Par - publié le 31 octobre 2006 à 03h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h15 - 4 commentaire(s)
Libre à chacun d'apprécier les interprétations d'Albert Dupontel (il n'est pas interdit de le trouver plus à son aise dans son Enfermés dehors en clodo au grand coeur que dans le saumâtre Président, de Lionel Delplanque) mais reconnaissons au moins à l'acteur un mérite: celui de se mouiller et d'enchaîner des projets intimistes (La maladie de Sachs, de Michel Deville) à d'autres à la fois novateurs et audacieux (Irréversible, de Gaspar Noé). Dans Chrysalis, il s'est lancé un nouveau défi à travers un personnage perdu dans les restes de sa mémoire et sa psyché déliquescente. Ce premier long métrage de Julien Leclercq semble aussi ambitieux que son sujet, complexe. Dans le contexte franco-français, il pourrait bien faire mouche.



Ceux qui connaissent son court-métrage ont pu se faire une idée de son talent d'autant plus singulier que le jeune homme est capable d'instiller des univers troubles où des personnages se fondent dans des méandres tordus. Il suffisait de voir Transit, qu'il avait réalisé il y a deux ans, pour sentir un certain don pour instaurer des atmosphères sombres et tortueuses. Produit par Gaumont, Chrysalis, anciennement baptisé Avatar (le réalisateur Julien Leclercq aurait-il changé le titre provisoire pour éviter toute confusion avec le projet de James Cameron ?), propose de suivre un personnage sur lequel repose une réelle ambiguïté : David Hoffman, lieutenant à la police européenne.


L'action se déroule à Paris, en 2025. Le corps d’une jeune immigrée est retrouvé avec d’étranges griffures autour des yeux. David est chargé de l’enquête. Au cœur de la clinique high-tech du professeur Minkowski, Manon, sa fille, arbore les mêmes griffures. Aux côtés de son adjointe Marie Becker, David va devoir établir le lien entre ces deux univers. Croyant remonter le fil d’un vaste trafic d’organes, David se retrouvera en réalité en quête de sa propre mémoire.



Le film est décrit comme un polar futuriste et lorgne ouvertement vers la science-fiction - si on omet quelques exceptions qui ont osé musarder vers ce genre comme Enki Bilal et Pierre Jolivet, il reste qui ? Avant de se prononcer, il faudra voir comment le cinéaste va négocier le virage de ce qui s'annonce au départ comme une enquête policière rompue aux lieux communs à un vertige plus métaphysique qui devrait emmener le spectateur dans des destinations inconnues (on pressent une affaire de manipulation et de trouble identitaire mais autrement plus intéressante que René Manzor et Dédales, merci bien). Le moins que l'on puisse dire, c'est que Chrysalis ose fréquenter le genre si peu fréquentable dans l'Hexagone du cinéma dit de genre. En ce qui concerne le casting, on devrait retrouver, outre l'indispensable Albert Dupontel, Marthe Keller, Mélanie Thierry et Marie Guillard.
Le tournage a commencé depuis le 12 septembre dernier et le résultat est prévu sur nos écrans pour le 17 octobre 2007. Il faut par ailleurs noter, alors que le tournage n'est manifestement pas terminé et que le film sort dans quasiment un an, qu'un site Internet a déjà été conçu. Preuve de la modernité du concept : Internet fonctionne désormais en étroite collaboration avec le processus filmique.
Vos réactions


logAudience