Etudiant à l'EESA (Ecole Européenne Supérieur d'Animation et d'Effets spéciaux), Cédric Berthier, Jean-Sébastien Leroux et Maximilien Royo terminent actuellement leur film de fin d'étude, un nouveau court-métrage d'animation mêlé à des prises de vue réelle. Leur film précédent,
L'Âme seule, a reçu près d'une dizaine de prix dans des festivals nationaux. Ce film a été tourné en stop motion, photographié image par image pour recréer les mouvements des personnages en pâte à modeler. La solitude, thème principal de ce court, traité avec sensibilité, sera à nouveau présente dans leur nouveau projet qu'ils devraient finaliser avant la fin juin.
L'Ame seule (lien dailymotion)Comment avez-vous commencé à travailler sur L'Âme seule ?JSL : On a d’abord commencé par des réunions à trois, à regarder des dvds et les analyser. En se connaissant de mieux en mieux, en voyant qu'on avait les mêmes centres d’intérêts, on a décidé de se lancer dans l'aventure d'un court-métrage d'animation.
CB : Au départ, ça devait être très court, 10 secondes.
JSL : A partir de là, on s’est réuni les week-ends autour dune table. Le projet s’est étoffé jusqu’à ce que le film atteigne les 4mn30. On s’est donc enfermé à la fin de l’été, tout le mois de septembre (2006) pour créer notre film, image par image.
Comment s’est déroulé le tournage plus précisément ?MR : En fait, on a travaillé un mois dans le studio de l'école. Les deux premières semaines pour construire le décor, les deux autres pour les prises de vue. Il y avait en tout, trois personnages masculins et deux personnages féminins. Il a fallu faire des armatures, modeler les personnages, faire des tests d’animation en parallèle. Et ensuite, il y a les deux semaines de tournage où on captait tous les mouvements image par image.
JSL :. Le film représente près de 5000 photos.
Comment avez vous ensuite assemblé ces photos ?CB : On a fait les photos avec une caméra dv reliée à un ordinateur, ainsi on pouvait contrôler l’animation au fur et à mesure grâce à un logiciel qui nous aidait à corriger les erreurs de placement ou de mouvement.
JSL : Apres pour l’assemblage des photos, il n'y a pas de logiciel type. N’importe quel logiciel de montage permet de créer une animation à partir d'une succession d'images.
Le personnage mesure 17 cm, et le bureau a été construit à l’échelle 1. Ainsi, pour obtenir des perspectives intéressantes avec ce décor, on a beaucoup utilisé le grand angle.
Quels ont été les moyens de diffusion de L'âme seule ?JSL : Avec ce film, on a pu participer à une trentaine de festivals nationaux et internationaux. Nous avons aussi créé notre site internet
ameseule.com grâce auquel on a reçu beaucoup de retours positifs.
CB : Ca nous a fait très plaisir que le film avait touché un public aussi divers. Ca allait des personnes âgées qui nous ont dit que le thème les avait émus, jusqu'aux enfants qui nous ont posé des tas de questions.
MR : Oui, on a été dans des écoles pour présenter notre film et expliquer comment on a travaillé. Les collégiens étaient un peu plus réservés mais c'était drôle de voir à quel point les enfants plus jeunes étaient curieux et émerveillés.
JSL : Mais le moment le plus important que nous a apporté
L'Âme seule, c’était au premier salon du cinéma, Porte de Versailles, où nous a eu la chance de discuter pendant près d'une heure avec les créateurs de ces studios Aardman (
Wallace & Gromit, Chicken Run ou
Souris City). C'était pour nous un moment magique.
Qu'est ce que vous pouvez nous dire sur votre prochain projet ?CB : Pour ce nouveau court-métrage, on a voulu faire quelque chose de différent de
L'Âme seule. On a décidé de filmer un décor en prise de vue réelle, en l'occurrence une cuisine reconstituée en studio, et on va y incruster des mouches en 3d.
JSL : C'est un gros challenge, il va durer pas loin de 6 minutes. Avec 78 plans d'effets spéciaux. Et de la pyrotechnie live et en effets spéciaux également. Il y a beaucoup de personnages… Et en plus de ça, par souci de qualité, on l'a entièrement filmé en haute définition.
Propos recueillis par Thomas Legal