Moins de deux semaines après le décès tragique d'Alain Corneau, le cinéma français est à nouveau en deuil. Ce dimanche matin, l'adjoint au maire de Paris Christophe Girard a annoncé la disparition de Claude Chabrol, « un immense cinéaste français, libre, impertinent, politique et prolixe. Merci Claude Chabrol, merci pour le cinéma ! ». Il avait 80 ans.

Révélé en 1959 avec le Beau Serge, classique manifeste de la Nouvelle Vague, Claude Chabrol s'est par la suite spécialisé dans les chroniques sociales acides, s'amusant à écorcher film après film la bourgeoise française. Fils de pharmacien, diplômé en droit et lettres, il était depuis toujours un cinéphile averti et avait participé aux Cahiers du Cinéma dans les années 50, faisant ses armes critiques aux côtés de François Truffaut et Jacques Rivette. Comme beaucoup il devient ensuite cinéaste et pouvait être fier d'avoir réalisé pas loin de 70 films, cinéma et télévision confondus. Il prenait également un plaisir fou à apparaître dans les films de ses collègues réalisateurs (on se souviendra de sa dernière prestation hilarante dans Gainsbourg, Vie Héroïque de Joann Sfar) et a lui-même dirigé les plus grands acteurs français, de Jean Poiret à Gérard Depardieu, en passant par l'inévitable Isabelle Huppert qu'il a révélée dans Violette Nozière en 1978.
Toute sa vie ignoré par les Césars malgré son importance chez la critique, il avait reçu en 2005 le Prix René Clair de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre cinématographique. On retiendra de sa carrière son goût immodéré pour le genre policier et la satyre bourgeoise, il était un des monuments du cinéma français et s'est éteint aujourd'hui et laisse derrière lui 50 ans de carrière.

