Après avoir rappelé qu’il n’y avait pas d’amour heureux dans la parenthèse britannique de Angel, film en costumes entre raideur théorique et pastiche ironique où planaient les ombres de Sirk et de Fassbinder, François Ozon revient dans l’Hexagone avec
Ricky, un film fantastique. Prometteur.
On le sait, François Ozon a toujours été un artiste prolifique et inclassable qui rebondit de film en film avec la même aisance en n’ayant pas peur de confesser que le suivant assassine toujours le précédent. La preuve, il travaille déjà sur un nouveau projet qui, non, ne sera pas le film érotique tant fantasmé (le cinéaste a toujours eu envie de tourner une fiction avec des acteurs qui ne simulent pas les relations sexuelles) et qui, oui, "assassinera" tout ce que l’on avait pu voir dans
Angel.
Changement de cap radical avec
Ricky, un récit fantastique qui devrait rassembler selon Ozon d’autres sous-genres comme le thriller, l’horreur, la science-fiction, la comédie et le conte de fées. Il racontera l’histoire d’un enfant muni de pouvoirs surnaturels. Alexandra Lamy et Sergi Lopez incarneront les parents anxieux qui, entre doute et raison, ne savent pas comment gérer les facéties de leur progéniture autoproclamée "extraterrestre". Le tournage a d’ores et déjà commencé depuis février dernier.
Ajoutons que le fantastique n’est pas un terrain vierge pour le cinéaste. A titre d’exemples,
Regarde la mer, l’un de ses moyens métrages, relatait l’intrusion – marquante – d’une routarde dans la vie d’une femme esseulée avec son enfant ;
Sitcom n’avait pas peur des digressions fantasmatiques ;
Les amants criminels utilisait les codes des contes de fées à travers des symboles psychanalytiques ;
Sous le sable montrait une veuve qui vivait avec le fantôme de son mari et
Swimming Pool décrivait l’univers intérieur d’une romancière passionnément liée à sa muse fantasmée. Etant donné que les opus d’Ozon ont la bonne idée de ne pas se ressembler, on ne devrait pas être déçu du résultat. La suite, vite.