Comme cela était attendu, Michael Haneke remporte la Palme d’or avec son nouveau film
Le ruban blanc. Attendu car beaucoup avaient prédit cette victoire de par la relation entre la présidente du jury
Isabelle Huppert et le réalisateur autrichien. Ils avaient tourné ensemble
La pianiste déjà présenté à Cannes en 2001 et qui avait valu à la comédienne le prix d’interprétation.
Bravo CharlotteLe rideau rouge du 62ème Festival de Cannes vient de se refermer après une cérémonie de clôture légèrement tendue. On y devinait une certaine hostilité,
Isabelle Huppert y a visiblement fait régner une tension que l’on sentait sur les visages des membres de son jury, au travers d’un discours qui sonnait terriblement faux, derrière le regard crispé d’une Isabelle Adjani devant à l’origine remettre la Palme d’or avant que la Présidente ne s’y oppose et qui s’est contentée de la Caméra d’or.
Un premier prix qui nous réjouit pour Andréa Arnold, récompensée par le prix du Jury pour
Fish Tank. C’est néanmoins la seconde fois qu’elle l’obtient, elle l’avait déjà reçu pour
Red Road. On s’étonne en revanche du choix de
Thirst, ceci est mon sang, film décevant après le puissant
Old Boy, pour lequel Park Chan-Wook avait obtenu le Grand Prix. Autre surprise, le prix du scénario pour Nuits d’ivresse printanière de Lou Yé, un prix aux résonnances politiques, Lou Yé étant le chef de fil du cinéma indépendant chinois. Un prix de la mise en scène également déconcertant pour un film controversé, celui de Brillante Mendoza,
Kinatay.
Moment d’émotions lorsque Charlotte Gainsbourg a reçu un prix d’interprétation mérité. Elle est tout simplement sublime dans le film de Lars Von Trier,
Antichrist, et ce prix répond hautement à l’agressivité soulevée par le film. Une oeuvre qui aurait certainement plu à son père Serge Gainsbourg.
Unanimité également pour Christoph Waltz, extraordinaire dans le film de Tarantino, Inglorious Basterds, d’une cruauté sanglante.
Un prix spécial ovationné, que nous avions deviné, remis à Alain Resnais pour l’ensemble de sa carrière. Il aurait mérité la Palme d’or pour plusieurs de ses films, de
Nuit et brouillard à Mon oncle d’Amérique.
Le Grand Prix pour
Un prophète, un prix attendu, comme celui de la Palme d’or allant à Michael Haneke pour
Le ruban blanc, un élan de la Présidente vers l’un de ses cinéastes fétiches. Un prix que l’on pourrait taxer de consensuel ou d’amical mais, au-delà du lien qui unit le cinéaste à la Présidente, Michael Haneke le mérite.
Un palmarès ressemblant donc incontestablement à sa Présidente
Isabelle Huppert, des récompenses allant vers des films radicaux, tranchants, dans leur psychologie ou leur mise en scène, des choix audacieux, comme l’a été dans son ensemble cette sélection.
Le Festival se termine, il en reste de poignants regards, ceux des comédiens qui l’ont illuminé, celui du disparu
Heath Ledger, celui de Romy Schneider, ressuscitée par le documentaire
L’enfer d’Henri-Georges Clouzot et évidemment celui de Charlotte Gainsbourg pour laquelle nous sommes tous ravis.
Découvrez en détail le palmarès de la 62ème édition du festival de Cannes en page suivante...Palme d’or :
Le ruban blanc de Michael Haneke
Grand Prix :
Un prophète de
Jacques AudiardPrix exceptionnel du jury : Alain Resnais
Prix d’interprétation masculine : Christoph Waltz pour
Inglourious Basterds de
Quentin TarantinoPrix d’interprétation féminine : Charlotte Gainsbourg pour
Antichrist de Lars Von Trier
Prix de la mise en scène :
Kinatay de Brillante Mendoza
Prix du scénario : Mei Feng pour
Nuits d'ivresse printanière de Lou Ye
Prix du jury : ex-aequo
Fish Tank d'Andrea Arnold et
Thirst, ceci est mon sang de Park Chan-Wook
Caméra d’or : Samson & Delilah de Warwick Thornton, présenté dans la section Un Certain Regard
Mention spéciale à
Ajami de Scandar Copti et Yaron Shani, présenté dans le cadre de La Quinzaine des Réalisateurs
Palme d'or du Court métrage :
Arena de João Salaviza (Portugal)
Mention spéciale au court-métrage à
Six Dollar Fifty Man de Mark Albiston et Louis Sutherland (Nouvelle-Zélande)