Par H. Ballan - publié le 12 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 12 octobre 2009 à 12h25 - 0 commentaire(s)
Le doublage ? Un art que Gilles Lellouche pratique toujours avec un égal bonheur ! Après le hamster de Volt, star malgré lui, on le retrouve aujourd’hui à l’affiche de Lascars pour lequel il prête sa voix au terrible Zoran. Avant de jouer son plus grand rôle en septembre : papa de son premier enfant avec sa compagne Mélanie Doutey !



Quelles étaient vos motivations pour faire la voix de Zoran dans Lascars ?
Ça m’éclatait bien. D’autant que le personnage est nouveau. Cela m’a laissé une grande liberté. Rien à voir avec un rôle comme celui du Hamster dans Volt, star malgré lui

Un registre différent ?
Pour Volt, star malgré lui, un bout d’essai a été envoyé chez Walt Disney. Tout était très cadré. Jusqu’à la moindre intonation. Ici c’était Luna Park ! Du coup, j’ai fait ce que je voulais. J’ai pu y aller plein pot.

C’est-à-dire ?
Hurler, être dans l’extrême. Avec Zoran, c’était free style ! N’utiliser que sa voix, c’est aussi paradoxalement se servir dix fois plus de son corps. Bizarrement, il est beaucoup plus physique de faire une voix que de jouer au cinéma. Et de te sentir épuisé de fatigue à la fin des séances !



Qui est Zoran ?
C’est une brute épaisse. Un abruti notoire, un voyou de quartier bête à manger du foin. Mais qui a une énorme sensibilité. Et qui est secrètement fan de romans-photos… Un peu dans la lignée de mon perso dans Ne le dis à personne : un gros voyou au cœur tendre. Mais en un peu moins malin. Car Zoran, lui, c’est un véritable abruti !

Un univers qui vous parle ?
Je suis sensible à tout ce qui est culture urbaine. Ado, il m’est arrivé de faire deux trois tags. Je suis issu de la génération graffitis, hip hop et compagnie. Aussi quand ils m’ont parlé de Lascars, je n’ai pas hésité une seconde !


Plutôt Banlieue ou Paname ?
J’ai grandi en banlieue parisienne à Savigny-sur-Orge. Puis à Fontainebleau. J’ai eu un parcours classique. À 12 ans, j’ai eu une prof de français qui m’adorait et qui m’a fait découvrir le théâtre. Moi je visais davantage les beaux-arts. Je rêvais de devenir artiste peintre.



Du coup vous avez fait quoi ?
Au final, mon Bac en poche, je suis allé m’inscrire au Cours Florent. Cela m’a progressivement conduit à la réalisation. Un truc que je ne connaissais même pas. Je ne m’intéressais que très peu à ce qui se passait derrière la caméra. Et puis Kassovitz a sorti La Haine. Ça m’a motivé pour réaliser mon premier court-métrage.

Quels souvenirs gardez-vous du Cours Florent ?
Ceux de gosse de 20 ans, des idées plein la tête qui pensent que ça va être facile. Alors qu’en fait, on est juste complètement déconnectés : en cours, en répétition ou au café à discuter de Brecht et Chéreau en buvant du vin rouge… Le jour où ça s’arrête, vous vous retrouvez juste tout seul dans la nature.

Vous avez réagi comment ?
J’ai ainsi vécu la période la moins intéressante de ma vie. Rien n’avançait. J’ai alors écrit un court-métrage. J’ai proposé à un pote d’enfance, Tristan Aurouet, de le réaliser avec moi. Puis, nous avons été repérés par des producteurs qui m’ont amené à faire les clips de Saïan Supa Crew ou de Mc Solaar. Avant d’être découvert par Luc Besson. Et de me lancer dans ma première réalisation avec Narco.



On vous voit souvent dans des rôles de « bad boy ». Pourquoi selon vous ?
C’est un univers que j’ai connu et que j’ai beaucoup fréquenté. Après c’est comme pour les comédies romantiques. On vient me chercher parce que je sais le faire. Après Ma vie en l’air je n’ai eu que des rôles de meilleur copain ! J’ai dû alors me battre pour casser mon image et obtenir le rôle de Bruno, le bad boy des cités dans Ne le dis à personne. Après ce film, tous les personnages de caïd me sont tombés dessus ! Aujourd’hui je peux toucher à tout sans me faire enfermer dans un genre. Ce qui correspond exactement à ce que je souhaitais faire en faisant ce métier.

Quels sont vos projets ?
Un film que je co-écris avec Poelvoorde. Un grand projet pour 2010 avec une clique masculine nombreuse à l’écran pour une aventure reggae ! Sinon avant cela il y aura Une petite zone de turbulences, un film avec Michel Blanc et ma chérie, Mélanie. Et cet été, le troisième film de Guillaume Canet, Les petits mouchoirs. Un programme surchargé. Avec en prime, un petit bébé au mois de septembre !

Propos recueillis par H. Ballan
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