Par Kevin Dutot - publié le 06 juin 2008 à 11h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h20 - 0 commentaire(s)
Le festival Opalciné aura lieu ce week-end au Touquet pour la troisième année consécutive, Excessif est partenaire de cet événement que nous souhaitons vous faire découvrir pour son originalité... Nous avons rencontré Laurent Montagner, le responsable du festival à qui nous avons posé quelques questions. Interview...


Dans quelle optique le festival de court métrage franco-britannique Opalciné a-t-il été créé il y a maintenant trois ans ?
Si nous avons choisi le Touquet c’est avant tout parce que nous y avions passé énormément de temps et en tant qu’habitant, je me suis rendu compte que c’était une plateforme entre l’Angleterre et la France assez intéressante. C’est une ville qui aujourd’hui se fait quelque peu envahir par les acheteurs anglais car le coût de la vie sur place est excessivement cher. J’ai donc eu envie de créer un événement culturel et cinématographique afin d’offrir une image à la ville du Touquet, qui n’en a pas énormément. La rencontre entre la France et l’Angleterre se faisant ici, on a donc mis en place tout doucement ce festival il y a trois ans et en rencontrant plusieurs personnes, nous avons réussi à élaborer ce qu’est Opalciné aujourd’hui.

Votre volonté de départ était de réaliser un festival de courts-métrages ou de longs-métrages ?
Non, nous voulions assurément nous tourner vers le court-métrage pour rencontrer de nouveaux talents et créer une sorte de vivier de gens auxquels on accède plutôt difficilement car ils sont très peu diffusés. C’est important de mettre en valeur des gens qui savent écrire afin de trouver par la suite des petites perles... Notre volonté première était donc de faire un festival de nouveaux cinéastes.

C’est tout de même très spécifique un cinéma franco-britannique... Vous cherchez uniquement des co-productions ?
Non, pas du tout ce ne sont que très rarement des co-productions. Ce sont soit des films français soit des films anglais soit les deux mais le plus souvent c’est tout l’un ou tout l’autre. La particularité c’est que c’est uniquement de la pellicule et que nous explorons un thème assez spécifique, celui de l’imaginaire. C’est un peu compliqué à expliquer parce que cela peut-être très précis comme très vague mais en gros il faut une particularité dans l’histoire en faisant passer des émotions à travers un langage purement cinématographique... Ce qui sort un peu du lot des sélections des autres festivals car on est beaucoup moins dans le social ou alors dans le social mais très imagé ! On peut par exemple parler de l’enfance et de la maladie en créant tout un décor imaginaire, un univers particulier.


De quelle manière sélectionnez vous les courts métrages ?
J’ai deux sélectionneurs qui sont Jérémy Banster et Fabien Montagner qui sont deux réalisateurs au départ, qui ont deux univers assez différents qui se complètent de temps en temps et qui sont parfois très opposés sur les choix de films, ce qui est bien parce que cela permet d’avoir un peu de débat. Notre plus grosse sélection se fait à partir de films reçus, et nous allons à Clermont-Ferrand qui est un marché énorme du film de courts métrages. Ils y visionnent des heures et des heures de films pour essayer de trouver ceux qui sortent du lot.


Travaillez-vous uniquement avec des professionnels ou également en collaboration avec des écoles ?
Justement, là en ce moment nous travaillons beaucoup avec des agents à Paris, des directeurs de casting, des gens du milieu du cinéma. Ils nous aident à trouver nos VIP pour nos membres du jury. Au delà de la sélection faite à Clermont-Ferrand, nous établissons aussi des passerelles avec les écoles de la région, telles que Valenciennes ou Lille afin qu’ils puissent venir. Nous avons besoin de mettre en place des navettes de bus pour les faire venir, mais c’est un coût... Nous essayons actuellement d’y travailler.


Quelles ont été les évolutions majeures du festival Opalciné sur ces trois dernières années ?
Il y a une programmation qui plaît énormément aux professionnels qui sont intéressés pour revenir pour découvrir ce genre de films et ce genre d’auteurs. Il est plus facile chaque année d’obtenir des membres du jury de plus en plus prestigieux, même si au départ nous avions déjà eu la chance d’obtenir de grandes personnalités. Nous avons également des partenaires de plus en plus importants, qui reviennent, et c’est encore plus important. La ville s’y intéresse aussi de plus en plus et la région commence enfin à nous connaître. Il faut que la machine se mette en place, qu’ils apprennent à nous connaître : c’est l’évolution habituelle de chaque évènement, que ce soit musical ou autre. C’est tout le travail de l’équipe.

Nous arrivons aujourd’hui à une sélection de douze courts métrages, aimeriez-vous à l’avenir donner plus de densité à votre festival ?
Le court métrage est un genre regardé mais peu écouté dans le sens où il est difficile de faire venir des gens pour le voir. Nous aimerions évoluer vers un festival qui pourrait durer une semaine ou cinq jours, puis qui sera ensuite axé sur du long métrage, mais plus du tout sur le thème de l’imaginaire car il est difficile de cibler un genre pour du long. Tout en gardant cette branche court métrage qui est très importante pour nous.


Dans le flot des nombreux festivals de courts métrages en France, comment réussissez-vous à vous démarquer ?
Le bouche à oreilles fait énormément de choses. Disons que les premiers cinéastes que nous avons sélectionnés et qui font aujourd’hui du long métrage parlent de nous, ainsi que les anglais qui sont venus. C’est un festival assez différent, qui plaît beaucoup, parce que la plate-forme du Touquet est très particulière.La presse commence également à nous suivre, parce que nous avons une attachée de presse qui vient d’arriver cette année, et qui fait énormément d’articles. Nous faisons parler de nous encore plus au niveau professionnel.

Et au niveau du public ?
C’est un autre souci, mais cette année nous avons décidé d’axer notre communication sur le public. Nous avons en tout cas fait beaucoup parler de nous dans les écoles. Le challenge sera ensuite de les aider à venir, parce que les étudiants n’ont pas toujours les moyens de se déplacer au Touquet. Le but est de leur faire comprendre que la culture est accessible à tous : pour eux, le prix de la place est fixé à un euro.

Participez-vous en parallèle à l’élaboration d’autres évènements culturels ?
Non, je travaille pour l’instant uniquement sur Opalciné. Il faut savoir que un an c’est très court, lorsqu’on arrive à six mois avant le festival, il y a énormément de travail. Il y a beaucoup de choses à créer, à refaire, il faut renouer des contacts avec des partenaires chaque année. C’est cela qui est difficile, soit ils reviennent, soit il faut en chercher de nouveaux.

Propos recueillis par Kevin Dutot
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