Par PitouWH - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 12 octobre 2009 à 10h40 - 0 commentaire(s)
Cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu l'occasion de nous faire un petit "Court à la Une" et l'envie nous a donc pris de vous -et nous- faire un petit plaisir avec Raging Ball, court-métrage bien fun à plus d'un titre. Pour vous figurer la chose, imaginez une beuverie entre Stephen Chow et Tim Burton dans un tripot malfamé, autour d'un baby-foot, et vous pourrez alors avoir un début d'idée de ce à quoi ressemble ce film. A la croisée de nombreuses influences, particulièrement réussi sur le plan visuel et cela jusqu'à ses impressionnants effets spéciaux réalisés "à la maison" par son courageux réalisateur, Nicolas Duval, qui voulait ainsi avec cette première oeuvre à la fois se constituer une carte de visite solide et, surtout, se faire plaisir tout en communiquant cette joie au spectateur. Pari réussi comme le laisse penser son nouveau projet, particulièrement excitant et en cours de finition mais, avant d'en arriver là, revenons sur la genèse de Raging Ball avec une petite interview de son réalisateur.



Pour commencer et faire plus ample connaissance, pouvez-vous nous présenter brièvement votre parcours ?
Alors, mon parcours est assez varié. Disons que l'on y trouve un peu de Bac S, un peu de DUT mesure physique et puis, pour finir, un peu de DESS commerce international. Tout cela en poche et mes parents rassurés, je suis ensuite venu à Paris avec plein de dessins et un petit site internet que j'avais réalisé à la maison, sous Flash V1. C'est entre autres grâce à ça que j'ai été embauché chez TF1, où j'ai travaillé pendant deux ans sur leur site et le lancement de la chaîne TFOU.

Vous avez donc dû tout apprendre sur le tas ?
Non, pas tout à fait, parce que j'étais en même temps inscrit à une école. Mais comme l'enseignement n'y était que théorique et ne m'apportait alors que les bases, je creusais au fur et à mesure tout ça le soir après le travail, en me plongeant dans les programmes de compositing et de 3D. En parallèle, et comme j'avais toujours l'envie de réaliser, j'écrivais en même temps plusieurs scénarios, et c'est celui de Raging Ball qui est sorti du lot. Assez simple dans le concept et en même temps très ambitieux au niveau de l'image, c'était un projet parfait pour faire mes premières armes et j'avais donc vraiment hâte de m'y mettre.



Alors, justement, comment avez-vous procédé pour faire aboutir le projet ?
Une fois le scénario bouclé, j'ai commencé à prospecter auprès des producteurs avec l'intention de réaliser Raging Ball. Mais bien sûr, mon manque d'expérience jouait contre moi et il a fallu que je trouve une solution pour pallier ce manque de crédibilité. Je me suis alors enfermé dans mon appartement et j'ai réalisé toute l'introduction en 3D, le générique, plus de nombreux effets de balle avec leurs mouvements de caméra. Une fois cela sous le bras avec le dossier et les dessins conceptuels, ça a été tout de suite plus vendeur et un producteur a eu le courage de prendre un petit réalisateur sous son aile.
En revanche, comme nous n'avions quand même pas beaucoup de fonds, il a fallu se débrouiller et récupérer pas mal de choses de-ci, de-là, et il y a eu une vraie razzia sur les vieux vêtements et autres accessoires chez les parents, amis et un peu aux Puces.

Et en ce qui concerne l'équipe ?
J'avais entre-temps rencontré Eric Gendarme (crédité en tant que "conseiller technique" sur le court-métrage - NDLR) et c'est lui qui m'a aidé à monter une équipe technique très pro. Enfin, comme des postes restaient vacants, j'ai fait la tournée des écoles de maquillages, SFX et costumes et j'ai aussi passé des annonces sur internet.
Tout ceci une fois bouclé, nous avons alors pu tourner pendant quatre jours avec plein de gens motivés, passionnés et dans une super ambiance, ce qui était parfait !


Premier tournage, premières expériences : quels enseignements en avez-vous tiré et quels souvenirs en garderez-vous ?
Le plus important, je crois, c'est que rien n'est jamais gagné ou acquis. En tant que réalisateur, il faut toujours se battre pour que ton projet ressemble à ce que tu avais en tête de A à Z, ce que tu avais imaginé. Ce qui est impossible, bien sûr, mais c'est aussi ce qui rend le processus créatif si passionnant. Mon meilleur souvenir serait donc tout simplement d'avoir été auprès de l'équipe et de l'avoir vu concrétiser petit à petit ma vision, tout comme diriger les acteurs qui matérialisaient littéralement ce que j'avais écrit et dessiné. Ça, c'était franchement chouette !

Raging Ball est assez ambitieux, avec beaucoup d'effets numériques malgré son petit budget : comment alors s'est déroulée leur conception ?
Tout a été fait chez moi, alors que j'étais en plein apprentissage. Pour ce faire, j'avais deux ordinateurs : un était réservé au travail de 3D et de compositing tandis que l'autre était connecté en permanence sur internet, pour apprendre les tutoriels en temps réel. C'est sûr que ce n'était pas évident, mais ça a néanmoins payé donc les efforts ont été récompensés.



En regardant le court-métrage, on vous sent imprégné de très nombreuses influences. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Hé bien, disons que je suis un véritable "ciné/zine/BD-phage" ! Dans ma province profonde de "Normandie-land", les occupations étaient peu nombreuses et elles consistaient donc habituellement en raids au vidéo-club, en librairie ou bien dans les centres commerciaux. Comme il n'y avait pas non plus de cinéma à proximité de chez moi, je passais énormément de temps devant Canal + et ses émissions cultes de l'époque, de L'Oeil du cyclone aux magazines de Jean-Pierre Dionnet en passant par le Ciné-club de Nicolas Boukhrief. J'imagine alors que j'ai emmagasiné toutes ces influences et qu'elles ressortent aujourd'hui naturellement, même si certaines sont évidemment beaucoup plus volontaires que d'autres.

Et maintenant, que réserve l'avenir ?
En attendant de pouvoir passer au format long, je suis actuellement en pleine post-production de mon second court-métrage et je dois dire que ça s'annonce plutôt bien, surtout que le sujet est génial ! Il s'agit en fait d'une adaptation du Peter Pan de Régis Loisel ou plus exactement de son prologue, avec la vie londonienne de Peter avant qu'il ne rejoigne le Monde Imaginaire. Mais nous aurons quand même un aperçu d'éléments plus merveilleux avec Clochette, le capitaine Crochet, Mouche ou bien encore Pan. Ils serviront d'ouverture vers cette fantastique histoire et pourquoi pas, nous l'espérons, vers une adaptation de plus grande ampleur, pour les salles obscures. Enfin il y a encore du boulot avant d'en arriver là, d'autant que je travaille en même temps sur un autre scénario qui me tient à coeur, un western façon Une nuit en Enfer.



L'avenir semble donc prometteur pour Nicolas Duval et nous ne saurions quoi lui souhaiter de mieux. Ayant eu la chance de pouvoir jeter un coup d'oeil sur les premières images de son Peter (que vous pourrez découvrir en cliquant sur l'image ci-dessus), nous pouvons d'ores et déjà vous dire que la chose s’annonce sous les meilleurs auspices et devrait être une vraie claque une fois achevée, à l'image de la monstrueuse bande-dessinée de Loisel. Mais cela est une autre histoire et, en attendant que nous y revenions un jour prochain, nous vous laissons donc avec Raging Ball et sa compétition underground de baby-foot survolté !



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