Par La Rédaction - publié le 24 novembre 2007 à 01h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h36 - 3 commentaire(s)
De temps à autre, une idée surgit des brainstormings intensifs des rédactions croisées de Dvdrama et d’Excessif : il s’agit d’un nouveau rendez-vous hebdomadaire qui aura lieu le jeudi et qui permettra à nos lecteurs de réagir à chaud sur les films sortis durant la semaine. Le jour d’après permettra ainsi d’avoir un panorama d’avis divers sur l’actualité cinéma brûlante et sera intégralement rédigé par nos lecteurs excessifs. Pour participer, il suffit d’aller voir un film le jour de sa sortie et d'envoyer un mail à laurent.tity@dvdrama.com ou de poster simplement son avis chiffré sur les forums des critiques cinéma. On attend avec impatience vos écrits à partir de mercredi prochain.


SAW 4

Geouf

“If it’s Halloween, it must be Saw”. La bande-annonce du nouvel opus de la franchise annonçait clairement la couleur, et donc comme chaque année depuis maintenant 4 ans, Jigsaw revient faire un petit coucou. Après un premier opus très efficace, un deuxième assez naze et un troisième qui malgré ce qu’on a pu entendre ici et là redressait la barre de la série, voilà qu’a débarqué il y a quelques semaines le numéro 4 de la série. Et cette fois malheureusement le verdict est sans appel : c’est une grosse bouse…

Petit avertissement tout de même avant d’entamer cette critique : elle contient des spoilers, notamment sur le (mauvais) twist final du film, donc vous êtes prévenus…

A l’annonce de la mise en chantier d’un quatrième épisode, difficile de ne pas s’interroger : Jigsaw et Amanda étant décédés à la fin du 3e opus, il semblait ardu de poursuivre la série, surtout qu’au final les 3 films formaient un tout plutôt cohérent. Mais c’était sans compter l’appel de l’argent pour des producteurs désireux de s’en mettre plein les poches. Et qui peut le leur reprocher ? Tant que les gens se déplacent, ils peuvent continuer. Bref. Le deuxième problème à surmonter était le départ de Leigh Whannelll, scénariste officiel de la série jusqu'à présent. Il a été ici remplacé par Patrick Melton et Marcus Dunstan, les scénaristes de Feast, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on y perd au change.


Parce qu’au final, Saw 4 n’est rien d’autre qu’un mix maladroit des trois premiers épisodes, ne faisant preuve d’absolument aucune originalité. On se retrouve donc devant l’histoire d’un personnage obligé de subir toute une série d’épreuves censées lui apprendre quelque chose (comme dans Saw 3), alors qu’en parallèle des agents du FBI enquêtent sur Jigsaw (comme dans le 1er). Et évidemment, lors du twist final, le personnage principal n’aura strictement rien retenu de tout ce qu’on lui a dit et fera tout foirer, se condamnant et condamnant ses amis (exactement comme dans Saw 2 et 3). D’ailleurs il est hallucinant de constater à quel point les personnages sont crétins dans cet opus. Le « héros » est déjà assez gratiné (la plupart du temps il agit sans aucune logique), mais les autres sont pas mal non plus. Comme par exemple la charmante agente du FBI qui trouve un pantin porteur d’un message enregistré et qui, lorsque le message devient difficile à entendre, ne trouve rien de mieux que de s’approcher, se prenant bien entendu une décharge de fléchettes dans la figure. Bien fait. Et puis outre le fait que les personnages sont tous plus débiles les uns que les autres, ils ne sont que de simples marionnettes destinées à tomber dans les pièges et puis basta. L’agente du FBI précédemment évoquée est par exemple totalement zappée une fois qu’elle s’est faite avoir. On ne sait pas si elle survit à ses blessures ou pas (et de toute façon on s’en tape un peu)…

Autre point qui fâche, la présence artificielle de Jigsaw. Vu qu’il est mort dans le précédent film, on nous assène des flashbacks censés expliquer comment il est devenu un vilain tueur. Et là le mythe en prend un coup. Du chantre de la rédemption machiavélique qu’il était avant, il passe au statut de minable petit tueur en quête de vengeance. Dur dur… Et ce sentiment de gâchis est renforcé par la gratuité totale des scènes de torture du film. Autant dans les autres épisodes (oui, oui, même dans le troisième !) celles-ci étaient (à peu près) justifiées par le scenario, ou tout du moins suivaient une logique (notamment dans le choix des victimes), autant ici elles sont balancées à la face du spectateur juste pour en rajouter un peu plus dans le côté crapsec et meubler une intrigue totalement vaine. C’est bien simple, pour la moitié des personnages piégés on ne sait pas pourquoi ils le sont, ce qu’ils ont bien pu faire pour arriver là. Certains n’ont même pas de nom et ne savent pas quelles sont les règles du jeu (le gros type aux paupières cousues au début du film).


Pour en finir sur le scénario, il est impossible de faire l’impasse sur le twist final. Outre le fait qu’il réutilise celui de Saw 2 (en fait, les événements se produisent en même temps que ceux de Saw 3, et le spectateur est induit en erreur par un flashforward en début de film montrant l’autopsie de Jigsaw), mais en plus il mixe ça avec les twists des deux autres films ! On apprend donc que Jigsaw a un autre complice (comme dans Saw 2, sauf que cette fois on ne sait pas du tout comment il en est venu à rejoindre le tueur, mais à tous les coups ce sera expliqué en long, en large et en travers dans Saw 5…), et que celui-ci s’est fait passer pour une victime pour surveiller le déroulement des opérations tout du long (remember Saw 1 ? Et puis aussi Saw 2 d’ailleurs !).

Donc comme je viens de le démontrer largement, le scénario de cet épisode est pourri. Mais qu’en est-il de la réalisation ? Et bien vu que le film est une fois de plus dirigé par Darren Lynn Bousman, on se doute du résultat. Sauf qu’ici c’est encore pire que précédemment. Si Bousman avait fait quelques progrès dans Saw 3, il retombe définitivement dans tous ses travers. L’image est moche et dégueulasse (désolé, je ne vois pas d’autre mot) et Bousman est allégrement revenu à son amour du montage ultra cut, filant la gerbe à tout le public. En fait, la seule scène correcte est celle de l’autopsie, certes très gore, mais plutôt bien foutue, avec une jolie image (on est pratiquement en noir et blanc, mis à part le sang du cadavre) et des plans posés.


En clair, cet opus montre clairement les limites de la série et il faudrait un miracle (ou un bon scénariste plus un bon réalisateur) pour lui faire remonter la pente. J’espère que le miracle sera au rendez-vous parce que malheureusement je suis pratiquement certain que j’irai voir le film suivant. Oui, je sais, je suis maso…

Note : 2/10

  • La Critique


    LA LEGENDE DE BEOWULF

    Geouf

    Quelle ne furent pas ma surprise et ma joie de découvrir la semaine dernière que le nouveau film de Robert Zemeckis allait être diffuse dans ma salle de ciné préférée en numérique et en 3D ! Donc évidemment, ni une ni deux, je me suis précipité pour voir ce que la 3D pouvait apporter au film.

    Mais tout d’abord, petit résumé du métrage. Le village de Heorot est en proie à une sombre malédiction : les habitants sont harcelés par Grendel (Crispin Glover), une terrible créature. Seul un héros pourrait venir à bout de ce rejeton de l’enfer. Le roi Hrothgar (Anthony Hopkins) décide donc d’offrir une récompense à qui viendra à bout de la bête. Le valeureux Beowulf (Ray Winstone), accompagné de ses fidèles compagnons, débarque au village, bien décidé à ajouter Grendel à son tableau de chasse.


  • La première chose qui frappe lorsqu’on découvre Beowulf, c’est l’évolution qu’a subi la technique de la performance capture depuis le dernier essai en la matière, Le Pole Express. Certes, le tout n’est pas encore parfait, les personnages ont encore des mouvements un peu éthérés et certaines parties de leurs corps sont toujours un peu lisses (notamment les mains), mais le progrès est indéniable. Les expressions faciales, notamment, sont parfois hallucinantes de réalisme. Dans les gros plans le grain de la peau et toutes les petites imperfections du visage sont clairement visibles et surtout les regards des personnages ont enfin ce petit supplément de vie qui les rend sinon réels, tout du moins attachants.

    Si on continue sur le niveau technique, il faut avouer que la libération de toute contrainte physique sied parfaitement a Zemeckis qui propose nombre de plans impossibles ou de mouvements de camera hallucinants, plongeant le spectateur dans l’action. L’affrontement entre Grendel et Beowulf notamment est un morceau de bravoure grisant, à la fois très violent (les membres de l’équipe du héros se font massacrer comme il faut) et très drôle (Beowulf se bat entièrement nu et le réalisateur multiplie les astuces pour cacher son entrejambe). Mais le très gros morceau du film reste le final, absolument époustouflant. Et c’est la que justement le fait de visionner le film en 3D prend tout son intérêt, puisque Zemeckis multiplie les plans à la première personne, faisant littéralement rentrer le spectateur dans la peau de son héros. On a presque l’impression que l’on est accroche au dragon à la place de Beowulf, que l’on va se prendre des branches d’arbre ou une flèche dans la figure… Le reste du temps, la 3D fait plutôt office de gadget sympa (du genre l’épée qui sort de l’écran, les objets qu’on a l’impression de pouvoir saisir), mais ne dépasse jamais vraiment ce stade, même si cela donne un peu plus de profondeur aux décors (profondeur renforcée par la projection numérique d’une qualité bluffante). Mais rien que pour les 20 dernières minutes, le recours à la 3D vaut le coup.


    Au niveau du scenario, on est bien évidemment à des années lumières du nanar hilarant avec Christophe Lambert. Beowulf propose une analyse intéressante du statut de héros et des mythes, de la faillibilité de l’être humain et de son incapacité à apprendre de ses erreurs. L’évolution de Beowulf est à ce sujet particulièrement intéressante. Il commence le film en héros conquérant dont tout le monde chante les louanges, qui a combattu des dizaines de monstres, mais le spectateur s’aperçoit bien vite que si sa réputation n’est pas totalement usurpée, elle n’en demeure pas moins quelque peu exagérée. Et c’est d’ailleurs son orgueil et sa trop grande assurance (il n’accepte pas que son ami l’accompagne dans l’antre de la mère de Grendel) qui au final le feront tomber dans le même piège que son prédécesseur. Ce n’est que lorsqu’il acceptera son statut d’être humain faillible et qu’il regardera en face ses erreurs (reconnaitre son fils démoniaque) qu’il redeviendra un véritable héros.

    Sous ses dehors de blockbuster bourrin, Beowulf est donc beaucoup plus recherché que la moyenne et propose un sous-texte passionnant, tout en demeurant un spectacle dépaysant, porté par la superbe musique d’Alan Silvestri. Et si la technique n’est pas encore totalement au point, on ne peut au final que saluer la réussite du film, qui ouvre de nouvelles portes en matière de spectacle.

    Note : 7/10

  • La Critique


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