Avec
Le Dahlia Noir, adaptation du roman éponyme de James Ellroy, Brian de Palma devrait trouver matière à décortiquer ses obsessions: personnage torturé par son enquête qui se fond dans des zones interlopes, dédoublements et double, zigzags fictionnels, érotisme intense, femmes fatales. C'est son grand retour quatre ans après l'attachant
Femme Fatale. Le résultat est pour bientôt mais une première bande-annonce permet de se faire une idée sur ce qui nous attend.
Le 15 janvier 1947, la police de Los Angeles trouve sur un terrain vague le cadavre nu d'une femme de 22 ans, Betty Short. Le corps est sectionné en deux au niveau de la taille, vidé de ses organes et de son sang, il présente de nombreuses lacérations et brûlures, notamment aux seins, et la bouche a été ouverte d'une oreille à l'autre. La police met toutes ses forces sur ce meurtre qui, à cause de la tendance de la victime à se vêtir de noir, devient "l'affaire Dahlia noir". Elle va faire la une du Herald Express pendant douze semaines. Le meurtre est resté une des énigmes les plus célèbres des annales du crime en Amérique: il est basé sur l'histoire vraie du meurtre d'Elizabeth Short, jeune actrice ayant quitté Hollywood à la fin des années 40 pour le Massachusetts. Elle disparut mystérieusement au début du mois de janvier 1947. Quinze jours après, son corps atrocement mutilé a été retrouvé abandonné dans le Sud de Los Angeles. Son meutrier n'a jamais été retrouvé ou même identifié.

L'idée d'adapter ce roman sang-pour-sang noir de James Elroy est venue de Art Linson, complice de David Fincher sur
Fight Club. Le réalisateur de
Se7en désirait au préalable mettre en scène
Le Dahlia Noir. Au bout de nombreux essais et de réécritures, ils ont préféré léguer le projet d'adaptation à un autre cinéaste. Le choix s'est porté sur Brian de Palma mais avec le recul, il était évident même si Atom Egoyan et son récent
La vérité nue ont rappelé la capacité du cinéaste canadien à autopsier des enquêtes sulfureuses. De Palma connaissait déjà les tenants et aboutissants du roman qu'il avait lu, adoré mais n'avait jamais réellement pensé à adapter en raison de sa trop grande complexité. Le film a mis un certain temps avant de se monter en raison de la bizarrerie de son histoire et du budget élevé qu'il réclamait. C'est aussi certainement le contenu qui dérange. Josh Hartnett avait été choisi par Fincher lorsqu'il voulait mettre en scène
Le Dahlia Noir, De Palma l'a finalement conservé (au départ, il était question que ce soit Mark Wahlberg); Scarlett Johansson explose de sensualité dans un personnage sensiblement taillé pour elle mais c'est surtout Hilary Swank qui devrait surprendre dans un rôle plus féminin que ses précédents (
11h14, Insomnia, Million Dollar Baby, Boys don't cry). Brian de Palma a beaucoup travaillé en ce sens afin de révéler l'actrice. Mia Kirshner (excellent choix), Aaron Eckhart, Richard Brake, Kevin Dunn, Patrick Fischler, Michael P. Flannigan et Troy Evans complètent le casting, Josh Friedman a travaillé l'adaptation et James Horner s'occupe de la bande-son. Sur fond de Death in Vegas, les premières images ont le mérite d'affirmer l'esthétique du cinéaste. Ce De Palma très attendu fera l'ouverture du prochain festival de Venise, sortira aux Etats-Unis le 15 septembre et dans l'Hexagone le 8 novembre.
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