Pierre Morel, réalisateur frenchy parti à Hollywood, et spécialiste des films d'action un brin bourrins (Taken, Banlieue 13, From Paris with love), a été élu pour réaliser une très difficile mission : proposer une nouvelle adaptation d'un des plus grands chefs d'œuvres de la science ficton : Dune, de Frank Herbert.

La plupart d'entre nous ont encore en tête l'adaptation controversée réalisée par David Lynch, et qui a déçu bon nombre de fans. L'attente sur ce nouveau Dune est donc assez forte... IGN a rencontré le réalisateur, actuellement en promotion de From Paris with love, et lui a posé quelques questions sur ce Dune.

Tout d'abord, Pierre Morel précise qu'il ne reprendra aucun des travaux déjà établis par Peter Berg, censé réaliser l'adaptation (mais plus intéressé par Battleship), et qui avait engagé le scénariste Joshua Zetumer pour se faire. « Nous repartons de zéro. Peter avait une approche totalement différente de la mienne, et nous allons tout reprendre. Je crois que nous ne garderons pas un seul élément du travail qu'a effectué Peter. Même si, en réalité, c'était bon et intéressant. Mais ce n'était juste pas notre vision. Je ne peux pas vous dire qui va m'aider à écrire le scenario, mais son nom sera officiellement connu la semaine prochaine. Les contrats ne sont pas encore signés ! » Pierre Morel précise ensuite que l'écriture du scénario devrait commencer dès le mois de février. Une chose est sure : pour adapter un tel livre, il y aura beaucoup de boulot !

« Dune est un projet tellement énorme. C'est grandiose, c'est un défi, et cela représente un travail sur le long-terme - et nous ne faisons que commencer. Nous devons réécrire le scénario, nous devons créer un univers complet. Je pense que cela demandera beaucoup de temps, donc nous verrons. Mais je suis un passionné de Dune, et j'aimerai vraiment qu'il s'agisse là de mon prochain film. »

Pierre Morel reconnait que le défi est important, et sera certainement difficile à relever. Mais le réalisateur est un passionné de Dune. « C'est délicat. Tout le monde se réfère à la fois au livre, mais aussi au film de David Lynch, qui est à sa façon un monument des années 80. C'était un grand événement. Même s'il n'a pas bien marché au cinéma, il me semble, il a tout de même été marquant, et a imprimé dans les mémoires une certaine image de Dune. Ceux qui lisent le roman ont maintenant les images du film dans la tête. Il faut donc réussir à se détacher de cela. Ce ne sera pas un remake du film de Lynch. Nous allons donner une nouvelle lecture, une nouvelle approche du livre, proche du livre, qui est le matériel original. Il nous faudra donc réussir à effacer l'image donnée par le film de Lynch pour y parvenir. »

Pour y parvenir, Pierre Morel a toutefois un atout que David Lynch n'avait pas : la technologie et les effets spéciaux ont considérablement évolué et, même s'ils ne font pas la réussite d'un film, ils peuvent toutefois contribué à rendre l'univers de Dune bien plus crédible, saisissant et réel. Pierre Morel le reconnait : « Je crois que la technologie actuelle va nous permettre de faire beaucoup plus de choses qu'avant. »

Et quand on parle de technologie, aujourd'hui, difficile de ne pas évoquer le dernier « joujou » technique très en vogue, suite au succès d'un certain Avatar : la 3D. Et il est vrai qu'un film comme Dune, à l'univers extrêmement riche et développé, serait digne de bénéficier de la puissance de la 3D. Toutefois, rien n'est encore fait, même si Pierre Morel serait intéressé par ce procédé. « Le projet est encore trop récent, et nous n'en avons pas encore discuté. Mais, bien sûr, j'aimerai que ce soit en 3D. Il s'agit typiquement du type de film qui passerait très bien en 3D. Le feront-ils ainsi ? Je ne sais pas, même si j'insisterai pour que ce soit le cas. Comme spectateur, j'ai adoré Avatar, que j'ai vu deux fois avec mes enfants. Ca a été un choc. Une expérience extraordinaire. »
3D or not 3D ? That‘s the question... Même si, finalement, l'essentiel est que Pierre Morel réussisse un film à la hauteur de l'incroyable roman de Frank Herbert. Et c'est déjà un sacré défi en soi...