Par RLV - publié le 27 août 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h37 - 0 commentaire(s)
No country for old men, l'un des meilleurs films du dernier festival de Cannes (et aussi, surtout, l'un des meilleurs films des frères Coen, remontée spectaculaire après le très léger remake de Ladykillers) ne sortira que l'année prochaine. Une bande-annonce très spéciale est disponible pour donner à ceux qui n'en peuvent plus de l'attendre (à raison) un bel aperçu.

Depuis toujours, les frères Coen ont une prédilection pour les personnages nigauds qui fantasment leurs vies à travers des mythes américains et font strictement n’importe quoi. Avec No country for old men, adapté d’un roman de Cormac Mac Carthy, ils racontent la cavale à travers le Texas d'un homme ayant découvert une mallette lui ouvrant le chemin vers la richesse et les ennuis et reviennent avec du lourd. Du bon. Du sérieux. Ce nouveau délire, peut-être leur meilleur dans la veine burlesque depuis Big Lebowski, privilégie les autocitations aux citations (on pense beaucoup à Barton Fink pour l’atmosphère étrange – ce n’est pas un hasard s’ils ont repris un plan précis du film susmentionné où l'antihéros débarque dans un bureau face à Tom Hanks – et à Fargo pour les codes du polar passés à la moulinette drolatique). Avec une virtuosité jamais ostentatoire, ils peaufinent des dialogues taillés au rasoir et, en même temps, cherchent à s’affranchir de leurs propres conventions en ouvrant de nouvelles perspectives. On est à la fois en terrain familier et en territoire inconnu. La dernière partie très bizarre et follement séduisante laisse dans des eaux troubles. Résultat ? Immense.


Comme d’habitude chez eux, la mise en scène impassible, le ton ironique et le rythme nonchalant amplifient l’ironie de chaque situation et l’humour qui en découle. A travers une trame narrative robuste, ils convient des cameos (Tom Hanks, qui semble sortir de Ladykillers), transforment Javier Bardem en Steve Buscemi. Le film, remarquablement mis en scène et photographié, schizo dans sa construction narrative, repose sur des combinaisons binaires à la fois simulées et court-circuitées : éclats de vie/silences de mort, drôle/triste, comédie/mélo, tendresse/macabre. A chaque fois, les Coen bros provoquent des ruptures brusques de ton, surprennent au détour du plan suivant et sèment la même pagaille émotionnelle que dans Miller’s Crossing ou à la fin de Barton Fink. Ce n’est pas rien. On en sort accessoirement déboussolé. Plus que leurs autres opus, celui-ci gagne à être vu à répétition. Cette fois, ils ont franchi une étape en oubliant de se reposer sur leurs lauriers trop précieux. En attendant de le revoir avec vous, restons sur l'excellente impression qu'il nous a laissés: No country for old man est un grand film. Sa sortie est prévue pour février 2008.

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