Par - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 08 octobre 2009 à 18h13 - 12 commentaire(s)
Comme cela était attendu, Michael Haneke remporte la Palme d’or avec son nouveau film Le ruban blanc. Attendu car beaucoup avaient prédit cette victoire de par la relation entre la présidente du jury Isabelle Huppert et le réalisateur autrichien. Ils avaient tourné ensemble La pianiste déjà présenté à Cannes en 2001 et qui avait valu à la comédienne le prix d’interprétation.



Bravo Charlotte

Le rideau rouge du 62ème Festival de Cannes vient de se refermer après une cérémonie de clôture légèrement tendue. On y devinait une certaine hostilité, Isabelle Huppert y a visiblement fait régner une tension que l’on sentait sur les visages des membres de son jury, au travers d’un discours qui sonnait terriblement faux, derrière le regard crispé d’une Isabelle Adjani devant à l’origine remettre la Palme d’or avant que la Présidente ne s’y oppose et qui s’est contentée de la Caméra d’or.

Un premier prix qui nous réjouit pour Andréa Arnold, récompensée par le prix du Jury pour Fish Tank. C’est néanmoins la seconde fois qu’elle l’obtient, elle l’avait déjà reçu pour Red Road. On s’étonne en revanche du choix de Thirst, ceci est mon sang, film décevant après le puissant Old Boy, pour lequel Park Chan-Wook avait obtenu le Grand Prix. Autre surprise, le prix du scénario pour Nuits d’ivresse printanière de Lou Yé, un prix aux résonnances politiques, Lou Yé étant le chef de fil du cinéma indépendant chinois. Un prix de la mise en scène également déconcertant pour un film controversé, celui de Brillante Mendoza, Kinatay.

Moment d’émotions lorsque Charlotte Gainsbourg a reçu un prix d’interprétation mérité. Elle est tout simplement sublime dans le film de Lars Von Trier, Antichrist, et ce prix répond hautement à l’agressivité soulevée par le film. Une oeuvre qui aurait certainement plu à son père Serge Gainsbourg.
Unanimité également pour Christoph Waltz, extraordinaire dans le film de Tarantino, Inglorious Basterds, d’une cruauté sanglante.
Un prix spécial ovationné, que nous avions deviné, remis à Alain Resnais pour l’ensemble de sa carrière. Il aurait mérité la Palme d’or pour plusieurs de ses films, de Nuit et brouillard à Mon oncle d’Amérique.
Le Grand Prix pour Un prophète, un prix attendu, comme celui de la Palme d’or allant à Michael Haneke pour Le ruban blanc, un élan de la Présidente vers l’un de ses cinéastes fétiches. Un prix que l’on pourrait taxer de consensuel ou d’amical mais, au-delà du lien qui unit le cinéaste à la Présidente, Michael Haneke le mérite.

Un palmarès ressemblant donc incontestablement à sa Présidente Isabelle Huppert, des récompenses allant vers des films radicaux, tranchants, dans leur psychologie ou leur mise en scène, des choix audacieux, comme l’a été dans son ensemble cette sélection.
Le Festival se termine, il en reste de poignants regards, ceux des comédiens qui l’ont illuminé, celui du disparu Heath Ledger, celui de Romy Schneider, ressuscitée par le documentaire L’enfer d’Henri-Georges Clouzot et évidemment celui de Charlotte Gainsbourg pour laquelle nous sommes tous ravis.

Découvrez en détail le palmarès de la 62ème édition du festival de Cannes en page suivante...


Palme d’or : Le ruban blanc de Michael Haneke

Grand Prix : Un prophète de Jacques Audiard

Prix exceptionnel du jury : Alain Resnais

Prix d’interprétation masculine : Christoph Waltz pour Inglourious Basterds de Quentin Tarantino

Prix d’interprétation féminine : Charlotte Gainsbourg pour Antichrist de Lars Von Trier

Prix de la mise en scène : Kinatay de Brillante Mendoza

Prix du scénario : Mei Feng pour Nuits d'ivresse printanière de Lou Ye

Prix du jury : ex-aequo Fish Tank d'Andrea Arnold et Thirst, ceci est mon sang de Park Chan-Wook

Caméra d’or : Samson & Delilah de Warwick Thornton, présenté dans la section Un Certain Regard
Mention spéciale à Ajami de Scandar Copti et Yaron Shani, présenté dans le cadre de La Quinzaine des Réalisateurs

Palme d'or du Court métrage : Arena de João Salaviza (Portugal)
Mention spéciale au court-métrage à Six Dollar Fifty Man de Mark Albiston et Louis Sutherland (Nouvelle-Zélande)

Vos réactions


  • Le Ruban blanc

    L'histoire : Un village de l?Allemagne du Nord protestante. 1913/1914. A la veille de la première guerre mondiale. L?histoire des enfants et adolescents d?une ch[…]

  • Inglourious Basterds

    L'histoire : Dans la France occupée de la Seconde Guerre Mondiale, la jeune Shoshanna Dreyfus voit ses parents brutalement assassinés de la main du colonel nazi Ha[…]

  • Antichrist

    L'histoire : Un couple en deuil se retire à " Eden ", un chalet isolé dans la forêt, où ils espèrent guérir leurs coeurs et sauver leur mariage. Mais la nature r[…]

Dernières news

Diaporama

logAudience