Par Kevin Dutot - publié le 14 décembre 2007 à 10h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h00 - 0 commentaire(s)
De quoi ça parle ?
Paris raconte l’histoire d’un jeune homme atteint d’une maladie et qui se demande s’il va mourir... Ouvrant ses yeux et ses oreilles au monde qui l’entoure, il va porter un regard neuf sur ses amis, sa famille et tous les gens qu’il croise ! Si effectivement il doit partir d’ici peu et si la mort est aussi proche qu’il le croit, alors il est temps de redonner une certaine valeur à la vie mais également à celle des autres et répandre cette ouverture à la capitale toute entière... Plusieurs personnages vont alors faire leur apparition au gré des rencontres. Des marâichers, une boulangère, une assitante sociale, un danseur, un architecte, un SDF, un prof d’université, une mannequin, une étudiante, un clandestin camerounais. Tout les oppose et tout les réunit dans cette ville qui tisse des liens inattendus et parfois insolites. Leurs vies, aussi peu exceptionnelles qu’elles puissent être, sont néanmoins au coeur de ce film.


Pourquoi on l’attend ?
Voici enfin le nouveau Cedric Klapisch, neuvième mise en scène et sixième collaboration avec son acteur fétiche, Romain Duris, rencontré à l’occasion du tournage du Péril Jeune il y a douze ans... Depuis, les deux hommes ne se quittent plus. Le réalisateur, qui ne tarit pas d’éloges à son sujet, prétend même ne plus avoir besoin de parler avec le comédien tant la connectique est parfaite et immédiate. « Si une scène ne marche pas bien, Romain le sent immédiatement. Il vient me demander ce qui cloche et ma réponse à peine entamée, il me coupe et dit : ah ouais, ok j’ai compris ! Et je n’ai rien dit. Et la scène fonctionne... ». Duris interprète ici un jeune parisien malade, qui se met à voir la vie avec un regard neuf. La ville y compris. Klapisch est à Paris ce que Woody Allen est à New-York, son cinéaste officiel ! Entre les sorties du Lycée Montesquieu dans Le Péril Jeune, les chroniques du quartier Bastille dans Chacun cherche son chat, les grands magasins emblématiques du luxe parisien dans Riens du tout ou le Paris du futur dans Peut-être, le réalisateur s’est toujours plu à offrir à la capitale différents visages et facettes.


Cosmopolite, engagé, bruyant, troublant, doux et solidaire, le Paris de Cédric ressemble au quotidien des parisiens, avec cette sublime cinégénie qui la caractérise ! Ce dernier film, sobrement intitulé Paris, semble marquer la fin d’un cycle mais également la mise en place d’un artiste de cinéma à son zénith, qui souhaite réunir dans un film son amour pour les personnages qui nous ressemblent et la capitale ! Ayant toujours offert aux seconds rôles une place de premier choix dans ses oeuvres, Klapisch réunit ici une ribambelle de grands comédiens et de monstres sacrés. La liste ferait rougir n’importe quel autre cinéaste : Albert Dupontel, Juliette Binoche, François Cluzet, Fabrice Luchini, Karin Viard, Mélanie Laurent, Gilles Lellouche, Zinedine Soualem, Maurice Bénichou... Casting quatre étoiles qui devrait, comme à l’habitude, servir une histoire de grande qualité à nouveau écrite par le réalisateur ! Après le voyage initiatique de L’Auberge Espagnole, les indécis trentenaires de Ni Pour Ni Contre et Les Poupées Russes, voici que Cédric Klapisch s’ouvre à une galerie de personnages variés et clairement différents les uns des autres...


Ca se présente comment ?
Faisant honneur au genre du film choral qui offre le premier rôle à une multitude de personnages, Paris se présente comme une chronique sociale urbaine, donnant la parole à des hommes et femmes complètement différents les uns des autres. Le film crée des rencontres fortuites, des chocs amoureux et des révélations inattendues qui vont donner un nouveau sens à chaque vie et chaque cas. Sous la plume de Klapisch, et avec ce tact que nous lui connaissons, on espère une véritable claque émotionnelle, entre le rire et les larmes... Les premières images du film témoignent d’une sensibilité accrue dejà perceptible dans Les Poupées Russes, un univers moins jeune et plus mélancolique. A l’instar de la mise en scène ultra léchée et sublimement mise en lumière des Poupées, Paris semble à nouveau prendre une voie visuelle intéréssante et chaude. Entre les couleurs du marché, les illuminations de la Tour Eiffel et la grisaille parisienne, le cinéaste semble parfaire une palette de travail qu’il confectionne depuis plusieurs années. A chaque âge de la vie correspond un film de Klapisch et à chaque film de Klapisch correspond un nouveau Paris... Il paraît aujourd’hui plus mûr que jamais. Sans tomber dans le mélodrame, Paris semble promettre au spectateur un vrai beau moment de cinéma. Et ce n’est pas la bande-annonce qui viendra nous contredire. Utilisant une très belle reprise de « Que sera, sera » qui évoque le questionnement du personnage et empruntant par la suite des voies plus légeres et comiques, Paris joue sur différents tableaux. Et on ne s’en plaindra pas...


Ca ressemble à quoi ?
On hésite entre le Lelouch de la grande époque, Love Actually de Richard Curtis et le dernier film de Danièle Thompson, Fauteuils d’Orchestre... Cependant, Paris a toutes les chances de nous surprendre et se démarquer des films dits « chorale ». Pourquoi ? Tout simplement parce que Cédric Klapisch a toujours su se réapproprier les genres pour les travestir, en jouer et les exploser. Entre la science-fiction intimiste de Peut-être, le polar comique de Ni Pour, le théâtre filmé et sensible d’Un Air de famille, difficile de ranger un film du réalisateur dans une catégorie particulière. C’est justement pour cette raison que cette dernière oeuvre devrait vraisemblablement en étonner plus d’un.


C’est pour quand ?
Le film sortira dans les salles françaises le 20 février 2008. 2h10 de votre temps sont à prévoir pour ce long-métrage tant attendu qui sera distribué par Mars Distribution. Vous savez ce qu’il vous reste à faire fin février... Rendez-vous dans votre cinéma pour découvrir Paris, le nouveau film de Cédric Klapisch dont nous vous reparlerons très prochainement !
Vos réactions


logAudience