Par - publié le 02 avril 2008 à 05h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h00 - 0 commentaire(s)
Un Jackass gore au pays des Kiwis !

Des cascades improbables, des baisers brûlants, des gags vaseux, des testicules écrasés et un beau plaidoyer pour les rêves d’enfance : en vrac, c’est un peu tout ce qu’on trouve dans The Devil dared me to (littéralement « Le diable m’a mis au défi de le faire »), ovni surgi de nulle part, ou plutôt si, de Nouvelle-Zélande. Au royaume des moutons, on ne trouve pas que des émules de Peter Jackson, mais aussi des représentants azimutés de l’esprit Jackass. Là-bas, Chris Stapp et Matt Heath sont les deux stars d’un programme TV culte, Back of the Y, qui se compose de cascades dangereuses, de sketches débiles, et de cris de douleurs se mélangeant sans honte au rire le plus gras. Bref, même si les deux chefs d’orchestre de l’émission ne connaissaient pas la bande à Johnny Knoxville avant d’aller aux USA, ils partageaient sans le savoir la même philosophie du « fais-moi mal, ça me fait rire ».


Incarnation cinématographique de ce délire régressif, The Devil dared me to, réalisé par Stapp et produit par Heath (les deux compères ont aussi signé le scénario et les nombreuses chansons rock du film, via leur groupe Deja Voodoo) reprend pour le grand écran deux des personnages qui les ont rendus célèbres à la télévision, Randy Cambell et Dick Johansonson. Deux cascadeurs qui trompent la mort chaque soir dans des shows mécanisés à haute teneur en alcool et risques inconsidérés. Le film suit le destin de Cambell, dernier rejeton d’une longue lignée de cascadeurs qui rêve d’embrasser la même carrière, mais se retrouve à jouer les concierges dans la troupe des Hellriders, conduite par Dick Johansonson, et où on croise une imposant mécano manchot et son fils demeuré, un avocat à la voix bizarrement rocailleuse, ou encore une groupie nymphomane. Mais après avoir réalisé une cascade en voiture que refusait d’exécuter son patron (et démoli sa caravane à l’atterrissage), Cambell devient lui aussi une star, et un rival de taille pour Dick.


Déflorer la suite de cette rocambolesque histoire, qui voyage entre les deux îles de la Nouvelle-Zélande, d’Auckland à Wellington en passant par Te Puke, serait un crime. Car ce qui fait le sel de The Devil dared me to, farce délirante au mauvais goût assumé et qui ne recule devant aucune transgression, reste justement de voir jusqu’où ces deux cramés du bulbe peuvent nous emmener. Juste pour vous mettre l’eau à la bouche (car malgré sa présentation récente au Festival du film fantastique de Bruxelles, et la diffusion du show sur MTV Europe, aucune sortie n’est annoncée pour l’heure dans notre beau pays), imaginez juste que Steve O’ et ses potes soient dirigés un jour par les ZAZ avec une bande-son digne d’AC-DC et des gags généreusement outrés et gore (attendez de voir racontée l’histoire du testicule du malheureux cascadeur Lucky Peter !), et vous n’aurez encore qu’une image incomplète de ce qu’est The Devil dared me to. Un premier film qu’on pourrait imaginer bricolé avec les moyens du bord, mais qui se révèle au contraire parfaitement maîtrisé et outrageusement spectaculaire. Les deux complices Matt Heath et Chris Stapp déclaraient en toute modestie vouloir réaliser le meilleur film néo-zélandais de leur époque (et Le seigneur des anneaux, alors ?). « A vue de nez, je crois qu’on a réussi », déclarent-ils en interview. Abus de produits illicites ? En tout cas, ils y croient assez pour enchaîner sur un nouveau film forcément plus attendu, et qui s’intitulera… Vaseline Warriors. Ça promet !

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