Après le très remarqué
In the bedroom (cinq nominations aux Oscars), Todd Field prouve une nouvelle fois la finesse de son regard avec
Little Children et ses personnages complexes. Rencontre express avec un réalisateur qui, chose rare, semble encore douter de son incroyable talent !

Il y avait quelque chose dans cette histoire dont je ne pouvais pas me détacher. Avec le recul, je pourrais détailler toutes les bonnes raisons qui m’ont poussé à la choisir mais à l’époque, cela s’est plus imposé comme une évidence : il me paraissait tous simplement impossible de ne pas réaliser
. C’est plutôt bon signe quand on sait que la réalisation d’un film exige plus de deux ans de sa vie : mieux vaut ne pas se demander en cours de route pourquoi on est en train de réaliser ce film plutôt qu’un autre !
Beaucoup de films se sont déjà emparés de la figure du pédophile et j’étais certain de ne pas avoir envie de faire la même chose. Ce n’était pas vraiment cet aspect qui m’intéressait dans ce personnage, d’ailleurs, personne ne sait s’il est vraiment pédophile. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il a été condamné pour exhibitionnisme. Mais il suffit de l’accusation d’une unique personne pour que toute la ville se retourne contre lui. Voilà ce qui m’intéressait : montrer l’hypocrisie de cette ville, les dangers de la rumeur et à quel point le on-dit peut être destructeur.