rappeler l’ambiance, ténébreuse là aussi, dans laquelle évolue un certain Harry Potter.
Trois orphelins (les orphelins Baudelaire), héritiers d’une immense fortune mais dont ils ne pourront profiter qu’à la majorité de l’aînée, sont les principaux protagonistes d’aventures on ne peut plus mouvementées. Aidés en cela par le comte Olaf (Jim Carrey), un parent éloigné de toute évidence plus animé par la cupidité que par les liens familiaux.
Si on peut supposer qu’une grande partie du succès du film résidera dans l’exploitation qu’aura su faire (ou pas) le réalisateur de la richesse des personnages des trois enfants – une surdouée, un lecteur invétéré et une croque-tout – il est certain que la puissance comique d’un Jim Carrey sera déterminante pour la carrière de
A Series of Unfortunate Events. L’acteur, qui campe un personnage qui semble taillé sur-mesure (le comte Olaf utilise son métier d’acteur pour prendre diverses apparences), sera à n’en pas douter ou le moteur du film, ou l’accélérateur de sa perte. Or, les images aperçues dans la bande-annonce où Jim Carrey est déjà omniprésent, laissent un sentiment mitigé sur sa prestation. L’acteur a l’air d’en faire des tonnes et même si le rôle s’y prête il est possible que cela desserve le film à terme car éclipsant le formidable potentiel des personnages que sont les orphelins Baudelaire (qui sont tout de même censés être le centre de l’histoire).
On remarque subrepticement dans la bande-annonce la présence de Meryl Streep, vêtue d’une robe noire et ample aussi austère que les petites lunettes qu’elle porte. Apparemment crédible en tante Joséphine. La jeune Emily Browning, qui joue le rôle de Violette la sœur aînée, fait aussi très bonne impression, mais gardons nous de tout commentaire encore prématuré.
Ce qui est certain, à la vue de ces premières images, c’est que la Paramount et Dreamworks ont au moins essayé de soigner leur copie, ce qui était la moindre des choses par rapport à l’œuvre originale du romancier Daniel Handler. Concernant la musique, il s’agit de celle d’
Edward aux mains d’argent, ce qui à défaut d’être originale, nous met bel et bien dans l’ambiance adéquate.
Dans la série des contes pour enfants, il n’y a plus qu’à espérer que A Series of Unfortunate Events se rapproche plus d’un Edward aux mains d’argent ou Harry Potter que d’un Grinch (où évoluait aussi Jim Carrey) ou d’un Chat Chapeauté (avec Mike Myers en lieu et place de Carrey).