Nous découvrirons à l’automne
Tetro, dernier film de
Francis Ford Coppola. Les échos cannois n’ont pas montré un emballement général et on sait que le maître ne se balade plus aux sommets du 7ème art comme à l’époque du Parrain. Cela ne nous empêchera pas de courir en salle si l’on n’a pas profité des séances spéciales au Forum des Images.
Il ne s’agit pas d’un nouveau projet pour le cinéaste mais reportons tout de même les propos qu’il a récemment tenu à propos de son chef-d’œuvre, la trilogie
Le Parrain.
"Je ne crois pas que
Le Parrain aurait dû constituer plus d’un film. Ce n’était pas une série, c’était un drame, explique t-il. Le premier film englobait tout. Faire plus d’un film
Le Parrain, c’était de la gourmandise. A la base, réaliser un film coûte tellement d’argent qu’ils veulent que ce soit comme le Coca-Cola : vous refaites la même chose, encore et encore pour faire de l’argent, c’est ce qu’on fait aujourd’hui. Mais
Le Parrain n’avait pas vraiment vocation à être une série, voyez vous ? Enfin, vous feriez un spin-off à Hamlet ?". Et on pardonne Coppola de se comparer à Shakespeare parce que dans quelques siècles, s’il reste des humains sur Terre, on est sûr qu’ils poseront sur le même piédestal ces deux artistes.
Le cinéaste poursuit sur cette maladie cinématographique contemporaine : "Certains projets se prêtent à la sérialisation, mais il y a aussi une loi qui fait que le retour diminue. Vous voyez bien, même avec
Le Parrain, une fois que vous avez vu ce qu’il y avait à voir, que vous n’aviez jamais vu avant, après cela, si on vous montre la même chose, ce sera à chaque fois moins intéressant".
Cela ne tient pas du génie, juste d’une pensée sage et juste. Si seulement chaque suite était aussi géniale que
Le Parrain 2, nous ne ferions pas la grimace à chaque annonce de reboot, remake, "sequel" et autres spin-off. La nausée désamorcée par Coppola, un rêve.