Une journée cannoise qui s’ouvre sur le grand retour de la cinéaste néo-zélandaise, Jane Campion, palmée en 1992 pour
La leçon de piano. Elle revient cette année avec
Bright Star, l’histoire d’une passion s’annonçant aussi poétiquement sulfureuse que celle entre
Holly Hunter et
Harvey Keitel. Une obsédante liaison romantique unissant dans les faubourgs du Londres des années 1800 un jeune poète et sa voisine encore étudiante. Un film porté par
Abbie Cornish et Ben Whishaw, deux jeunes figures montantes du cinéma, peut-être de futures palmes.
Attendus également sur les marches, le fulgurant cinéaste coréen Park Chan-Wook, qui avait déjà décroché le Grand Prix du jury en 2004 avec
Old Boy. Ce nouveau film,
Thirst, ceci est mon sang, devrait emporter à nouveau la Croisette et déstabiliser un jury qui ne restera probablement pas indifférent à cette union vampirique d’une sensualité rougeoyante, film audacieux et viscéral.
Après une morose conférence de presse présidée par une
Isabelle Huppert concentrée mais peu souriante, est-ce l’ambiance conjoncturelle qui déteint sur elle ou juste le stress généré par l’angoissante mission qui l’attend, celle du choix se mariant forcément à une forme de renoncement, les premiers films de la compétition officielle ont heureusement enflammé l’atmosphère. Et c’est sur les regards prenants de deux comédiennes que nous avons quitté le Palais jeudi, celui de Katie Javis, l’époustouflante Mia de Andréa Arnold, explosant dans
Fish Tank et celui de Kim Ok-Vin dont la sensuelle présence illumine le Park Chan-Wook. Une première journée festivalière agréable donc après le décevant film de Lou Yé vu le jour de l’ouverture, Nuits d’ivresse printanière et une première soirée également délicieuse.
Disney et Pixar ont déjoué la crise et su redonner le sourire aux festivaliers en nous accueillant sur la plage du Carlton. Ambiance conviviale, ballons à volonté, conversation chaleureuse avec le réalisateur Pete Docter et des sourires, rayonnants, celui de Aishwarya Ray, inaccessible mais éblouissante, celui de
Tilda Swinton, que l’on croise, que l’on ose aborder, un échange, quelques mots, elle est simple et délicieuse et celui, renversant, de Robin,
Robin Wright Penn, écrasant de sa présence, de sa beauté, de sa classe toute l’assemblée. Une journée qui se clôt enfin sur une rencontre,
Francis Ford Coppola, ravi de nous parler de son dernier film, une rencontre qui restera pour certains des membres de notre équipe inoubliable.
Si
Isabelle Huppert, hautaine et froide, n’a pas daigné saluer les badauds qui l’attendaient depuis l’aurore, perchés sur leurs escabeaux, d’autres sourires ont su aujourd’hui heureusement nous faire oublier la crise et ouvrir avec maestria ce tourbillon cinématographique.