Par PitouWH - publié le 27 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 27 octobre 2009 à 12h13 - 1 commentaire(s)
Après les patients hystériques de The Fourth Kind dont nous nous entretenions il y a peu, voici que débarque un second film fantastique dans cette mouvance -décidément en pleine forme- de la "caméra-vérité". Toutefois, s'il fallait affilier ce Paranormal Activity à un autre représentant de cette école, ce serait sans aucun doute à celui par lequel tout a (re)commencé : Le Projet Blair Witch. Et ce n'est pas seulement parce que nous quittons les extraterrestres pour des forces plus démoniaques !


Il y a déjà la forme intrinsèque du film, qui se présente comme un montage d'images retrouvées par une tierce personne. D'où viennent alors ces images ? Dans le flip forestier de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, elles appartenaient à trois étudiants partis faire un documentaire sur une légende locale, voulant capturer l'indicible par le biais de leur caméra. Exactement comme dans Paranormal Activity sauf que, cette fois, l'action se passe dans le cadre normalement plus rassurant d'un pavillon de banlieue, où viennent d'emménager Katie et Micah. Comme dans Poltergeist, le jeune couple devient ainsi très rapidement la victime d'une présence malfaisante, plus active lorsqu'ils sont endormis. Afin de comprendre ce dont il s'agit, ils décident d'installer des caméras à des endroits stratégiques de la maison, pour constater ce qu'il se passe lors de leur sommeil. Et Paranormal Activity, vous l'aurez compris, est le résultat terrifiant de ce qu'ils ont filmé.

Si le désir de réalisme/véracité n'est pas nouveau dans les cinémas d'horreur ou fantastique, qui nous ont bien souvent fait croire à l'incroyable, il est indéniable que la tendance s'est raffermie ces dernières années en tant que nouveau Graal pour faire trembler de peur les spectateurs. Pour des raisons artistiques en premier lieu, le caractère réaliste et neuf (pour combien de temps encore ?) de la "caméra-vérité" étant plus à même de secouer un public désormais rôdé, presque blasé, aux frissons sur grand écran. Mais aussi pour des raisons pratiques car même avec un budget microscopique, on peut faire mouche. Le pouvoir de la suggestion, sur lequel se reposait Le Projet Blair Witch et que reprend à son compte Paranormal Activity.


Son réalisateur Oren Peli, nanti seulement de 15000 pauvres dollars (pour comparaison, Blair Witch en avait coûté 35000), a ainsi réuni quelques-uns de ses amis de San Diego pour former l'équipe et le casting et, armé de ses seuls passion et talent, s'est lancé dans l'aventure de son premier effort. Résultat des courses : où qu'il soit projeté, son film récolte des louanges dithyrambiques, vantant sa capacité à faire douter le spectateur tout en l'effrayant pour de bon. Comme le film du duo Myrick / Sanchez à son époque.


Ceci dit, en ces temps où l'on refait à tour de bras les oeuvres jugées pas assez hollywoodiennes, la preuve la plus flagrante de la réussite de Paranormal Activity serait justement l'abandon de son projet de remake. Début 2008 en effet, Dreamworks et Paramount en avaient acheté les droits et proposé à Peli de se charger de la nouvelle version. Ce qu'il accepta, non sans leur conseiller de faire quand même quelques projections-tests auparavant. "Mais le film a reçu un tel plébiscite qu'ils ont compris l'idiotie de vouloir remaker un faux-documentaire avec des acteurs inconnus" confiait alors récemment le producteur Steve Schneider de Room 101, mettant en avant une évidence que certains ont pu oublier (voir En quarantaine, la transposition américaine de Rec).

Après, il est sûr qu'on peut ne voir là qu'une campagne promotionnelle bien orchestrée, cherchant autant à appâter le public qu'à le mettre au défi. Et à ce titre la bande-annonce ci-dessous est on ne peut plus explicite, elle qui reprend le principe d'un trailer vu pour Rec et dans lequel on communique sur la réaction des spectateurs, en les montrant directement.



Pour rendre plus efficace encore ce genre de discours, rien de tel alors que de continuer à brouiller la frontière entre réel et fiction. Ce à quoi s'était déjà attaché avec brio Le Projet Blair Witch en étant parmi les premiers à se servir des possibilités d'internet, inventant ni plus ni moins ce que nous appelons aujourd'hui "campagne virale" pour donner un fond de vérité à sa légende. Et si le film de Oren Peli ne jouit pas du même degré d'innovation, il existe tout de même une anecdote rigolote pour lui donner un semblant de concret. A l'époque où Dreamworks et Paramount réfléchissaient ainsi à acheter les droits du film, Steven Spielberg en ramena chez lui un DVD et, après l'avoir regardé, la porte de sa chambre se bloqua mystérieusement de l'intérieur. Forcé d'appeler un serrurier, le réalisateur de Jurassic Park en déduisit que cela était dû au disque et, n'en voulant plus près de sa maison, il l'aurait alors ramené en catastrophe à Dreamworks. Enfourné dans un simple sac poubelle. Alors, Paranormal Activity, plus qu'un film ?


Les parallèles sont donc très nombreux entre Paranormal Activity et Le Projet Blair Witch, nous renforçant dans l'idée qu'il s'agit bien de son successeur. Mais si le film du binôme Myrick / Sanchez est entré dans la légende c'est aussi en raison des bénéfices énormes qu'il généra, rapportant près de 250 millions de dollars à travers le monde, ce qui semble difficile à égaler pour le petit nouveau. En effet, malgré les premiers avis très positifs et la nécessité absolue de voir un tel film dans une salle obscure, le premier effort de Oren Peli ne connaîtra qu'une distribution très limitée aux Etats-Unis. Ou plus exactement laissée à la discrétion des spectateurs puisque, sorti ce vendredi 25 septembre, le film ne sera visible que dans les villes où il aura été réclamé (par le biais de l'option "demand it" sur le site officiel) !
En France, on sait d'ores et déjà qu'il sortira dans nos salles le 06 janvier !
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