Assise à une table sous le soleil de la Croisette, Anamaria Marinca, jeune comédienne, est assaillie de dithyrambes le lendemain de la projection officielle de
4 mois, 3 semaines, 2 jours. Et pour cause. Elle explose dans cette plongée dans les enfers d’une Roumanie sous Ceausescu. Selon elle, le meilleur moyen de découvrir le film, c’est de ne rien en savoir. Elle a raison.

J’étais à Londres lorsqu’il m’a demandé de lire le scénario. Je suis partie en Roumanie pour passer l’audition. Lorsque j’ai lu le script, j’ai ressenti l’urgence de raconter cette histoire. J’ai utilisé mon corps et mon esprit pour entrer dans le personnage. Au moment du tournage, j’essayais de faire du mieux que je pouvais. Pour être une artiste, mon père m’a toujours enseigné que si je ne trouvais pas une difficulté, je devais la trouver. Voire la créer. Le sujet contient une telle violence psychologique. De toute sorte. Quand on joue un tel personnage, on ne peut se permettre de penser qu’on est simplement en train de jouer. On vit un personnage. On ne peut pas jouer si on n’éprouve pas ce qu’on dit et ce qu’on pense. A aucun moment, je n’ai trouvé une scène difficile à jouer parce que je n’avais pas le droit de me plaindre. Je devais me plier aux intentions du metteur en scène. Quoi qu’il arrive.