Par Caroline Leroy - publié le 10 août 2006 à 09h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h06 - 1 commentaire(s)
Annoncé depuis le 17 octobre 2005, le tout nouveau film du Studio 4°C, Tekkon Kinkreet, sortira au Japon le 23 décembre 2006. Entre temps, il sera présenté au prochain Tokyo International Film Festival, qui se déroulera du 21 au 29 octobre, à l'instar du dernier long-métrage de Satoshi Kon, Paprika, dont nous vous touchions quelques mots la semaine dernière (mais qui, lui, ne bénéficie pas encore de date de sortie).
Réalisé par Michael Arias (producteur et responsable des CGI sur deux courts d'Animatrix, Seconde Renaissance de Mahiro Maeda et Au-Delà de Kôji Morimoto, ainsi que de plusieurs autres courts-métrages du studio), Tekkon Kinkreet dévoilait tout récemment ses premières images par le biais de trois bandes-annonces spectaculaires laissant présager d'un véritable choc cinématographique dans la lignée des plus prestigieuses œuvres d'animation nippones. On trépigne !


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Le Studio 4°C est fondé en 1986 par le réalisateur Kôji Morimoto, l'animateur Yoshiharu Sato et la productrice Eiko Tanaka, présidente de la société depuis lors. Outre ses nombreux courts-métrages, spécialité qui le distingue de ses concurrents, le studio compte parmi ses plus fameuses réalisations, en vrac, le splendide Memories (1995), le fun et ultra-shônen Spriggan (1998), l'animation de Steamboy (aux côtés d'autres prestigieux studios comme Production I.G.), cinq des courts-métrages d'Animatrix, l'étonnant Mind Game (2004) récompensé au Festival Fantasia à Montréal en 2005, ainsi que la séquence animée de Kamikaze Girls. La richesse et la variété de styles graphiques explorés par le studio et le caractère avant-gardiste de son approche artistique en font incontestablement l'un des acteurs les plus originaux du paysage de l'animation japonaise.

Les amateurs de japanimation sont forcément familiers avec le nom de Kôji Morimoto : réalisateur du segment Franken's Gear du film à sketches Robot Carnival (1987), co-directeur de l'animation sur Akira (Katsuhiro Otomo, 1988), il a aussi supervisé les fameuses séquences de concert de la chanteuse virtuelle Sharon Apple de Macross Plus (Shôji Kawamori, 1994), réalisé Magnetic Rose, le plus beau segment de Memories (film à sketches de 1995 co-réalisé par Tensai Okamura et Katsuhiro Otomo), ainsi que le film Sachiko prévu pour 2007. Il est aussi producteur sur nombres d'animes destinés à la télévision, tels .hack//SIGN ou Please Teacher !.


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Tekkon Kinkreet est adapté du manga Amer Béton (1994) de Taiyô Matsumoto – édité en France chez Tonkam en 1996 mais actuellement en rupture de stock – , dont les œuvres remarquables mélangeant les sensibilités artistiques japonaise, européenne et américaine ont déjà fait l'objet de deux récentes transpositions live : le très beau film Blue Spring (Aoi Haru, 2001) de Toshiaki Toyoda, avec Ryuhei Matsuda et Hirofumi Arai, et Ping-Pong (2002) de Fumihiko Sori, avec entre autres Sam Lee et Shidô Nakamura. A noter que Taiyô Matsumoto est le cousin d'un autre mangaka peu conventionnel, Santa Inoue, dont l'adaptation de l'un des mangas était sujette à un gros plan en ces pages il y a quelques mois : The Neighbor No. Thirteen.


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Amer Béton / Tekkon Kinkreet a pour héros deux orphelins, sobrement prénommés Blanco et Noiro, qui sèment la terreur dans les rues de Takara ("trésor"), ville qui ressemble à s'y méprendre au Tokyo actuel. Rackettant bandits, yakuza et fanatiques religieux, les deux gamins, surnommés "les chats" pour leur agilité et leur rapidité à virevolter dans les airs, sont pourtant comme le jour et la nuit, Noiro se montrant aussi dur et enragé que Blanco est innocent et lunaire. Tout bascule le jour où un puissant yakuza décide de les éliminer afin de refaçonner Takara à son image. Mais le pire danger pour les deux frères pourrait venir de ces démons intérieurs qui menacent de broyer leurs âmes.



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Tekkon Kinkreet
avait déjà fait l'objet d'un pilote réalisé par Kôji Morimoto en 1999, dans le cadre d'un programme de clips et de courts-métrages japonais intitulé "J-Star 00" et produit par l'agence de communication britannique Onedotzero pour le festival du film digital éponyme – le plus important depuis 1999 – qui a pour particularité de se déplacer à travers le monde. Récompensé au 3ème Japan Media Arts Festival par le Prix d'Excellence en 1999, ce pilote avait entre autres été présenté en France en 2000 à BD Expo. Michael Arias occupait le poste de responsable CG sur ce court et la compositrice Yoko Kanno en assurait la bande-originale.


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Le tout nouveau film Tekkon Kinkreet est quant à lui produit par Aniplex, Asmik Ace Entertainment, Beyond C. (autre nom pour Studio 4°C) et Shogakukan, Inc. (éditeur du manga). Les bandes-annonces augurent d'une qualité exceptionnelle : le graphisme déroutant, fidèle au style très particulier de Taiyô Matsumoto – et par conséquent situé aux antipodes de la tendance kawai si chère à l'animation japonaise – , est soutenu par une animation d'une extrême fluidité, parcourue de travellings vertigineux sur la mégalopole, elle-même conçue avec un souci maniaque du détail comme on n'en avait jusqu'ici admiré au Japon que chez Katsuhiro Otomo (Akira), Mamoru Oshii (Ghost in the Shell) et Rin Tarô (Metropolis). Si l'on ajoute à cela une bande-originale très ambiance venant contrebalancer un rythme apparemment survolté, on tient là l'un des films d'animation les plus prometteurs de l'année.

Il ne reste plus qu'à espérer ardemment que Tekkon Kinkreet connaisse les honneurs d'une distribution française, dans les salles de préférence. En attendant, vous pouvez visiter le site officiel et vous repaître de ces magnifiques bandes-annonces, toutes trois classées dans la rubrique media.


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Pour les admirateurs du grand Kôji Morimoto, rappelons qu'un site français très documenté lui est entièrement dédié : www.kojimorimoto.net.

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