Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 13 février 2009 à 16h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 22h16 - 0 commentaire(s)
A l’heure où s’écrivent ces lignes, le box office de l’aire asiatique est marqué par les mêmes contraintes : une prédominance des films américains destinés au marché international et une résistance notable des productions locales. En effet, que ce soient en Chine, en Corée du sud ou au Japon, si les grosses machines anglo-saxonnes trustent les premières places, il n’en reste pas moins quelques bonnes surprises du cru : City of Damnation, Red Cliff: Part II, Look for a star ou 20-seiki shônen: Dai 2 shô - Saigo no kibô.

Box office chinois du 2 au 8 février 2009
1 - Look for a Star (Yau lung hei fung)
2 - Silver Medalist
3 - Red Cliff: Part II - (Chi bi: Xia - Jue zhan tian xia)
4 - Niu Qi Chong Tian
5 - All's Well, Ends Well (Ga yau hei si)
6 - Black Book
7 - Gao Xing
8 - Australia
9 - Volt, star malgré lui
10 - Le Secret de Terabithia



En Chine, exception faite d’Hong-Kong où la situation diffère, le classement hebdomadaire fait la part belle à des productions locales menées notamment par Wai-keung Lau, Ning Hao et John Woo. Aux côtés de ces sorties qui démontrent la bonne santé de l’industrie chinoise, se retrouvent d’autres métrages sortis il y a déjà quelques mois sous nos latitudes, comme Le Secret de Terabithia ou Australia. Néanmoins, la palme revient à Black Book qui connaît une sortie réussie dans les salles de l’empire du milieu près de trois ans après sa sortie européenne. Prouvant à merveille l’attrait du gigantesque marché local et sa force grandissante, la situation du box office de cette semaine préfigure à coup sûr l’avenir radieux d’un medium et d’une industrie en devenir.

Box office japonais du 2 au 8 février 2009
1 - 20-seiki shônen: Dai 2 shô - Saigo no kibô
2 – L’étrange histoire de Benjamin Button
3 - Mamma Mia !
4 - Quantum of Solace
5 – High School Musical 3 : nos années lycée
6 - Asahiyama dôbutsuen: Pengin ga sora o tobu
7 - Kansen rettô
8 - Heaven's Door
9 - Che – 2ème partie : Guérilla
10 - Nobody to watch over Me (Dare mo mamotte kurenai)



Le Japon pour sa part réserve un autre accueil aux productions venues d’Amérique et fait la part belle aux superproductions étrangères. Ainsi, Mamma Mia ! côtoie L'étrange histoire de Benjamin Button et Quantum of solace. Preuve d’un marché sous influence dans lequel les responsables et les spectateurs font le choix d’aller vers des productions à l’exposition plus élevée, le box office japonais traduit une moindre force de l’industrie nippone face à sa jeune consœur chinoise, tout en montrant des signes de puissance à même de rendre jaloux nombre de cinématographies européennes nettement plus fragiles et dominées.

Box office sud coréen du 2 au 8 février 2009
1 - Marine Boy
2 - Red Cliff: Part II - (Chi bi: Xia - Jue zhan tian xia)
3 - Speedy Scandal (과속스캔들)
4 - Old Partner (워낭소리)
5 - Walkyrie
6 - Sept vies
7 - Inkheart
8 - City of Damnation (유감스러운 도시)
9 - L’Echange
10 - The Naked Kitchen (키친)



La Corée du sud forte de sa bonne santé économique et productive connait l’influence du grand voisin chinois avec l’impact considérable de Red Cliff: Part II mais sait y répondre avec talent : Marine Boy, Speedy scandal, City of damnation et The Naked Kitchen. Marché plus mature et résistant à la vague anglo-saxonne, ce dernier n’en est pas moins ouvert puisque Walkyrie et Sept vies parviennent sans trop de soucis à y prendre pied.

Dès lors, si un constat plus fin reste à faire, deux tendances s’affirment néanmoins. Tout d’abord, un film ressort clairement du lot : Red Cliff: Part II, l’excellent dernier film du magistral John Woo. Ensuite, malgré la crise économique et les mesures visant à une plus grande ouverture aux productions étrangères, la Corée du sud, la Chine et le Japon dans une moindre part réussissent à maintenir une industrie conséquente et riche. En effet, leur bonne santé relative cette semaine ne doit pas faire oublier la pression hollywoodienne et l’enjeu que ces trois pays représentent en termes de débouchés pour les productions anglo-saxonnes. Enfin, preuve symbolique d’une absence de concertation, de moyens et de possibilités, on remarquera la complète absence du cinéma européen à l’exception de la réussite Black Book, sorti il y a déjà trois ans.
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