Par PitouWH - publié le 15 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 15 octobre 2009 à 16h18 - 0 commentaire(s)
Avec les beaux jours qui reviennent, l'envie pourrait vous prendre de mettre à l'épreuve vos mollets et de partir crapahuter au beau milieu de la nature, histoire de vous ressourcer ou de pratiquer le genre d'activité qu'offre un paysage exempt de toute civilisation. Grand mal vous en ferait alors car, comme nous l'ont appris des décennies de survivals et autres rednecks movies, la nature n'est pas votre amie, loin de là. Elle est en fait le repère d'êtres vivant hors du temps et de nos conventions sociales, pour qui les "gens de la ville" (encore faut-il que ces êtres sachent ce qu'est une ville) ne sont rien d'autre que des gêneurs, des menaces, des animaux, soit des cibles parfaites pour leur brutalité un tant soit peu rustique. Et si vous n'aviez pas encore retenu la leçon, têtes brûlées que vous êtes, peut-être alors que le foisonnant Pig Hunt saura vous l'enfoncer dans le crâne. Ce qui vaudra toujours mieux que d'y recevoir un coup de hache !

Quand John emmène ses potes de San Francisco dans la cabane de son oncle mort pour chasser des cochons sauvages, les choses semblent parties pour tourner en un week-end typique entre mecs avec des armes et cela malgré la présence de la sexy Brooks. Mais alors que la bande s'enfonce dans la forêt environnante, John et ses amis se mettent à traquer l'horrible vérité derrière la remise de l'oncle et la légende de l'Etripeur, un monstrueux sanglier tueur d'hommes de 300 kilos. Une chasse qui va les mener à travers des champs de marijuana et les territoires boueux de Big Wallow, à la rencontre des imprévisibles frères Tibbs, d'un hippie jouant de la machette, de bouseux revanchards, d'un groupe de coupeuses de gorges vouant un culte à un certain cochon tueur géant une fois la nuit tombée,... Heureusement donc que les citadins sont sévèrement armés, car cette chasse ne va pas être une partie de plaisir !



Le programme de Pig Hunt est donc sacrément chargé à en juger ce résumé mais, si ce film retient autant notre attention, c'est surtout de par la présence à ses commandes de James Isaac. Un réalisateur qui nous reste en effet éminemment sympathique malgré les défauts de ses oeuvres, ne serait-ce que pour le nawakesque mais très fendard Jason X, et qui en plus semble avoir poussé le délire quelques crans plus loin avec son dernier projet, ce qui est toujours digne d'intérêt. D'autant que, avec cette chasse au "cochon sauvage" (mais qui est le VRAI "cochon sauvage" ?), Isaac entendait bien rompre avec la mauvaise expérience que fut Skinwalkers, remonté au dernier moment par After Dark et Lionsgate pour lui assurer une classification PG-13. Expurgé de toute la violence qu'il voulait y conférer et qui aurait sûrement rendu ce film de lycanthropes moins soporifique (heureusement que Rhona était là !), le réalisateur a alors décidé de faire Pig Hunt en indépendant, pour s'assurer la plus grande liberté possible. "Notre but est de faire le film à notre façon, sans l'influence de la machine hollywoodienne qui a malheureusement créé un système qui néglige le processus créatif, n'a pas de respect pour les cinéastes. Je veux simplement faire les choses comme je l'entends, pour une fois".

Cliquez sur l'image pour découvrir la bande-annonce du site officiel.


Et à la vue des différents éléments d'une campagne promotionnelle un peu cahoteuse (bah oui, c'est ça aussi de bosser en indépendant) déjà apparus sur la toile, on peut dire que James Isaac donne l'impression de ne pas y être allé avec le dos de la cuillère ! Pétri de références qu'il malaxe avec un plaisir jouisseur évident et une liberté de ton d'où l'on sent s'écouler toute la frustration de son auteur, Pig Hunt promet donc d'être une péloche barrée, outrancière, vulgaire et méchamment gore : que demander de plus ? Nous ne saurons alors que trop vous conseiller de jeter un oeil à la galerie du film, pages suivantes (les posters teasers valent leur pesant de peau humaine dans le genre kitsch redneck), mais aussi et surtout aux deux bandes-annonces qui accompagnent déjà le film. La première, que vous retrouverez en cliquant sur l'image ci-dessus, consisterait ainsi plus en réalité en une promo-reel, assez longue mais riche en détails croustillants ; tandis que la seconde, en bas d'article, est une version plus récente et plus classique, montée tout spécialement pour nos confrères de Fangoria. Ceci dit, entre ces deux vidéos, vous aurez très largement de quoi comprendre tout le potentiel de cette nouvelle odyssée dans l'arrière-pays étasunien. Et pourquoi il est si important de ne surtout jamais y mettre les pieds !

Après un passage dans plusieurs festivals où il s'est pourtant taillé une assez jolie réputation, Pig Hunt ne bénéficie finalement aux U.S.A. que d'une sortie en salles TRES limitée (bah oui, c'est ça aussi de bosser en indé... ok, compris, pas besoin de retourner le couteau dans la plaie), se déplaçant en ce moment-même de ville en ville comme peuvent le faire les forains. Et si comme nous vous êtes pressés de pouvoir découvrir le défouloir de James Isaac, rappelez-vous alors avant cela que, malheureusement, les forains ne sont pas vraiment des experts lorsqu'il s'agit de traverser les océans !


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