Oleg Iankovski. Si ce mot sonne dans votre oreille différemment des autres noms Russes, c'est peut-être parce que, comme nous, vous suivez le festival de Cannes et que vous l'avez entendu dans le casting du film de Pavel Lounguine,
Tsar.
C'est une des dernières figures classiques du cinéma russe qui s'en est allée aujourd'hui à la suite d'un long combat contre le cancer. Oleg Iankovski se battait déjà depuis six mois contre la maladie mais ne délaissait pas pour autant son métier de comédien. En tant qu'un des acteurs charismatiques et emblématiques de son pays, Iankovski travaillait il y a encore quelques mois pour le réalisateur Pavel Lounguine avec qui il tournait l'histoire d'Ivan le terrible, Tsar de Russie en 1565, présenté au festival de Cannes dans la catégorie "Un certain regard".
Il a côtoyé les plus grands. Acteur de théâtre comme de cinéma, son travail était apprécié pour sa justesse et pour la détermination qu'il parvenait à faire transparaître dans ses rôles. S'illustrant partout dans le monde, notamment sous la tutelle d'un des pères et maître du cinéma,
Andrei Tarkovsky, Oleg Iankovski a fait reconnaitre son talent à travers des films comme
Le Miroir en 1974 ou
Nostalgia en 1983. Son décès mercredi 20 mai 2009 touche particulièrement le réalisateur Pavel Lounguine qui a déclaré : "C'est une perte énorme pour toute la Russie. Oleg était le plus talentueux et le plus distingué de tous les comédiens russes. Son rôle était tragique dans
Tsar, celui d'un homme qui s'est sacrifié pour lutter contre le sang de la Tyrannie. Comme s’il avait choisi ce dernier rôle pour dire adieu à ses spectateurs qu'il aimait tant".
Comme aurait pu le dire Sergueï Eisenstein, Oleg Iankovski signe, avec Le Tsar, son chant du Cygne.