Par - publié le 27 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 27 octobre 2009 à 16h57 - 0 commentaire(s)
Chorégraphe, danseuse, réalisatrice. Anne Fletcher a de multiples talents et une carrière qui décolle depuis Sexy Dance et 27 Robes. Dans La Proposition, elle propose un face à face plein de surprises entre Sandra Bullock et Ryan Reynolds. Pour le meilleur et pour le rire.


Comment le projet est-il né et comment avez-vous été impliquée ?
Le film a été écrit par Pete Chiarelli pour Disney et la production m’a tout simplement contactée pour une réunion. Il voulait connaître ma vision du projet et m’ont dit que Sandra Bullock était en pourparlers pour le rôle principal. Nous nous sommes rencontrés et instinctivement, le courant est passé. Je suis rentrée chez moi, j’ai téléphoné aux producteurs pour savoir s’ils avaient eu un retour positif de la comédienne. Je leur ai dit combien je voulais faire ce film si Sandra était partante. Une demi-heure après, ils ont rappelé en me confirmant qu’elle serait bien du projet...

Avez-vous opéré des changements sur le script original ? Avez-vous rajouté des scènes supplémentaires par exemple ?
Généralement, c’est impossible à cause du temps que l’on a. J’ai eu le scénario très peu avant le début du tournage. S’il y a des changements, ils s’effectuent jour après jour, pendant le tournage. Sur ce film, nous avons eu du temps pour développer le script. On a essayé plusieurs tonalités en discutant avec les acteurs, notamment sur la caractérisation des personnages. Nous avons effectivement modifié quelques scènes et nous en avons coupé d’autres que nous trouvions moins utiles.



Vous êtes une danseuse et une chorégraphe. Cela vous aide t-il à trouver le bon rythme dans les séquences ? La réussite d’une comédie est souvent une question de tempo...
C’est certain ! Je perçois tout ce qui m’entoure en tant que rythme et musique. Au moment même où je vous parle : notre dialogue, l’air conditionné en fond sonore, les gens derrière la porte… Je chorégraphie instinctivement ce que je vois. Cette conversation en est une. C’est étrange comme cela me vient inconsciemment. Je suis d’accord avec vous pour dire qu’une bonne comédie est toujours une question de rythme. Il faut trouver le bon. J’aime faire rire les gens. J’ai été dans une troupe d’improvisation, j’ai fait des sketches comiques. Peut-être que le fait d’aimer cela plus que tout me permet de l’entendre…


En parlant de musique, pouvez-vous nous parler de votre travail avec le compositeur Aaron Zigman ?
Il a écrit pour mon premier film, Sexy Dance. Il est terriblement talentueux. Son vocabulaire et ses compétences en tant que musicien sont tellement vastes. Il sait combien je suis tatillonne sur la musique avec ma formation de danseuse. Ça peut me faire devenir folle. Dans certains films, elle est trop présente. J’ai envie de crier : "nous n’en avons pas besoin, nous voyons ce qui se passe avec les acteurs !" Aaron sait que la chose la plus importante est de ne pas manipuler le public. Il a parfaitement compris ma sensibilité. Il a été un collaborateur formidable. Son talent est sans fin. Il est capable de passer du hip hop de Sexy Dance à la partition de N’oublie jamais. Il sait tout faire.


L’alchimie entre Sandra Bullock et Ryan Reynolds est formidable...
C’est grâce à moi !

Mais comment avez-vous obtenu ce résultat ?
Je crée une alchimie car j’en suis capable (rires). Non, à vrai dire, vous ne pouvez jamais savoir, jusqu’au moment du tournage. Sur le plateau, il y avait comme une poussière magique. Nous considérons ce film comme une comédie délirante échappée des années 40. Les deux acteurs ont deux manières différentes d’approcher l’humour et ils ont trouvé le bon rythme dans les dialogues en les apprivoisant. Le fait qu’ils soient amis a forcément aidé la dynamique. La plupart du temps, vous réunissez deux inconnus dans la même pièce et vous leur demandez de jouer la scène. Tout devient technique et chacun s’excuse de ne pas trouver le bon tempo, le bon phrasé. Il faut faire en sorte que ça marche.


Il y a une autre très grande performance, celle de Betty White...
Aux États-Unis, Betty White est une icône. Elle a commencé à la radio. Elle est dans l’industrie depuis plus de 60 ans. C’est un génie. Vous connaissez peut-être la série The Golden Girls (Les craquantes en VF, ndlr) qui est un divertissement brillant. C’est la seule actrice que je pouvais imaginer dans le rôle de grand-mère Annie. Quand elle est arrivée sur le tournage pour la première fois, il y avait toute l’équipe technique et artistique. Quand vous regardiez les gens dans la pièce, vous saviez que chacun d’entre eux avait grandi avec Betty White. Il y avait de l’amour et de la nostalgie pour cette femme. C’est l’une des premières comiques américaines. C’est une pionnière. Il n’y a personne comme elle. Personne avec cette sensibilité, cette vulnérabilité, cette folie. Elle vous apporte tout cela à la fois et vous y croyez. On aurait pu se dire : "Oh, c’est le rôle de la grand-mère. Ils vont aller trop loin avec elle." En fait, tout ce que pouvez faire, c’est aimer cette actrice hors du commun et son personnage.

Propos recueillis par Nicolas Schiavi.
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