Par - publié le 11 février 2008 à 06h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h55 - 1 commentaire(s)
La forteresse cachée, premier long métrage de Akira Kurosawa tourné en cinémascope, passe pour le film qui a inspiré George Lucas lors de la création de la saga Star Wars. Cinquante ans plus tard, le téméraire Shinji Higuchi s’est mis en tête d’en réaliser un remake en couleurs : The Last Princess qui sortira le 10 mai prochain au pays du soleil levant. Les premières images viennent de tomber.


Avant d’être un cinéaste prospère (ses deux premiers longs métrages ayant cartonné au Japon), Shinji Higuchi est avant tout un artiste polyvalent qui a fureté dans tous les domaines avec plus ou moins de réussite. Au début des années 80, il a commencé comme fondateur des célèbres studios d'animation Gainax avec ses camarades Hideaki Anno, Yoshiyuki Sadamoto et Takami Arai, responsables entre autres de pierres précieuses comme Les Ailes d'Honneamise. L’éclectisme est un trait de caractère qu’il a toujours développé que ce soit sur la série d'animation (Nadia ou le secret de l'eau bleue) et/ou science-fiction (Neon Genesis Evangelion, de Hideaki Anno). Avec le temps, il est devenu directeur des effets spéciaux sur des productions imposantes à l’instar de The Eight-Headed Giant Serpent Strikes Back de Takami Arai, parodie délibérée du kaiju eiga, ou encore la fameuse trilogie des Gamera, de Shusuke Kaneko. Ces participations remarquées donnent un coup d’accélérateur considérable à sa carrière. Sans cela, il n’aurait certainement pas pu bosser avec de grands noms (Seijun Suzuki sur Pistol Opera ou Quentin Tarantino sur Kill Bill Vol. 1), ni même passer à l’étape supplémentaire, sans doute convoitée depuis longtemps (la réalisation). On lui doit notamment un premier long métrage partiellement convaincant, Lorelei, avec notamment Kôji Yakusho (vu dans tous les films – ou presque – de Kiyoshi Kurosawa), qui relate le parcours ardu d’un commandant et son équipage à bord d'un sous-marin pour mettre fin aux bombes qui s’abattent sur le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Un succès au box office local légitimé par une dimension éminemment cathartique et un résultat qu’il a supervisé intégralement, obtenant par ailleurs un budget confortable. S’ensuit Japan Sinks, second film catastrophe sur l’état malade d’un Japon submergé par les eaux qui repose essentiellement sur son casting et ses effets spéciaux. L’efficacité est garantie, récompensée une nouvelle fois par un franc succès.


Pas encore né lors de la sortie de l’original en 1958, Shinji Higuchi s’est alors mis en tête de concrétiser un projet assez fou: proposer une relecture de La forteresse cachée, mélange virtuose d’aventures épiques et d’humour désopilant qui en son temps était conçu pour devenir un grand film populaire (au sens noble). Logiquement, l’illustrateur Higuchi devrait mettre tout son savoir-faire technique au service de l’histoire. C’est son second remake lifting après celui de Japan Sinks, tiré d'un film homonyme des années 70 signé Shirô Moritani et Andrew Meyer. Se déroulant pendant les guerres civiles, l’original s’intéressait à deux paysans pauvres, benêts et maladroits, qui trouvaient de l’or caché dans une branche d'arbre et pensaient être sur la piste du trésor du clan des Akizuki. Sur leur chemin, ils se faisaient griller par le général Rokurota Makabe, un des derniers survivants des Akizuki, qui accompagnait la peu urbaine princesse Yuki (personnage féminin extrêmement robuste et déterminé). D’un bout à l’autre, Makabe profitait de l’avidité et de la candeur des deux bouffons pour dissimuler son dessein: refonder sa dynastie. Pour le lien avec la saga Star Wars, il provient essentiellement de la caractérisation des personnages et de la narration (raconter une histoire extrêmement dense du point de vue de ses personnages les plus démunis). Selon la logique, les deux paysans s’avèrent donc les spectres des deux droïdes. On s’amusera dans la bande-annonce de la nouvelle version à trouver un personnage qui porte un masque pastichant celui de Dark Vador. Sinon, Abe Hiroshi incarnera le général Rokurota Makabe, rôle sublimé dans l’original par le grand Toshiro Mifune. Disons qu’on a connu des références moins plombantes.

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