Par Véronique Trouillet - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 08 octobre 2009 à 22h41 - 0 commentaire(s)
Il fait rire sur grand et petit écrans depuis plus de 20 ans. Il met à nouveau sa passion d’acteur et son talent de comique au service du réalisateur Shawn Levy pour la suite des aventures de Larry, le désormais célèbre gardien du musée qui prend vie la nuit.



Comment s’est passé le tournage de ce nouvel épisode de La nuit au musée ?
C’était un vrai plaisir de retrouver tout le monde, les acteurs et l’équipe. A part pour Mon beau-père et moi, je n’avais encore jamais fait de suite et c’était quatre ou cinq ans après le premier. Il n’y a que deux ans qui ont passé depuis La nuit au musée et c’est plutôt sympa de se rappeler les souvenirs de ce premier film. On dispose également d’un certain confort quand on sait comment les gens travaillent, mais il y a aussi assez de nouveaux éléments pour que ce soit excitant. C’est ce qui est génial avec ce film, il a beaucoup de nouvelles idées du point de vue de l’histoire, de nouveaux personnages, de nouveaux décors, de nouvelles blagues. Enfin, j’espère. C’est plutôt cool de pouvoir essayer de faire quelque chose de nouveau et de mieux. Ca ne marche pas toujours mais on se doit d’essayer. J’ai senti que ce scénario avait une vraie chance et on a tant appris sur le premier que l’on va faire mieux. Avec notre expérience, celui-ci se fait plus facilement en termes de logistique, d’effets spéciaux ou d’effets visuels.

Vous avez toujours avoué avoir quelques difficultés avec ces effets visuels.
Ce n’est pas les effets visuels qui sont ajoutés après, en post-production, qui sont difficiles pour moi, c’est de jouer avec du vent, face à personne. Pour les personnages miniatures des diaporamas, je joue face à des allumettes ! C’est dur, surtout en comédie parce que c’est un genre qui repose sur le fait de donner et de recevoir, sur un va-et-vient de répliques, sur un rythme. Sans ça, ce n’est pas évident de savoir ce que ça va donner et vous devez alors vraiment vous lâcher. Mais sur le premier, j’ai appris à avoir confiance dans ce qui sera créé plus tard en images de synthèse. Les enfants adorent les créatures, les choses qui prennent vie et tous ces trucs fantastiques. Il va y en avoir beaucoup plus dans celui-ci. C’est à moi de donner de bonnes bases pour ça pendant le tournage. Mais je ne veux pas non plus être miné par ces effets visuels, il faut un équilibre entre l’histoire, l’humour, les personnages et les effets spéciaux. Certaines choses peuvent prendre de telles proportions qu’au final rien ne fonctionne. C’est le travail de Shawn Levy (le réalisateur, NDLR) de trouver un équilibre pour tout ça. Ca se fait surtout au montage. On tourne un maximum pour avoir le choix mais on ne sait jamais ce qui va bien marcher. On espère toujours qu’on a une histoire suffisamment claire et que tout va bien pouvoir émaner de cette colonne vertébrale.



En quoi votre personnage, Larry, a-t-il changé depuis la première histoire ?
Il est mieux préparé à ce qui lui arrive et c’est justement ce que j’aime dans ce film. Il a déjà vécu tout ça. Sur le premier, je devais m’étonner de tout. Sur celui-ci, Larry connaît déjà tout ça, il est moins impressionné et il vit une situation différente. Il doit aller aider ses amis mais quand de nouveaux personnages pensent qu’ils vont être effrayants ou qu’ils vont l’intimider, il ne s’en laisse pas compter. On a joué aussi avec ça. Et Larry connaît le succès au début du film, c’est un homme d’affaires et ses inventions se vendent. Il n’est plus ce type qui essayait de gagner le respect de son fils. On a aussi ajouté une nouvelle touche avec son histoire romantique avec Amelia. On s’est beaucoup interrogé sur la vie amoureuse de Larry, sur ses relations parce qu’il avait cette petite chose avec Carla Cugino dans le premier. Cette histoire avec Amelia donne un joli ton au film avec ce style années 30 et 40 qu’elle apporte. Elle le réveille un peu et lui fait réaliser ce qu’il a fait de sa vie. Il est trop pris par le travail, il délaisse ses amis alors qu’il adore être avec eux. De son côté, Amelia aime la vie et fait des choses juste pour le plaisir. C’est plutôt sympa cette relation. Mais Amelia est faite de cire, ce n’est pas une personne réelle, ce n’est donc pas comme s’ils allaient avoir une aventure.


Comment s’est passé le travail avec Alain Chabat ?
Alain est génial. Il est hilarant. Il sait osciller entre la subtilité et l’énormité et c’est parfait pour ce genre de film. La joute verbale est amusante avec lui.

Même en français ?
Surtout en français ! Je ne suis pas censé bien parler français et il improvise très bien en français, ce qui est drôle à écouter. Il parle très vite en français.



Et vous jouez à nouveau au tête-à-claques avec un singe.
Oui. C’est un nouveau personnage, mais c’est la même actrice que sur le premier, Crystal. Elle joue Able, le singe de l’espace mais aussi Dexter, le singe du premier film qui revient dans le second. Elle a un double rôle sur ce film. Et elle est douée, bien dressée, très docile. Tant que vous la payez. Après chaque scène où vous êtes méchant avec elle, son dresseur lui donne une noix ou un raisin pour montrer que vous êtes son ami, que vous ne vouliez pas vraiment lui courir après. C’est dur pour elle de le comprendre. (sourire) Elle utilise la "méthode Stanislavski", elle ne sait pas faire la part des choses. Pour elle, quand vous lui courrez après, vous lui courrez vraiment après.

Vous avez déjà réalisé quelques films. Que vous a apporté la réalisation en tant qu’acteur ?
Les deux métiers se complètent. Réaliser m’a beaucoup apporté en tant qu’acteur et jouer m’a beaucoup apporté en tant que réalisateur. J’ai une autre vision de la réalisation parce que je suis acteur. En tant qu’acteur, je comprends ce qu’on ressent quand on est devant une caméra. C’est assez bizarre de trouver sa zone de confort dans cet environnement et ça dépend beaucoup de ce que vous donne le réalisateur. Shawn est vraiment un réalisateur de comédie. Il crée un environnement propice pour essayer des choses. Et j’essaye de faire pareil quand je réalise, j’essaye de donner aux acteurs autant de liberté que possible car quand vous trouvez les bons acteurs pour les rôles, vous voulez juste obtenir le meilleur d’eux.



Qu’aimez-vous dans la réalisation ?
Je ne sais pas trop. Je veux réaliser des films depuis que je suis gamin. J’adorais faire des films quand j’étais gosse, je faisais des courts-métrages, mais je ne savais pas si j’allais devenir acteur ou réalisateur. La réalisation est une expérience personnellement plus enrichissante parce que vous participez au projet du début à la fin. Quand on est juste acteur, on vient, on joue et on s’en va. Un réalisateur peut devenir un peu plus obsédé par le projet. Mais obsédé d’une façon positive.

Propos recueillis par Véronique Trouillet
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