Par - publié le 19 décembre 2008 à 09h04 ,
MAJ le 19 février 2010 à 18h52 - 4 commentaire(s)
La Princesse et la Grenouille marque le grand retour des studios d'animation Disney à la 2D et aux dessins animés faits à la main, depuis La Ferme se Rebelle en 2004. Alors que la course à la 3D, amplifiée par la réussite insolente de la concurrence, avait quelque peu occulté le besoin essentiel d'avoir avant tout de bonnes histoires à raconter, ce nouveau métrage en animation traditionnelle vient à point nommé pour redorer le blason de la célèbre firme. Comme tout le monde le sait, on le doit avant tout à John Lasseter puisque le co-créateur de Pixar a pris en main les deux grands studios il y a quelques mois et a réouvert le département 2D en créant Walt Disney Animation Studios (anciennement Walt Disney Feature Animation).
Pour marquer encore plus les esprits en fin d'année prochaine (le film sortira sur les écrans américains le 25 décembre 2009), la princesse en question sera noire. Une petite révolution...

Si La Princesse et la Grenouille est le film de tous les possibles, c'est également celui du conte de fées et des chansons car les responsables du projet ont prévenu : le long-métrage d'animation sera très musical ! Le film est réalisé par Ron Clements et John Musker (scénaristes et réalisateurs de La Petite Sirène et d'Aladdin), deux talentueux artisans qui ont déjà fait la gloire du studio.
Ayant eu l'immense privilège d'assister à la visite guidée des studios Disney à Los Angeles en novembre dernier, nous en savons un peu plus sur le projet. Emily Hoppe, responsable du marketing animation pour Walt Disney Animation Studios nous a en effet dévoilé quelques surprises...

Puisque le film sera très musical, elle débute en parlant du compositeur : "c'est Randy Newman qui s'occupe de la musique du film. Il a grandi à la Nouvelle Orléans et cela est très important car l'action de La princesse et la Grenouille se déroule là-bas. Il a gardé une énorme influence de sonorités qui émanent de cette partie du pays. L'action a lieu en 1920 dans les années jazz. La Nouvelle Orléans est une ville magique, très colorée. C'est l'endroit rêvé pour croire en quelque chose."


Si la princesse Tiana (Anika Noni Rose) sera bien entendu la vedette du film, une galerie de personnages secondaires vient se greffer autour d'elle : "il y a une servante qui fait en sorte que les rêves de la princesse deviennent réalité et comme dans tout bon conte de fées, il y aura un prince charmant, le Prince Naveen qui vient d'une région totalement imaginaire. Il va rencontrer le vilain de l'histoire, le docteur Facilier, une sorte de sorcier vaudou qui a un plan maléfique et va transformer le Prince Naveen en grenouille".
Si l'histoire n'apparaît pas forcément très originale au premier abord, Emily Hoppe souligne tout de même que "si les gens sont très familiers avec le récit d'un Prince grenouille, ce conte de fées comporte un twist étonnant. Traditionnellement, vous avez une jolie princesse embrassant une grenouille qui se transforme en Prince. Dans notre projet, lorsqu'elle donnera un baiser à l'animal, il se passera quelque chose de terrible. Au lieu de se transformer en Prince, la grenouille va rester telle qu'elle est tout en ayant la voix du Prince. Nous aurons donc un personnage qui tentera de survivre dans un milieu hostile et de redevenir humain..."

En effet, le Prince Naveen sera livré à lui-même dans les sombres marécages de la Nouvelle Orléans. Emily Hoppe nous promet quelques rencontres intéressantes : "la grenouille croisera la route de Louis, un alligator joueur de jazz. Il n'est pas comme ses confrères et s'avère très peureux. Au lieu de chasser des proies, il préférerait jouer de la musique. Vous retrouverez aussi Ray, une drôle de luciole qui est au coeur du film et qui va réunir Tiana et Naveen à la fin..."



Parmi les magnifiques croquis originaux de Bambi ou Peter Pan, ceux de La Princesse et la Grenouille s'étalent au fur et à mesure des longs couloirs du studio où John Lasseter et ses collègues s'affairent avec minutie à donner du rêve. Si l'industrie est bel et bien présente, c'est avec des étoiles plein les yeux que la visite se poursuit, avec à chaque virage, la passion intacte et la folie créatrice des héritiers de Walt Disney.

Nicolas Schiavi
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