Révélée au grand public par
Mulholland Drive de David Lynch, Naomi Watts a depuis le vent en poupe en témoigne sa présence en tête d'affiche cette semaine en DVD dans
Le Cercle et au cinéma dans
Le Divorce.
L'occasion de revenir sur sa carrière débutante.
Votre vie a changé après Mulholland Drive ? Depuis Mulholland Drive les gens m'appellent enfin, les bons réalisateurs ou acteurs que je croise me complimentent sur mon rôle. Avant j'avais énormément de mal à mettre la main sur de bons scripts, mes rôles se limitaient à cinq minutes à l'écran et je souffrais d'une trop grande compétition pour espérer décrocher un premier rôle. Tout passe en premier par le star-system. Si vous faites une très bonne audition alors que toutes les stars disponibles ont décliné le rôle, vous pouvez vous estimez chanceux.
C'est donc tout votre quotidien qui a changé ? Il est plus chargé! Récemment encore je guettais mon téléphone, et pour peu que ce soit mon agent, je laissais tout tomber. Maintenant rappeler tout le monde me prend beaucoup plus de temps, et même mon agent est complètement débordé. Cela fait maintenant plus de deux ans que je n'arrête plus de travailler. Mais au moins maintenant je peux choisir mes rôles. Par exemple j'ai eu un mois récemment sans rien où j'aurais pu faire un film, mais j'ai préféré consacrer ce temps à la préparation d'un autre rôle que je tournais plus tard. C'est pour un petit film à petit budget, mais mon personnage est vraiment incroyable, à l'image de l'équipe du film. Je tenais à donner à ce projet autant de temps qu'il en avait besoin.
Naomi Watts dans LE CERCLE De quel film s'agit-il ? Ca s'appelle
21 Grams du réalisateur Alejandro Gonzales Iñarritu a qui l'on doit
Amores Perros. La structure du scénario est d'ailleurs un peu similaire à
Mulolland Drive, avec trois histoires différentes dans lesquels vous me retrouverez aux côtés de Sean Penn et Benicio Del Toro. Mon rôle me tient vraiment à coeur. J'incarne une femme qui passe par une période de troubles et lutte contre ce qu'elle croit être. Le titre n'a au fait rien à voir avec la cocaïne : 21 grammes, c'est la différence de poids entre un corps vivant et mort, soit une métaphore sur le poids de l'âme.
Qu'est-ce qui a été le plus dur pour vous en arrivant dans le métier ? Ne connaître personne. Avec le recul, je ne sais pas trop pourquoi j'y suis arrivé. Je voulais voyager et je voulais jouer. Quand j'ai commencé tout le monde m'encourageait sans cesse, ce qui m'a donné d'énormes espoirs… de faux espoirs.
Vous n'étiez pas journaliste ? J'étais journaliste de mode. J'écrivais de petits articles, je n'étais pas du genre à sortir interviewer les gens.
Cette expérience vous a aidé pour votre rôle dans Le Cercle ? Non. On me demande souvent comment j'ai pu rentrer dans la peau d'une journaliste. Malheureusement je n'avais pas eu le temps de me préparer, je venais d'un autre film et j'ai donc dû improviser. Ca s'est finalement fait assez vite, j'ai rapidement assimilé l'aspect principal de mon personnage qui est de passer d'un journaliste à quelqu'un qui doit survivre et protéger son fils. Ce n'était pas que se mettre dans la peau de quelqu'un qui cherche un scoop, c'était bien plus ambitieux.
Naomi Watts dans LE CERCLE Gore Verbinski (réalisateur du Cercle, Ndlr) vous a décrit comme une personne sans aucune vanité mais pourvue de beaucoup de courage, ce qui vous rendrait différente des autres actrices. D'où cela vous vient-il ?Ca vient principalement de mon enfance où j'ai grandi avec mon frère. Il était plus vieux, et donc m'a beaucoup plus influencé que je ne l'ai influencé moi. Pas de poupée Barbie, pas de chambre rose, rien ! En grandissant avec un frère, vous dessinez des buildings qui explosent et vous jouez à Action-Man et à la guerre avec vos amis. Voilà la différence, voilà ce qui à mon sens a fait de moi ce que je suis.
Vous croyez aux malédictions ou aux phénomènes supernaturels ? Je crois aux fantômes. Je n'y ai jamais été confrontée, mais je crois en l'énergie et en une vie après la mort.
Vous avez aussi des cassettes vidéo bizarres chez vous ? Seulement mes mauvais films (rires)
Vous les regardez à l'occasion ? Non, non. A la rigueur s'il est tard et que je tombe sur l'un d'eux sur une chaîne du câble.
Cela vous fait quoi de vous voir à l'écran ? C'est toujours quelque part rigolo, mais je n'aime pas me voir à l'écran car je n'arrive pas à rentrer dans l'histoire. Je suis toujours en train de me dire "Oh ça c'était le jour où on a perdu la lumière" ou je repense à d'autres anecdotes du même genre. Quand on a participé à un film, c'est dur de s'asseoir devant et de vraiment apprécier ce que l'on voit.
Naomi Watts, à gauche, dans MULHOLLAND DRIVE Qu'aimez vous et que n'aimez-vous pas à Hollywood ? Plein de choses. J'aime les conditions de vie : vous pouvez avoir une maison avec un jardin, une piscine, et en même temps être en ville sans pour autant étouffer comme en ville. Maintenant pour ce que je n'aime pas, tout tourne ici autour du cinéma : impossible d'y échapper dans la moindre conversation…
Vous avez des projets particuliers ou des personnages que vous voudriez jouer ? J'adorerais faire une comédie, mais pas romantique ! J'ai toujours préféré les histoires sombres, même comiques.
Il y a des choses que nous n'avons pas vu sur le DVD du Cercle ? Nous avons tournés plusieurs fin alternatives, mais je ne sais pas s'ils les montreront un jour. Des scènes du film étaient souvent réécrites sur le tournage lui-même.
Traduit de l'anglais par Kevin Prin