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L'histoire : "Quand le travail du photographe Leon Kaufman, une étude provocatrice de la ville et de ses habitants, attire l'attention de Susan Hoff, celle-ci lui ..."
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Preview : Midnight Meat Train

Par Romain Le Vern - 07 avril 2008 - 0 commentaire(s)
Produit par Lakeshore Entertainment et distribué par Lions Gate, le réalisateur Ryuhei Kitamura (Versus) suit les traces de ses confrères asiatiques Hideo Nakata et Takashi Shimizu en débarquant sur le sol américain pour réaliser un film de commande: Midnight Meat Train, l’adaptation d’une nouvelle signée Clive Barker. Tout de suite, ça devient plus intéressant. La rencontre entre ces deux artistes laisse espérer un thriller horrifique au-dessus de la moyenne et moins calibré que les récentes tentatives du genre. Avons-nous raison d’y croire? La réponse est pour bientôt (le 16 mai prochain aux Etats-Unis, le 11 juin chez nous).

Bienvenue à New York, ville où il est désormais devenu préférable de ne pas se réfugier dans le métro pour fuir les attaques (pensez à Cloverfield). Sentimentalement, tout semble aller pour le mieux pour Leon (Bradley Cooper, vu dans la série Alias) qui vit avec Maya, sa fiancée (Leslie Biggs, prochainement dans Trick’r’treat). Professionnellement, c’est moins évident: photographe de presse galérien, il souhaite de tout cœur que son travail soit reconnu quitte à faire des compromissions. Un jour, il est découvert par la propriétaire d’une galerie d’art (Brooke Shields, en plein revival), ténébreuse comme le diable, qui lui propose une sorte de pacte maléfique: exposer ses œuvres à la condition qu’il prenne en photo les lieux les plus sordides et angoissants de New York. Ni une ni deux, Leon accepte. A ses risques et périls. En fréquentant les endroits les plus interlopes, il tombe sur un sujet en or: Mahogany, ce tueur en série redoutable (Vinnie Jones, de X-Men, l’affrontement final), baptisé «le boucher du métro», qui zigouille des quidams avec un marteau. Il n’a même pas le temps de vérifier s’il s’agit d’une rumeur urbaine de boogeyman bidon qu’il commence illico son enquête. Mais au fil de son investigation, il se cogne à des rencontres hostiles (une horde de mutants cannibales affamés) et découvre que ses intentions cupides ne vont pas le mener bien loin, si ce n’est tout droit en enfer.


Voilà un pitch qui a le mérite d’être alléchant, surtout lorsque l’on sait qu’il repose sur une des nouvelles homonymes de Livres de sang, de Clive Barker, maître de la littérature fantastique toqué de Lovecraft. Il est caractérisé par une prédilection pour les mondes parallèles et les bestiaires riches en créatures féroces. Beaucoup le connaissent pour avoir fondé des compagnies de théâtre dans l’underground londonien et surtout pour ses films dont Hellraiser qui reste culte pour son personnage maléfique, Pinhead («tête d’épingle» en français) ou encore Cabal. Il est également à l’origine d’un mythe, celui de Candyman. Bernard Rose a adapté sa nouvelle Lieux Interdits (The Forbidden), extraite du tome 5 de sa série des Livres de Sang, au début des années 90, avec un brio hallucinant, nourri de la sublime bande-son signée Philip Glass, de l’interprétation émotionnelle de Virginia Madsen et de ce passage si ténu mais si crédible entre la réalité et le fantastique. Ce n’est pas inutile d’ajouter que Barker en avait déjà tiré un court-métrage à la fin des années 70 (qu’il reste à découvrir). Bref, en tant que réalisateur, on n’avait plus de nouvelles de lui depuis longtemps. Soit Le maître des illusions, réalisé en 1995, dans lequel un sorcier mort revient pour se venger de ceux qui l’ont trahi et sème la terreur. Le nouveau passage derrière la caméra n’est pas encore pour le moment mais il assure sur ce coup la fonction de producteur comme il l’avait fait sur les suites mercantiles de Hellraiser.


La bonne nouvelle, c’est que Barker a enfin réussi à monter un projet pour le grand écran après maintes tentatives plus ou moins avortées. Parmi elles, Tortured Souls: Animae Damnatae produit par Universal, une adaptation du roman The Thief of always par Kelly Asbury (Shrek 2), le remake du premier Hellraiser pour Miramax ou encore Plague, une adaptation supervisée par Hal Masonberg, assistant de production sur Demonic Toys, sur les réactions bizarres d’ados qui, émergeant de comas mystérieux, s’attaquent à leurs géniteurs. Le buzz autour de Midnight Meat train devrait l'encourager. La seconde, c’est que Ryuhei Kitamura dont les films sont usuellement plus intéressants pour leur aspect visuel que pour ce qu’ils racontent réalise et semble sur ce coup avoir trouvé une substance adéquate pour mettre en valeur un univers potentiellement angoissant. Il remplace au pied levé Patrick Tatopoulos qui était initialement prévu sur ce projet. Si le film cartonne, ce serait rassurant pour la suite de Barker et lui donner peut-être envie de revenir derrière une caméra comme à la bonne vieille époque, lui qui avait fini par se spécialiser dans l’héroïc fantasy, en écrivant notamment des romans pour les enfants (Le voleur d’éternité). Il commençait à être loin le temps où il vendait des dessins érotiques pour les magazines SM. Mais vu que Frank Henenlotter (Basket Case) revient comme si de rien n’était après 15 ans de silence (Bad Biology, qui sera présenté au Marché du film au festival de Cannes), tout est désormais envisageable.

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